Les parcs de loisirs indoor, tout comme les salles de sport, sont toujours portes closes. La situation inquiète les professionnels qui réclament un plan d’urgence de 140 M€.
« Premiers fermés, derniers ouverts ! » Déclassés « non essentiels » par le gouvernement, les espaces de loisirs indoor sont les plus impactés par la crise sanitaire. Le Space, association professionnelle représentant les espaces de loisirs Indoor en France (parcs de jeux, laser game, escape game, bowling, etc.) qui recense 2 000 entreprises, 12 000 salariés et enregistre 90 millions de visiteurs par an, réclame « la mise en place d’une aide spécifique visant à accompagner la reprise en 2021 ». « Nous nous mobilisons depuis des mois. De nombreux parlementaires nous soutiennent, mais le Gouvernement ne les entend pas. De mars à septembre, les entreprises ont perdu en moyenne 180 000 euros de chiffre d’affaires pour un résultat brut d’exploitation moyen négatif de 80 000 euros, aides gouvernementales comprises. Les PGE – Prêts garantis par l’État – qu’il faudra rembourser, sont largement consommés et l’endettement des chefs d’entreprise, dont les activités sont à l’arrêt, ne va que s’aggraver dans les mois à venir », prévient Évelyne Villame, présidente du Space… à juste titre : « Une dizaine d’établissements ont déjà déposé le bilan. »
Représentante du Space dans l’Ain, qui compte deux parcs de jeux pour enfants, L’îlot Kids, à Ambérieu-en-Bugey, et Royal kids à Miribel, une entreprise qu’elle a créée il y a huit ans, Sonia Deltinger n’est pas mieux lotie (lire aussi notre édition du 28 mai) : « Comme mes confrères, j’ai fait partie des premières à fermer lors du premier confinement et des dernières à ouvrir. Au total, nous aurons subi six mois de fermeture depuis le mois de mars. À la fin décembre, la baisse de chiffre d’affaires sera en moyenne de 80 %. Or, les charges fixes sont très élevées et les aides de l’état ne couvrent même pas les deux tiers. »
En moyenne, les 2 000 entreprises du secteur du loisir Indoor ont des charges fixes de 17 000 € par mois, soit 7 000 € de plus que ce que le fonds de solidarité propose aujourd’hui. « Nous demandons d’abonder le fonds de solidarité de 7 000 € par mois pour les entreprises du secteur et ce, pendant 10 mois, afin de pouvoir les soutenir jusqu’à ce qu’elles puissent à nouveau retrouver un niveau d’activités certain, ce qui représente 140 millions d’euros d’aide », clame Évelyne Villame. Comble d’infortune, « les grands parcs d’attractions extérieurs, à l’instar de Disneyland, Puy du Fou, Astérix sont écoutés, mais les petits espaces de loisirs Indoor, créés à l’initiative de chefs d’entreprise de TPE et PME, qui ont investi personnellement et se sont endettés lourdement pour proposer des activités récréatives diverses, populaires et accessibles à tous, ignorés », déplore-t-elle.
Un corps plus très sain
Quant aux salles de sport, après avoir perdu près de la moitié de leurs adhérents, elles représentent l’autre secteur sacrifié par la crise. Elles seront encore fermées en janvier, un mois où elles enregistrent traditionnellement jusqu’à 30 % de nouveaux clients. « À l’instar des cafés et restaurants, la fermeture de nos salles est prolongée, ce qui soulève une vague d’indignation auprès des responsables des complexes qui pâtissent de pertes financières considérables », fait-on savoir à la Fédération française des clubs omnisports. L’Ain n’échappe pas à la règle. « C’est un gros coup de massue. Nous sommes une salle de 1 200 m² et, même quand j’ai cent personnes, ça fait 12 m² par personne. Des choses qui sont loin d’être respectées dans certains commerces alimentaires ou magasins », s’insurge au micro de Radio Scoop, Steeves Belval, gérant d’une salle de fitness à Viriat. Et d’ajouter : « Dans ma salle comme dans d’autres à Bourg-en-Bresse, on a mis des règles drastiques en place, comme changer de chaussures dès l’entrée, la désinfection systématique des mains, le port du masque lors des déplacements, la désinfection des machines. Il n’y a jamais eu un cluster qui est parti d’une salle de fitness ! »
Visiblement, il faudra patienter encore un peu avant de retrouver un corps sain dans un état d’esprit général qui ne l’est plus trop.

