Le Medef de l’Ain a organisé un afterwork pour inviter les chefs d’entreprise à agir contre leur stress.
Selon une étude de 2019 de l’observatoire Amarok, spécialiste de la santé des dirigeants, 17,5 % des chefs d’entreprise présentent un risque de burn-out. Une proportion qui peut se révéler bien plus élevée selon les métiers : 30,2 % chez les experts-comptables, 35,1 % chez les agriculteurs, entre 31,6 et 35,3 % chez les artisans. «
Dans le contexte actuel, on peut ressentir une certaine fragilité. C’est pourquoi nous avons souhaité vous donner des clés pour détecter les signes précurseurs et éviter la catastrophe », a expliqué Gaëlle Curtet, déléguée territoriale du Medef 01, en introduction d’un afterwork de l’organisation patronale sur la thématique “Préservez votre moral”, mardi 6 juin.
« Un dirigeant sur deux se sent stressé, a minima tendu, voire carrément dans le rouge », a confirmé l’intervenante de la soirée, Charlotte Moysan, psychologue et docteure en entrepreneuriat qui travaille avec Amarok. « Or, l’un des premiers résultats de l’observatoire a été de montrer que la santé du dirigeant constitue le premier capital immatériel de l’entreprise. Et c’est d’autant plus vrai que la structure est petite. Autre résultat, entreprendre, c’est bon pour la santé… Mais, c’est épuisant. D’où l’importance d’être attentif aux signaux d’usure. » Et la spécialiste de préciser ce qu’est le burn-out, non pas une maladie, mais un syndrome, « un ensemble de symptômes qui résultent d’un stress chronique au travail qui n’a pas été géré avec succès ».
Irritabilité, insomnie…
Quant au stress, il est le résultat de la perception d’un objectif et des moyens dont on dispose pour y parvenir. Lorsqu’il devient chronique, il fait succéder à une phase d’engagement, où le sentiment d’efficacité génère plaisir et bien-être, une phase frénétique où l’on ne sait plus par quel bout prendre les choses, où l’on ressent à l’inverse, une perte d’efficacité et de reconnaissance, et une anxiété majeure, puis une phase d’effondrement, avec un risque d’AVC, de crise cardiaque, de dépression…
« La deuxième phase correspond à un épuisement émotionnel, la troisième à un processus de dépersonnalisation, où l’on tombe dans le cynisme, où l’on ne supporte plus les gens. On commence en général par se montrer irritable avec ses enfants ou son conjoint, puis ses collaborateurs et enfin, ses clients. » Outre l’irritabilité, les symptômes du burn-out sont l’insomnie, les difficultés de concentration, l’indécision et la résignation.
« Le premier réflexe des chefs d’entreprise est de rogner sur leur sommeil et leurs activités de loisirs. Or, on a besoin de temps de récupération », rappelle la psychologue, avant de dévoiler plusieurs stratégies fonctionnelles pour agir face au stress : le coping actif, qui permet de supprimer ou minimiser l’élément stressant, la réinterprétation positive, l’acceptation et la planification.
« Si l’on ne peut agir sur les causes, il convient de réguler les réponses émotionnelles liées à la situation. L’acceptation et la réinterprétation positive vont permettre de prendre du recul, de trouver des points sur lesquels agir et de planifier les réponses. » On peut retenir cinq règles salutaires : agir pour ne plus subir, positiver, savoir s’entourer, s’aimer et aimer les autres, penser grand.
Agir pour ne plus subir
Et si vraiment un chef d’entreprise se sent mal, le Medef de l’Ain a rappelé l’existence de l’Apesa 01 (Aide psychologique pour les entrepreneurs en souffrance aiguë), qui propose une prise en charge psychologique rapide et gratuite, jusqu’à cinq séances pour un total de 350 euros. Une quarantaine de sentinelles ont été formées pour repérer les dirigeants en détresse : 22 depuis la création de l’association en 2021, dont 15 ont été pris en charge. On peut également chercher appui auprès d’Amarok, de Récréer, de Second Souffle ou de 60 000 Rebonds.
Sébastien Jacquart








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