Les supérettes Sherpa, regroupées en coopérative dont le siège se trouve à Drumettaz (Savoie), sont l’enseigne commerciale la mieux représentée dans les stations des Alpes. Elles vont s’offrir un relooking.
Le concept Sherpa est reconnaissable, en montagne, à l’aménagement des magasins et les services rendus aux visiteurs : prêt de matériel (appareils à raclette, par exemple) ; reprise des produits secs non consommés en fin de séjour ; repas anti-gaspi… En 2023, un changement de look est prévu, pour un décor plus moderne mais toujours dominé par le bois : « Nous avons aménagé un premier magasin prototype en 2021 à Tignes. Notre intention est de déployer ce modèle partout à l’automne prochain », explique Olivier Carrié, président de la coopérative depuis 2018.
Les supérettes Sherpa sont les plus nombreuses en montagne, en France, devant celles de Carrefour, Casino ou Spar. Sur leurs rayons sont alignées jusqu’à 3 000 références, dont une bonne partie négociées via la centrale d’achat Casino, depuis 2009. « Notre accord avec cette centrale prenait fin en 2023. Nous avons concédé à notre partenaire une année supplémentaire pour lui laisser le temps d’étudier le dossier et nous convaincre de signer de nouveau », avance Olivier Carrié.
Source sherpa
118 M€ : c’est le chiffre d’affaires dégagé en 2022 par les 119 magasins d’altitude Sherpa, en France, avec 850 collaborateurs, dont 650 saisonniers. Dix permanents travaillent au siège de la coopérative, à Drumettaz (73) : chaque boutique verse une cotisation de 1,1 % de son CA pour son fonctionnement.

Des supérettes, mais pas que…
Côté terroir, les magasins Sherpa font la part belle aux produits de l’artisanat local : « Depuis notre création en 1988, nous avons toujours eu un peu de mal à nous positionner, entre le supermarché et les boutiques de produits régionaux. Nous nous situons quelque part au milieu. C’est à la fois un avantage et un inconvénient », analyse le président.
C’est la raison pour laquelle, en 2007, Sherpa a conçu sa propre marque de produits régionaux, dénommée Terre de l’Alpe et qui « performe bien » : elle génère un chiffre d’affaires de 2,1 M€, avec 150 références.
Un site marchand est en ligne depuis 2009. Pour des raisons de logistique et de gain de temps, Sherpa a investi, en 2017, dans un entrepôt à La Ravoire (près de Chambéry) afin d’y préparer les commandes. Ces ventes représentent 1,6 % du chiffre d’affaires global de Sherpa.

à partir de l’automne 2023.
Un avenir semé de doutes
Cependant, ces nouvelles parts de marché n’augurent pas forcément d’un avenir radieux. Malgré une saison exceptionnelle, Olivier Carrié émet quelques inquiétudes : « Nous avons réalisé un mois de janvier 2023 historique. Nous enregistrons une progression de 20 % par rapport à l’année précédente. En revanche, l’inflation n’est pas neutralisée dans nos chiffres d’affaires. Sur une année, elle se monte à 15 % environ. »
D’autres paramètres assombrissent l’horizon : « Le coût de l’énergie peut poser un problème, à terme, pour l’exploitation des domaines skiables. Le problème du manque d’enneigement est tout aussi préoccupant. Quant au renouvellement des skieurs, il n’a pas l’air d’être dans une bonne dynamique. La pratique risque de devenir élitiste si les prix continuent d’augmenter. Est-ce que tout cela aura un impact direct sur notre activité ? Certainement. Il faudra réussir à s’adapter », anticipe Olivier Carrié.
Concernant la gouvernance de la coopérative Sherpa, le président se félicite du travail accompli : « Le conseil d’administration a bien fonctionné, surtout pendant la période covid où les intérêts des magasins ont été défendus auprès du gouvernement. Nous avons obtenu le statut d’“activité sinistrée”, au même titre que les remontées mécaniques ; sans quoi nous n’étions éligibles à aucune aide. »
Le protocole avec Casino court jusqu’en 2024. Olivier Carrié mise sur sa reconduction pour assurer les intérêts de la cordée Sherpa.









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