Un village de bungalows accueille des sans domicile. Une expérience soutenue par le Plan de relance.
« Robinson, c’est un personnage qui a fait naufrage, mais a profité du peu qu’il lui restait pour se reconstruire ailleurs », a expliqué l’association Tremplin, au moment d’inaugurer l’espace imaginé pour l’accueil des SDF et baptisé du nom du héros de Daniel Defoe. L’Espace Robinson, donc, est composé de 17 bungalows reconditionnés (et non achetés neufs), tous identiques, à l’exception des deux plus grands (photo) qui servent de parties communes et de lieux d’entretiens avec les infirmières, le psy, etc. Situé aux frontières de Bourg, Viriat et Saint-Denis-lès-Bourg, surveillé par un veilleur de nuit, l’ensemble est disposé de manière à créer une sorte de village, avec ses placettes.
Accès à l’autonomie
Les résidents, une quinzaine d’hommes et femmes, sont tous volontaires. Des travailleurs sociaux sont allés à leur rencontre pour les convaincre d’abandonner la rue. « Nous avons beaucoup de retours en ce sens : la rue, malgré ses conditions indignes, c’est aussi un rythme dont on a du mal à se défaire. Il faut passer par des formes transitoires d’accès à l’autonomie », a observé Jean-François Debat, président de Bourg-en-Bresse Agglomération. Justement, Tremplin compte profiter de son environnement d’entreprises d’insertion pour ramener progressivement les résidents vers l’emploi. Quant à Bernard Perret, le maire de Viriat, il s’est dit rassuré par sa visite, après avoir avoué quelques craintes sur ce site et son acceptabilité.
« Il s’est passé un an depuis l’appel à projets de l’État. Nous y avons vu l’occasion de mettre sur pied une idée qui nous tenait à cœur depuis longtemps, de créer quelque chose d’innovant pour tous ceux qui vivent dehors, a précisé Agnès Bureau, présidente de Tremplin. Ce n’est pas un centre d’hébergement social bis, mais un lieu où se soigner, prendre soin de soi et raccrocher des droits. Le but serait de leur permettre d’envisager la suite, vers une autre forme de logement, vers le travail… » L’expérimentation est conduite pour trois ans. Elle bénéficie de 355 000 euros de financements dans le cadre du Plan de relance et de 360 000 euros de subventions par an, pendant cette période. « On compte peu de projets lauréats du Plan de relance pour l’insertion sociale en France », a souligné la préfète, Catherine de la Robertie.
Sébastien Jacquart








0 commentaires