Stéphanie Pernod-Beaudon : « Favoriser les entreprises qui font, ici, leur valeur ajoutée »

par | 11 novembre 2021 à 7H30

La première vice-présidente du Conseil régional à l’économie, à la préférence régionale et aux relocalisations, décrit les ambitions du mandat.

À la suite des dernières élections régionales, vous avez hérité de la vice-présidence à l’économie, à la préférence régionale et aux relocalisations. Vaste programme !

C’est la priorité du mandat, donc la première vice-présidence. Nos entreprises font tout l’intérêt de la région et c’est pourquoi nous devons continuer à soutenir l’économie. Quant à la préférence régionale, elle figurait déjà au programme du précédent mandat. Le sujet, c’est de trouver le moyen de favoriser, à travers notre réglementation et nos décisions, les entreprises qui font leur valeur ajoutée chez nous. Nous gérons de l’argent public et il est normal de privilégier les structures qui génèrent cette richesse.

Nous sommes la première région industrielle de France. Et notre filière a pris du recul, avec la covid, sur l’intérêt de travailler à l’étranger juste pour des questions de coûts. Elle en mesure à présent les enjeux écologiques et de souveraineté. Car pendant la crise, il a fallu créer des masques. Et nous avons distribué des protections pour les sage-femmes et les ambulanciers, qui étaient en première ligne sans équipement. Aujourd’hui, nous sont présentés de beaux projets de relocalisation auxquels nous portons une attention particulière. Le vélo électrique de Mécabourg en est un très bon exemple. On n’aurait pas pu monter un projet comme celui-ci, il y a 10 ans.

Favoriser les relocalisations nécessite de travailler sur trois axes : la structuration de la filière, les dispositifs d’accompagnement, notamment à l’export, et le financement de la R&D pour garder un temps d’avance. De nos jours, on fait l’inverse de ce qu’il s’est passé avec la Chine, il y a 20 ans. On ramène les technologies chez nous, pour vendre les produits aux Chinois.

La réglementation européenne ne permet guère la préférence régionale. Votre programme ne sera pas évident à mettre en place, si ?

La France a complétement oublié ce qu’était la souveraineté par peur de passer pour antieuropéenne. Cela l’a conduite à prendre des décisions contre ses propres intérêts. Nous devons arrêter de nous excuser de ce que nous sommes. Et s’il faut aller jusqu’à l’UE pour plaider notre préférence régionale, il ne faudra pas hésiter. On peut aussi essayer de changer les choses par notre action politique.

Avec cette première vice-présidence et par votre intermédiaire, l’Ain est très bien placé à la Région. C’était déjà le cas avec Etienne Blanc, lors de la précédente mandature. Ça devient une habitude !

Je suis très fière de cette délégation. C’est très bien pour l’Ain. Choisir un premier vice-président n’a rien d’évident. Il faut quelqu’un qui travaille beaucoup, qui connaît bien le fonctionnement de la Région et qui a la confiance de ses collègues. J’ai accepté d’être tête de liste aux élections, mais cela ne signifie pas que les rôles étaient prédéfinis. Si notre département est bien placé, c’est parce qu’avec Alexandre Nanchi et Jean-Louis Guyader, nous avons été très présents sur le terrain, pour porter l’ambition de la Région. Notre mobilisation a permis de faire aboutir des dossiers. Et c’est la volonté du président Laurent Wauquiez que de faire avancer les projets.

Nous avions un bilan à défendre, ce qui n’est pas toujours évident lors d’une élection. Au cours de la campagne, les retours de terrain ont montré que notre travail était reconnu. Cela nous a permis de faire du score, sur le département de l’Ain. Pour la première fois, nous sommes devant le RN. Et ça, c’est parce que nous avons su rester fermes sur nos valeurs et que nous avons pu le prouver. Nous avons bénéficié d’un vote d’adhésion, pas d’un mouvement partisan où la gauche vote pour la gauche et la droite pour la droite. Nous avons plutôt fait une bonne campagne, intéressante. Certes, la participation a été faible. Mais, c’est toujours le cas aux régionales. On a bien réussi à mobiliser, au contraire.