80 %
C’est en moyenne le pourcentage de baisse de chiffre d’affaires des entreprises de loisirs Indoor. Plus de 12 000 emplois directs impactés.
180 000 €
De mars à septembre, les entreprises de loisir indoor ont perdu en moyenne 180 000 euros de chiffre d’affaires pour un résultat brut d’exploitation moyen négatif de 80 000 euros, aides gouvernementales comprises.
Une situation spécifique
Les loisirs indoor relèvent d’une saisonnalité inversée : la haute saison débute en automne, la basse aux beaux jours. Les charges fixes et les loyers exorbitants (ce sont des espaces de grande superficie, entre 800 m2 à 2 000 m2) représentent entre 25 % et 30 % des coûts fixes. La masse salariale est importante et incompressible, quelle que soit la fréquentation, pour assurer la sécurité, l’accueil, la propreté. C’est une politique d’investissement importante financée par des emprunts personnels, souvent associés à des garanties réelles et/ou personnelles. Les marges sont faibles, comprises entre 6 % et 12 %.
Pour se faire entendre, le Space a lancé une pétition sur sos-parcs-loisirs-indoor.fr
Au chevet des enseignes toujours fermées
Bars, restaurants, discothèques, salles de sport… la région vote une aide de 50 millions d’euros pour les soutenir.
« Restaurants, bars, hôtels, traiteurs, salles de sport, boîtes de nuit… Ils ont été les premiers à subir le confinement et les derniers auxquels on pense pour le déconfinement. Ils sont en train de perdre le fruit du travail d’une vie et ne demandent qu’une seule chose : pouvoir travailler. Notre devoir, aujourd’hui, c’est d’être à leurs côtés et de leur proposer un plan ambitieux pour qu’ils puissent survivre, passer le cap et être prêts lorsqu’ils pourront rouvrir », explique Laurent Wauquiez. Le président de la Région Auvergne Rhône-Alpes a présenté les nouvelles aides à destination des commerces avec un plan en quatre dispositifs : la prise en charge de manière rétroactive de tous les investissements effectués depuis le 1er janvier 2020 à hauteur de 25 % et jusqu’à 5 000 € ; une aide de 5 000 € pour tous les investissements spécifiques au développement de la vente à emporter ; une aide de 1 500 € pour le développement du commerce en ligne et un prêt à taux zéro jusqu’à 30 000 € garanti par la Région, avec un différé de remboursement de deux ans.

« Au total, ces aides nouvelles représentent un investissement régional de 50 millions d’euros. Ces commerces ont été durement impactés par la crise. Et, parce qu’une aide ne remplacera jamais un client, la Région sera à leurs côtés pour qu’ils puissent, le plus rapidement possible, rouvrir et de nouveau travailler », poursuit Wauquiez.
Visibilité financée
Que ce soit pour créer, refonder ou optimiser son site internet ou d’e-commerce et/ou optimiser sa présence sur le web, financer l’achat d’un nom de domaine, payer les frais d’hébergement, les frais de référencement, la géolocalisation de l’entreprise, l’abonnement à un logiciel de création de site en SAAS, l’accès à une market place, financer le click and collect… la Région apporte son soutien. Jusqu’à 500 € de dépenses éligibles sont prises en charge à 100 %. Au-delà de cette somme, elle finance encore 50 % des dépenses jusqu’à une aide maximum de 1 500 €.
Par Éliséo Mucciante








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