La demande augmente dans l’enseignement professionnel, du côté des candidats, mais moins que du côté des entreprises. Et l’offre s’étoffe en termes de parcours et de diplômes. Inventaire non exhaustif.
L’établissement de formation agricole des Sardières, à Bourg-en-Bresse, avait convié la presse pour une visite de rentrée (lire ci-dessous), vendredi 2 septembre. L’enjeu : faire connaître et promouvoir les filières du vivant, face aux défis du changement climatique, de l’agroécologie, du renouvellement des générations au sein des exploitations ou encore, de la souveraineté alimentaire, selon Régine Marchal-Nguyen, directrice adjointe de la Draaf (agriculture, alimentation et forêt). Autant d’éléments qui poussent à « adapter les formations pour répondre aux besoins de la société et aux aspirations de nos jeunes ». Mais ne nous y trompons pas, si l’enseignement agricole a besoin d’être promu, il ne vit pas de crise des vocations. « Les jeunes n’arrivent pas par hasard dans nos métiers. Ils ont un projet et sont d’excellents porte-parole de nos filières », assure-t-elle. Ainsi, en lycée professionnel comme en apprentissage, les effectifs progressent de 1 à 2 % par an depuis environ cinq ans. Cela se traduit aux Sardières, par une progression d’une cinquantaine d’élèves supplémentaires en trois ans côté lycée (400 jeunes) et 30 à 40 % de hausse en apprentissage (490 élèves).
Et c’est pareil pour les autres branches professionnelles. À Ambérieu-en-Bugey, le Cecof forme 1 000 à 1 200 jeunes dans les métiers de l’hôtellerie-restauration, de l’alimentaire, de la mécanique et de la carrosserie, de la fleuristerie, du commerce ou encore, de la coiffure. Des métiers où la demande augmente aussi, du point de vue des candidats et plus encore, des entreprises. « Dans l’hôtellerie-restauration, les apprentis font un retour remarqué après deux ans de crise sanitaire. Et majoritairement, c’est par vocation », remarque Sébastien Jaillardon, chargé de développement du CFA qui étoffe son catalogue de formations. « Nous proposons un Titre professionnel (TP) “Agent de restauration” à ceux qui s’orientent vers la restauration rapide haut de gamme plutôt que vers la cuisine traditionnelle. Et nous avons un partenariat avec la Volkswagen Academy pour former leurs futurs techniciens experts après-vente et réceptionnaires après-vente (responsables de concessions). » De plus, le CFA forme depuis une paire d’années, les futurs chargés des relations marketing des entreprises, via un BTS Négociation digitalisation de la relation client. En France, c’est le deuxième diplôme de ce niveau le plus demandé par les jeunes. Mais au Cecof, il reste des places.
De même l’AFPMA, qui accueille quelque 500 apprentis du CAP à la licence, dans les métiers de l’usinage, la tôlerie, la chaudronnerie, l’électrotechnique, la maintenance, la conception et l’informatique, observe une hausse de la demande, donc de ses effectifs à hauteur de 10 %. L’établissement propose de nouvelles formations qualifiantes, notamment dans le domaine de la métrologie, très sollicité par les entreprises. Enfin, un nouveau groupe vient d’être constitué, pour les jeunes en découverte de l’apprentissage vers les métiers de l’industrie. Un parcours ouvert à tous les moins de 30 ans qui cherchent une orientation.
118
En Auvergne-Rhône-Alpes, l’enseignement agricole compte 118 établissements pour 28 000 élèves, dont neuf établissements et 2034 élèves pour l’Ain.
Les Sardières, plus qu’un lycée agricole
On fait souvent le raccourci, mais l’établissement n’est pas seulement un LP, ni même orienté exclusivement vers l’agriculture. On y passe même un bac général.

« Nous ne sommes pas qu’un lycée, pas seulement un établissement d’enseignement professionnel et pas seulement un établissement agricole. Nous avons même un bac général. Sa particularité est d’être destiné à ceux qui s’orientent vers les métiers du vivant après un cursus dans le supérieur : vétérinaire, ingénieur agricole, etc. », lance Jean-Yves Charvin, directeur des Sardières, à Bourg-en-Bresse. « C’est une volonté des fondateurs de l’établissement que de proposer l’ensemble des formes d’enseignement. »Et ceci dans trois orientations : l’agriculture, l’agroalimentaire et les métiers du laboratoire.
« Les Sardières, ce sont aussi 38 ateliers qui constituent autant de lieux d’immersion et d’innovation et que nous considérons comme de vraies exploitations agricoles ou de véritables unités agroalimentaires », ajoute Régine Marchal-Nguyen, directrice adjointe de la Direction régionale de l’agriculture, de l’alimentation et de la forêt (Draaf). Le site s’étend sur environ 150 hectares où sont produits lait, volailles de Bresse, volailles fermières et viande bovine, « avec des salariés de droit commun », précise Jean-Yves Charvin. « Nous connaissons la pression foncière ou encore, les difficultés de modernisation de nos exploitations pour avoir un outil pédagogique conforme à la réalité des métiers. Nous sommes en prise directe avec les réalités économiques et climatiques. Nos enseignants et nos élèves voient directement ce qu’il se passe. »
Les produits de la ferme des Sardières sont transformés sur place, dans un atelier agroalimentaire, par des techniciens de production et, bien sûr, par les élèves dans le cadre de stages. Ils sont ensuite vendus, à 90 %, dans la boutique de l’établissement : Sardélices. Un moyen de générer du passage et de vanter les cursus proposés sur place. Enfin, quelque 80 producteurs locaux profitent également de l’atelier, soit pour transformer eux-mêmes, soit en prestation de service.
Un Pass à l’IUT de Bourg
Non, il ne s’agit pas d’un pass sanitaire (quoique !), mais du Parcours d’accès spécifique santé : une première année vers les formations de médecine, de pharmacie, d’odontologie et de maïeutique, proposée pour la première fois à l’IUT Lyon 1 à Bourg-en-Bresse qui devient, de fait, une antenne de la faculté de médecine Lyon Est. Cette formation était voulue notamment par le Département, comme une réponse à la désertification médicale. Qui sait si après cette première année, les futurs praticiens n’auront pas l’envie de s’installer dans l’Ain ? Les étudiants sont en tout cas censés recevoir ici, les mêmes cours que sur le campus Rockefeller à Lyon, avec la même qualité pédagogique et le même suivi. Une cinquantaine d’étudiants suivent ce parcours, dont 21 Aindinois. Cette proportion importante fait partie des objectifs : En France, 52 % des lycéens des zones rurales s’autocensurent dans leurs choix d’orientations postbac, selon un sondage Ifop de 2019.
Sébastien Jacquart








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