Le centre-ville de Bourg-en-Bresse poursuit sa mue, avec la transformation prochaine de l’ancien site de la Madeleine. Un projet parmi d’autres, dans une ville en pleine mutation.
Après la réfection de l’avenue Alsace-Lorraine et tandis que se poursuivent les travaux du Carré Amiot, entre construction du Conservatoire à rayonnement départemental et érection d’un bâtiment où se côtoieront sur un rez-de-chaussée de 1 200 m2, un food-court, des échoppes alimentaires et autres corners de 15 m2, le centre-ville de Bourg-en- Bresse poursuit sa métamorphose. C’est au tour du site de la Madeleine d’entamer sa mue. Ce nouveau chantier participe d’une même logique que les deux autres. « Il s’agit de faire le lien entre le haut et le bas de la ville, rappelle Claudie Saint-André, ajointe au maire en charge de l’urbanisme et de l’aménagement. On a tout un espace en haut de l’avenue Alsace-Lorraine où l’on a peu d’animation et peu de commerce. Nous avons pour objectif de réinvestir les lieux, pour remettre du commerce et de l’activité proche de la gare, proche du palais de justice, dans la continuité du chemin qui vient du bas de la ville. »
Continuité des cheminements
Le projet, conduit par le Groupe Cardinal, consiste en une opération mixte, en R+3 de 3 950 m2, avec un niveau de stationnement de 31 places en sous-sol, des commerces en rez-de-chaussée, de 370 et 250 m2, une résidence des savoirs dans les étages, avec des espaces de coworking et de colocation (salle de petit-déjeuner, salon, laverie…), 400 m2 de bureaux, ainsi que des logements étudiants. Ces derniers en représentent même l’essentiel, avec 2 900 m2, parties communes incluses. Célia Berthelemy, directrice montage du Groupe Cardinal, décrit « une architecture contemporaine, avec une transparence au rez-de-chaussée sur le parc. Le bâtiment aura une résille double peau en façade qui cachera les différentes fonctions, mais qui révélera les différents usages. C’est un véritable atout que de se trouver au droit de ce parc avec de beaux arbres centenaires. On a d’ailleurs travaillé sur la transplantation de certains d’entre eux. Et on a surtout conservé les arbres existants qui seront dans l’opération à rez-de-chaussée. L’idée, c’est d’avoir une porosité entre l’esprit du parc et l’esprit de l’opération ».
D’un projet à l’autre
Les travaux doivent démarrer au premier trimestre 2021, avec le désamiantage, puis la démolition du bâtiment existant, quartier du Plateau. La construction de la résidence serait ensuite engagée en fin d’année, pour une livraison au 2e trimestre 2023.
Une nouvelle étape sera alors franchie dans la conception d’un centre élargi conduisant de la gare au champ de foire, avec pour enjeu de renforcer l’attractivité de la ville.
Et comme un projet en appelle un autre. Le privé prend à présent le relais du public. Sogeprom se prépare à redessiner le site du Milliat (lire ci-dessous), tandis que de nouveaux logements et un nouveau parc s’apprêtent à sortir de terre, sur le site de la Vinaigrerie, au voisinage de la salle de concerts. « Nous avons attaqué les travaux de dépollution du site en juillet. Ils viennent de s’achever fin septembre, début octobre, relève Maryline Poulet, directrice territoriale Rhône Vinci Immobilier, qui a racheté à GDF le tènement de l’ancienne usine à gaz, en copromotion avec Brownfields. La construction des bâtiments va démarrer en novembre. Le premier comprendra 19 logements, le deuxième une résidence services pour seniors de 104 logements. Le tout de part et d’autre d’un parc que nous allons réaménager et rétrocéder ensuite à la ville de Bourg. » Outre ses logements locatifs du T1 au T3, la résidence seniors comptera sur 800 m2, un restaurant ouvert midi et soir, sept jours sur sept, une conciergerie – « au sens hôtelier du terme », précise Quentin Bataillon, directeur de développement pour Ovelia –, un salon détente où seront organisées des animations matin et après-midi, tous les jours de la semaine, un espace bien-être avec piscine intérieure chauffée et salle de fitness, ainsi qu’un salon de coiffure. De quoi redorer le standing de la cité burgienne.

Le Département impliqué
Sur le site de la Madeleine, le Département est propriétaire du “château” (qui abrite ses services de la solidarité), des bâtiments Sainte- Anne, Saint-Raphaël, Saint-Antoine et Sainte-Thérèse. Dès 2021, il souhaite en ouvrir le parc aux habitants. Il compte se rapprocher de l’architecte des Bâtiments de France et procéder, en lien avec la Ville, aux aménagements nécessaires : réaliser une percée côté gare, pour donner à voir ce patrimoine aujourd’hui caché par un mur et pour permettre l’accès au parc. Le Département souhaite également réhabiliter les bâtiments Saint-Antoine et Sainte-Thérèse pour y loger, d’ici 2023-2024, certains de ses services à ce jour répartis sur 13 sites différents. Enfin, les discussions avec la mairie se poursuivent pour déplacer les parkings de la Madeleine au Peloux et verdir l’espace libéré.
La Vinaigrerie entre autres projets
À l’échelon national, Vinci s’est porté acquéreur d’un certain nombre de tènements appartenant à EDF-GDF, à l’image du site burgien de la Vinaigrerie.
La villa Millat redessinée par Sogeprom
L’opérateur se prépare à réhabiliter et enrichir de nouveaux bâtiments, l’ancienne mercerie de gros située entre le boulevard Paul-Bert et l’avenue Voltaire.

« Les villes moyennes connaissent une nouvelle attractivité et Bourg-en- Bresse répond plus que jamais aux attentes. Les acquéreurs sont aujourd’hui prêts à s’éloigner un peu des grands centres pour profiter de plus d’espace d’habitation et de vrais espaces extérieurs, dans un cadre de vie agréable, tout en bénéficiant d’une bonne accessibilité, d’espaces naturels, de services et d’équipements publics », justifie Christine Cornet, directrice régionale de Sogeprom, quant au lancement du projet Millat. Voilà une appréciation de nature à réjouir la municipalité burgienne qui rêve d’une attractivité retrouvée.
Sogeprom entend, d’une part, réhabiliter la propriété de la famille Millat – « une belle maison bourgeoise du XIXe siècle », ancienne mercerie de gros, sise entre l’avenue Voltaire et le boulevard Paul-Bert – et monter, d’autre part, trois bâtiments résidentiels.
Ancien et contemporain
« Cette villa affiche l’élégance des belles demeures d’autrefois. Large auvent de zinc, baie vitrée inondant l’escalier intérieur de lumière naturelle, lourde toiture en ardoise en surplomb de la façade, encadrements, corniches et arcades de pierre témoignent du relief et de la sophistication de cette belle architecture du XIXe », commente l’opérateur pour qui tout l’enjeu sera de préserver cette identité tout « en offrant un confort adapté au cadre de vie contemporain ». Le jardin lui-même devrait conserver la fontaine et les arbres anciens.
La villa ancienne accueillera sept appartements du T2 au T4 sur trois niveaux, les nouvelles constructions 61 appartements de même type. L’ensemble abritera de surcroît, précise Sogeprom, « un large espace paysager dédié aux nouveaux usages attendus par les résidents urbains, un verger, un potager et un jardin paysager, une serre, une bricothèque » … Les travaux, dont le montant est estimé à 6,4 millions d’euros hors taxes, doivent démarrer au deuxième trimestre 2021, pour une livraison en décembre 2022.
Par Sébastien Jacquart








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