Enfin, pouvez-vous nous parler de l’Académie aéronautique régionale, dont vous êtes présidente ?

C’est un sujet sur lequel nous travaillons depuis deux ans. Il s’agit de créer une académie aéronautique à Ambérieu-en-Bugey, en partenariat avec l’Armée de l’air. Nous allons labelliser toutes les formations en aéronautique d’Auvergne Rhône-Alpes et construire un bâtiment où se déroulera un cursus de professionnalisation. Par exemple, au sortir d’une formation en électricité aéronautique, avant d’intégrer une entreprise, un étudiant pourra s’exercer sur les machines des industriels partenaires. Il sera ainsi opérationnel dès l’embauche, contre 18 mois aujourd’hui.

Outre la Région, le conseil d’administration de cette académie compte l’État, le Rectorat, les industriels de l’aéronautique et l’ensemble des pôles et clusters (aéronautique évidemment, mais aussi plastiques et composites, métallurgie, etc.). L’idée, c’est de prendre des décisions partagées, entre le politique et l’industrie.


Bio express

  • 13 octobre 1978 : Naissance à Bourg-en-Bresse
  • Mars 2010 : Élue pour la première fois au Conseil régional et réélue depuis sans discontinuer.
  • Juin 2016-juin 2017 : Députée de la IIIe circonscription de l’Ain, après la démission d’Étienne Blanc, devenu 1er vice-président de la Région.
  • Juin 2021 : Élue encore une fois à la Région, elle obtient la première vice-présidence.

Sébastien Jacquart

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bourse : tout voir >

PUBLIEZ VOTRE ANNONCE LÉGALE EN LIGNE

Devis immédiat 24h/24
Attestation parution par mail
Paiement CB sécurisé

LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

-3,4 % : ce chiffre d’affaires des entreprises industrielles continue de reculer en 2025 en Savoie Mont Blanc et ce, pour la 3e année consécutive.

ABONNEZ-VOUS

10.90€ / mois
Paiement CB sécurisé
Déblocage immédiat
Tous les contenus premium
Résiliable à tout moment

À lire également :

Un nouveau modèle immobilier pour les hôpitaux suisses ?

Face aux besoins croissants d’investissement dans les infrastructures de santé, un nouveau modèle immobilier se développe en Suisse, consistant à dissocier la propriété des bâtiments de l’exploitation médicale pour permettre aux hôpitaux de se concentrer sur leur...

Savoie : la station thermale de La Léchère en mauvaise forme

Dans un récent rapport, la Chambre régionale des comptes pointe la situation financière dégradée des thermes de La Léchère et des irrégularités. Les thermes de La Léchère (2 500 habitants) ont vu leur état de santé s'aggraver avec la crise sanitaire. Gérés par la...

Cédric Lieudenot, dirigeant de Cosea

Ain : Cosea toujours plus spécifique

En filialisant ses activités de transport et de stockage, l’entreprise libère de l’espace sur son site de Viriat, afin d'accompagner le développement de marchés à forte technicité. Entreprise de traitement de surface pour le nucléaire, l’industrie, les structures...

L’équipe de Didier Signalétique. © Didier Signalétique

Ain : Didier Signalétic rejoint Scadra Group

Fondé en 1975 à Bourg-en-Bresse par Norbert Didier, le leader burgien de la signalétique a officiellement changé de mains le 8 janvier dernier. À la suite de discussions engagées à l’initiative de Scadra Group, spécialisé dans les services aux industriels, Béatrice...

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire (chaque lundi à 7H00)

Linkedin

Suivez-nous sur nos pages Linkedin dédiées à l'économie de vos territoires

Abonnement

Restez informé.e en vous abonnant à nos publications économiques

Annonce légale

Devis instantané, publication et attestation sans délai, paiement CB sécurisé