Genève : le Salon de l’Auto définitivement au garage ?

par | 25 Juin 2020

Annulé cette année pour cause de Covid-19, l’événement pourrait ne jamais redémarrer, pour raisons financières.

«Si nous ne trouvons pas une solution d’ici à septembre, nous risquons la liquidation. » La petite phrase de Sandro Mesquita, directeur du Salon de l’auto de Genève (le GIMS, pour Geneva International Motor Show, de son nom officiel), lâchée au coeur d’une interview à notre confrère la Tribune de Genève, a brillé comme un appel de phares adressé aux autorités cantonales… ou aux investisseurs privés. À cause de la Covid-19, l’édition 2020 du salon, prévue du 5 au 15 mars, a été annulée quelques jours seulement avant son ouverture, alors que toutes les installations ou presque étaient déjà en place. Cette annulation – une première depuis la Seconde Guerre mondiale – a évidemment d’importantes répercussions financières.

D’autant que, même si elle n’y est pas contractuellement obligée, la fondation qui organise l’événement souhaite rembourser les exposants des frais engagés, ce qui représente environ 11 millions de francs (MCHF), soit environ 10,3 millions d’euros. Elle a pour cela demandé l’aide du canton… avant de la refuser… puis de l’accepter ! Sollicité, le canton avait en effet donné son accord pour un prêt de 16,8 MCHF, en exigeant des garanties financières sur le patrimoine détenu par la fondation – jusque là, pas grand-chose à redire – mais en assortissant aussi le prêt de conditions sur le montage organisationnel du salon – une « mise sous tutelle », selon Sandro Mesquita – que la fondation a refusées… convainquant finalement le canton de revoir ses exigences à la baisse.

Reste tout de même un point de désaccord : l’édition 2021 du GIMS. Le canton s’y montre attaché, sachant que les retombées directes (fiscalité) et indirectes (sous-traitants locaux, hébergeurs, commerçants…) se chiffrent à près de 200 millions tous les ans pour le territoire. À l’inverse, la fondation semble surtout penser à 2022, consciente que les constructeurs, qui constituent le gros des exposants, sont eux aussi confrontés à une crise très dure et seront sans doute tentés de faire l’impasse sur une éventuelle édition 2021.

Un succès en baisse

Le problème n’est en fait pas uniquement conjoncturel. Plusieurs grands constructeurs avaient déjà décliné l’invitation en 2019 et/ou 2020 et, l’an dernier, la fréquentation du public avait marqué un net fléchissement, avec 602 000 visiteurs contre au moins 650 000 attendus (et plus de 700 000 dans les années fastes). Remise en cause pour son impact environnemental, l’automobile attire moins. Recherche d’appui auprès des banques et/ou de nouveaux investisseurs, ou encore vente de l’événement : aucune solution n’est à présent écartée par la fondation. Il semble qu’elle préférerait tout de même trouver, d’ici septembre, un accord avec le canton. Une solution risquée : la gauche et les écologistes réfléchissent déjà à soumettre un tel soutien public au vote populaire.


Par Éric Renevier


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