Des procédures collectives à la hausse

par | 6 Août 2021

Il y a eu 6 587 défaillances d’entreprises au deuxième trimestre 2021. C’est une hausse de 14,2 % par rapport au deuxième trimestre 2020, mais c’est encore deux fois moins qu’avant la Covid-19.

Philippe Claret

Un an après la mise sous anesthésie générale de l’économie, les courbes repartent à la hausse. Le groupe Altares, qui publie son traditionnel panorama des défaillances et sauvegardes des entreprises, enregistre ainsi des hausses respectives de 54 et 35 % sur les mois d’avril et mai 2021 par rapport à avril et mai 2020. Le mois de juin s’inscrit à la baisse (-17 %) mais surtout, note le directeur des études Thierry Millon, «  des signaux sérieux de fragilisation émergent  ». Trois défaillances sur quatre sont des liquidations judiciaires pures et simples (là où la moyenne de long terme s’établissait à 68 %) et neuf défaillances sur dix touchent une TPE. C’est bien l’entreprise individuelle, tant promue ces dernières années, qui est la première victime de la crise… Et de manière silencieuse : le nombre de défaillances progresse de 18 % en un an avec 5850 procédures ouvertes mais le nombre d’emplois concernés passe sous le seuil des 20 000, alors qu’il était deux fois supérieur il y a un an. Malgré tout, nous restons loin des niveaux de 2019, avec 10 800 procédures PME défaillantes, toujours au deuxième trimestre.

La région Auvergne-Rhône-Alpes ne fait pas exception dans le tableau. Les 729 défaillances (32 sauvegardes, 146 redressements judiciaires, 551 liquidations) représentent une hausse de 17,8 % sur le deuxième trimestre 2020.

Historiquement bas

Tout se passe comme si, plus encore qu’avant, les entreprises ne parvenaient pas à anticiper leurs difficultés. Au cours du deuxième trimestre n’ont ainsi été ouvertes que 165 procédures de sauvegarde, contre 1 495 placements en redressement judiciaire et, surtout, 4 927 liquidations judiciaires directes, c’est-à-dire des situations où les entreprises sont dans une telle situation de fragilité qu’il n’est plus envisageable de leur proposer d’alternative.Reste qu’indéniablement, le «  quoi qu’il en coûte  » macronien protège pour l’instant les entreprises, de façon quelque peu artificielle. Pour mémoire, il y a eu 288 mises en sauvegarde au deuxième trimestre 2017, 3913 redressements judiciaires et 8724 liquidations judiciaires… les chiffres sont encore plus impressionnants sur douze mois glissants, avec un palier bas atteint en juin 2021 à 29 500 défaillances lorsque ce chiffre était à 64 498 en février 2014 !

Photo Conseil national des greffiers des tribunaux de commerce

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