À l’heure de renouveler son soutien aux filières aquacoles et piscicoles, la Région a choisi comme cadre, les étangs de la Dombes. L’occasion de faire le point sur les spécificités locales.
Sur la route vers l’exploitation piscicole de Stéphane Mérieux, président du Syndicat des étangs de la Dombes, plusieurs étendues d’eau sont à sec. Pour un certain nombre d’entre elles, c’est normal. La mise en assec à intervalles réguliers fait partie des traditions dombistes. Pour les autres, en revanche, c’est la conséquence d’un hiver trop peu pluvieux.
« Nous essayons de nous doter d’outils d’anticipation, d’évaluer, en fonction du niveau de remplissage d’avril, la capacité des étangs à passer la saison. Nous espérons ainsi moins subir les épisodes de sécheresse, ne pas revivre les étés 2017 ou 2020 », explique Pierre La Rocca, président de l’Association de promotion des poissons des étangs de Dombes (Apped, 150 adhérents). Ainsi, certaines étendues ont été sacrifiées pour alimenter les autres.
L’exploitation de Stéphane Mérieux sert de cadre, ce vendredi 31 mars, à la présentation et à la signature par la Région, d’un nouveau plan aquacole (lire ci-dessous). Fabrice Pannekoucke, vice-président de la Région délégué à l’agriculture, en profite pour découvrir, la pisciculture locale.
« Les parcelles de la Dombes ont longtemps été exploitées en propriétés de chasse où la pisciculture n’était qu’une activité annexe, pratiquée comme une cueillette. La période de pêche s’étalait alors d’octobre à mars, raconte l’exploitant. Mais un virage a dû s’opérer dans les années 1980, avec l’arrivée du cormoran. Des bassins d’alevinage ont été créés pour préserver les poissons de la prédation pendant la saison hivernale. Et la période de pêche s’est réduite à octobre-décembre. Les poissons les plus gros sont vendus aux transformateurs (environ 800 t par an, NDLR), les autres remis en bassins de protection jusqu’en mars-avril, avant un transfert en étang pour la phase de grossissement. C’est une méthode d’élevage extensif. On ne fait pas d’élevage en bac ou en bassin. Ce ne serait de toute façon pas rentable. »
De même, il n’est pas question de pomper la nappe pour alimenter les étangs (600 à 700 en exploitation), qui communiquent entre eux et imposent de respecter une chronologie de vidage et de remplissage. Non seulement cela contreviendrait aux us et coutumes défendus par le Syndicat des étangs de la Dombes, en particulier au sein de la commission chargée de régler les litiges entre les propriétaires, mais là encore, ce ne serait pas rentable. Tout cela rend la gestion de la ressource en eau extrêmement sensible.
En quoi le plan aquacole régional répond-il à ces enjeux dombistes ? « D’abord à travers le soutien aux investissements pour contrer les effets du changement climatique, mais aussi en finançant la lutte contre la prédation ou en travaillant sur le renouvellement des générations d’exploitants », estime Fabrice Pannekoucke.
Un million d’euros pour l’aquaculture
« Soutenir l’existant, favoriser des marges de progression, accompagner le renouvellement des générations, faire rayonner la production », résume Fabrice Pannekoucke, vice-président de la Région délégué à l’agriculture, à propos du plan pour les filières aquacoles et piscicoles en Auvergne-Rhône-Alpes. Renouvelé ce vendredi 31 mars, celui-ci est doté d’un million d’euros pour la période 2023-2027. « Il s’agit d’accompagner les adaptations nécessaires aux enjeux sociétaux et environnementaux, de répondre aux attentes citoyennes en matière de qualité des produits et de respect des milieux, comme aux évolutions du climat. Ces dernières posent deux questions : la gestion de l’eau et sa température. Un paramètre qui impacte la croissance des poissons. Chaque mètre cube est devenu stratégique. Il faut en faire le meilleur usage, au service des exploitations et des milieux. »
Sébastien Jacquart








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