Un sursaut du tourisme, cet été

par | 7 octobre 2021 à 7H28

La fréquentation de l’Ain est repartie à la hausse, cette année, par rapport à la saison 2020. Ça tombe bien, c’est le moment de relancer un livre blanc pour la filière.

La fréquentation touristique estivale a repris des couleurs, en 2021, par rapport à 2020, dans le département. Les acteurs du secteur se disent satisfaits de leur saison à 75 %. Ils sont plus nombreux en plaine (80 %) qu’en montagne (67 %), où l’on aura été davantage impacté par une météo capricieuse. Pour 73 % des opérateurs interrogés par Aintourisme, l’activité se sera révélée stable, voire à la hausse, mais encore en deçà d’un été classique. Une perception corroborée par les chiffres : si le nombre de nuitées (3,5 millions) reste inférieur de 15 % à ce qu’il était en 2019, le taux d’occupation des hébergements marchands a progressé de 10 points en juillet (à 60 %) par rapport à 2020 et de 5 points en août (à 67 %).

Satisfecit et progressions

La location est plébiscitée (80 % de taux d’occupation). L’hôtellerie patine (57 %, en baisse de 3 points). Les campings affichent une bonne fréquentation et notent un petit retour de la clientèle étrangère (toujours en retrait, cependant), malgré l’impact du passe sanitaire et de la météo. Une météo qui a pesé aussi sur les activités de pleine nature, en baisse de 50 %, en particulier dans les lieux de baignade. En revanche, les excursions ont progressé de 22 % par rapport à 2019, pour atteindre 11,5 millions. Et la découverte du patrimoine a le vent en poupe : 40 000 visiteurs pour le monastère royal de Brou (stable), 124 500 pour la cité médiévale de Pérouges (+1 %), 16 000 pour le château de Voltaire (+34 %), 9 500 pour Dinoplagne qui atteint son objectif, pour son ouverture test. De quoi donner raison à Aintourisme qui avait axé sa communication sur la baseline « (Re) trouvez votre espace de liberté », en ciblant une clientèle de proximité.

Les effets du livre blanc

Ce regain intervient alors que le premier livre blanc du tourisme, lancé en 2016 avec la volonté de créer une vraie filière, arrive à terme. À l’heure du bilan, Damien Abad, président d’Aintourisme rappelle le constat de l’époque : une présence numérique et une offre d’hébergement insuffisantes, une notoriété à développer. De 2016 à 2019, le tourisme aindinois a progressé de 10 % jusqu’à représenter près de 8 000 emplois. L’offre d’hébergement s’est étoffée de 7 % et le nombre de nuitées a crû de 6. « Maintenant que les filières sont structurées, il faut les renforcer », commente Damien Abad, avec toujours en tête l’objectif de faire de l’Ain, une destination de courts séjours. « Nos visiteurs sont passés d’un jour et demi sur place à deux jours. Il faudrait arriver à trois. » Et le président d’espérer une remontada de l’hôtellerie, qui a perdu 500 lits sur la période. Deux nouveaux axes intégreront le livre blanc 2022-2027, le recrutement et la formation d’une part, pour poursuivre la professionnalisation de la filière, l’environnement d’autre part. Il s’agit de développer un tourisme durable qui préserve la nature et les paysages.


Dans la restauration, la reprise cale sur la main-d’œuvre

Jean-Pierre Vullin et Damien Abad
Jean-Pierre Vullin, président de l’UMIH 01, et Damien Abad, président d’Aintourisme.

Pour que les hôtels, cafés et restaurants profitent du rebond de la manne touristique, il lui faudrait des bras. Il manque, au niveau national, quelque 200 000 personnels. « De nombreux établissements ont élargi leurs périodes de fermeture. Autrement, cette situation oblige à accueillir moins de clients. Et cela n’est pas toujours bien compris, dans la mesure où des tables sont vides. Certaines réservations de groupes, notamment, ne peuvent être satisfaites. Les traiteurs sont gênés également, par le manque d’extras », constate Jean-Pierre Vullin, président de l’Union des métiers de l’industrie hôtelière de l’Ain (à gauche sur la photo, au côté de Damien Abad). Cette pénurie de main-d’œuvre est accentuée dans l’Ain, où le taux de chômage est faible. Elle s’explique, notamment, par une désaffection de la formation, « en particulier vers les métiers du service », note le président de l’UMIH 01.


10 %

Du lancement du livre blanc du tourisme en 2016, jusqu’à 2019, le secteur a progressé de 10 % pour représenter près de 8 000 emplois, dans l’Ain.


Une saison hors norme pour Gîtes de France

Bien loin de la crise sanitaire, le label a connu un été historique, avec des chiffres jamais atteints.

Gîtes de France : Solange Escure, Danièle Fachinetti, Sylvie Pellegrin et Julien Rivollier
Solange Escure, Danièle Fachinetti, Sylvie Pellegrin et Julien Rivollier.

Pour Gîtes de France aussi, l’été a été réussi. Au moment du bilan des mois de juillet-août, le label a enregistré des chiffres plus hauts que jamais. Une saison qualifiée d’historique. En effet les quelque 52 000 hébergements nationaux ont enregistré un taux d’occupation de 80 % sur le mois de juillet, soit dix points de plus qu’en 2019. Le mois d’août, lui, a connu un taux d’occupation de 88 %, soit cinq points de plus que deux ans auparavant. Le mois de septembre n’est pas en reste, puisque la fréquentation a surpassé de 13 % celle de l’année de référence. L’Ain n’a rien à envier à ces résultats, puisque les mois de juillet-août enregistrent ici des fréquentations respectives de 85 et 93 %. « Du 14 juillet au 24 août, on constate même un taux d’occupation de 94 % », s’exclame Danièle Fachinetti, directrice des Gîtes de France de l’Ain.

La crise sanitaire a toutefois modifié les habitudes. Exit les programmations des mois à l’avance, les gens réservent et annulent désormais à la dernière minute. « Avec la crise Covid, nous sommes devenus des experts dans ce domaine, sourit Sylvie Pellegrin, présidente de Gîtes de France. Nos clients ont également étalé leurs vacances, tout n’est plus concentré sur les trois premières semaines d’août. » Ceux-ci réservent d’ailleurs pour des périodes plus longues.

Mais ce n’est pas le seul changement constaté par les hébergeurs sur leur clientèle. « Auparavant nous avions affaire à des personnes de plus de 35 ans, des familles avec enfants. Notre clientèle s’est fortement rajeunie dans ce contexte de crise sanitaire », relève Solange Escure, directrice des Gîtes de France. Désormais la tranche d’âge 25-45 ans fréquente bien plus les établissements. « Des clients jeunes, habitués à partir à l’étranger, ont découvert le label cet été et souhaitent rester sur ce mode d’hébergement », se réjouit Julien Rivollier, président des Gîtes de France de l’Ain. Une clientèle essentiellement française, malgré un retour timide des Belges, des Hollandais et des Allemands.


Sébastien Jacquart et Joséphine Jossermoz

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