Ain : Recycl’Art repense notre rapport au déchet

par | 26 Oct 2023

À l’initiative de Quinson-Fonlupt, 40 artistes ont réalisé 120 œuvres à partir de matériaux récupérés.

Comment aborder différemment la question du déchet ? « Une simple idée, au départ, pour faire parler de notre métier, est devenue, au fil des échanges, un pari un peu fou, mais un pari gagné, grâce à l’engagement de chacun », a remercié Pascal Viallon, coprésident de Quinson-Fonlupt, entreprise de collecte et de valorisation à Saint-Denis-lès-Bourg. En lançant Recycl’Art, celui-ci pensait rassembler trois ou quatre artistes pour une œuvre collective conçue à partir de matériaux récupérés sur place, puis exposée dans la cour de la société.

Le projet en a finalement motivé 40, qui ont réalisé quelque 120 œuvres, visibles au monastère royal de Brou jusqu’au 5 novembre. Une exposition dont le vernissage, jeudi 19 octobre, a réuni 700 personnes autour de différentes tables rondes pour penser l’avenir.

« Il faut visiter un centre d’enfouissement pour se rendre compte des volumes qui sont jetés, alors que pour partie, ces déchets ont de la valeur et sont réutilisables », a souligné le maire de Bourg-en-Bresse, président de Grand Bourg Agglomération, Jean-François Debat, saluant un symbole fort.

« C’est plus qu’une transformation qu’ont réalisée ces artistes, c’est une sublimation, une transfiguration », a abondé Pierre-Gilles Girault, administrateur du monastère de Brou. « L’art est là pour nous questionner sur nos modes de consommation et de production », a rappelé le député Xavier Breton. Et le sénateur Patrick Chaize de noter le rôle des politiques, pour « faire en sorte que le recyclage soit un objectif partagé ». Dernier épisode en date, une loi, votée au Sénat le 11 octobre, facilite la sortie du statut de déchet.

Réduire, réemployer, recycler

Deux entreprises, Hyléance et Love & Green, ont également témoigné lors des tables rondes, de leur souci de décarboner leurs process et réduire les déchets. « Aujourd’hui, quand une entreprise nous sollicite, nous lui proposons systématiquement une solution qui correspond exactement à sa demande et une alternative davantage écoconçue, qui met en œuvre des matières recyclées, réduit les quantités mises en œuvre ou sera davantage recyclable », a indiqué Emmanuelle Perdrix, présidente d’Hyléance, entreprise qui produit des emballages plastiques.

Gabriel Augusto, lui, n’a pas ce souci d’adapter sa production. Love & Green est née du projet de proposer une alternative à la couche-culotte jetable en plastique. Elle doit lancer sur le marché au début 2024, un modèle compostable, qui met en œuvre des matières végétales y compris pour les billes absorbantes, avec la promesse d’un bilan carbone inférieur de 40 % à celui d’une couche classique.

Les choses évoluent dans le bon sens. Présidente du groupe Caurriss, Agnès Bureau en veut pour preuve la fréquentation en hausse des magasins de deuxième main de l’association Tremplin, en textile comme en mobilier. Mais, il reste encore à faire évoluer les consciences. « Pour un smartphone, on a 200 kg de matières extraites », a rappelé Patrick Chaize. « Chaque année, 7 milliards de pièces textiles sont mises sur le marché français », a relevé Agnès Bureau.

Œuvres utiles

Le produit de la vente des œuvres, disponibles sur le site concours- recyclart.fr, sera reversé à hauteur de 10 % à France Nature Environnement et à l’association Pour Un Sourire d’Enfant, qui nourrit, scolarise, éduque et forme, les enfants qui vivent sur les décharges, au Cambodge.


Sébastien Jacquart

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Découvrez également :

Banque des Territoires : une année 2025 « record »

La Banque des Territoires se présente comme le premier partenaire des collectivités locales et des bailleurs sociaux. Cet organe public finance des projets d’intérêt général. En 2025, son activité atteint un niveau «  record  » … «  Nous apportons des réponses à...

LIRE LA SUITE

Enedis termine un chantier hors normes à Courchevel

Enedis vient de clôturer le plus important projet d’enfouissement de lignes électriques jamais réalisé dans les Alpes françaises. C’est dans les 3 Vallées, en Savoie, qu’a eu lieu ce chantier. Commencé en 2013, il a mobilisé 800 personnes et 38 entreprises...

LIRE LA SUITE

Publicité