Plus de 1 700 architectes, urbanistes, ingénieurs, paysagistes et citoyens ont déjà signé la pétition lancée en novembre 2024 par le Syndicat de l’architecture pour reconnaître la réhabilitation comme un acte architectural d’intérêt public et l’inscrire dans l’article 1er de la loi de 1977 sur l’Architecture qui serait ainsi actualisée.

« Face aux défis environnementaux et sociaux contemporains, la réutilisation, la rénovation, l’adaptation, la mutation et plus généralement la réhabilitation des constructions existantes font partie des modèles de production à encourager et à soutenir pour qu’ils deviennent des évidences », souligne le syndicat en voyant là un levier de résilience pour préserver des ressources naturelles de plus en plus rares, réduire les déchets et les émissions de CO2, optimiser l’empreinte écologique des milieux habités mais aussi limiter l’étalement urbain et l’artificialisation continue.
Le 8 janvier, c’est le collectif REpIT qui lançait une pétition pour une immobilier soutenable. Portée, entre autres, par Franck Boutté, Grand Prix de l’urbanisme 2022, l’initiative rassemble des acteurs de la construction et de la ville qui dénoncent « la dégradation des conditions dans lesquelles se fabriquent les lieux de vie, de travail et les espaces publics ».
« Dans la crise brutale que traverse aujourd’hui l’immobilier, alors qu’il serait nécessaire que tous les acteurs travaillent dans le même sens pour produire moins cher tout en répondant aux défis posés par le changement climatique et le franchissement des limites planétaires, nous constatons encore trop souvent des pratiques d’un autre temps », regrettent-ils en pointant des choix court-termistes et une remise en cause des ambitions environnementales.
Les professionnels mobilisés se rassemblent au sein d’un « Comité des engagé.e.s » organisé autour de groupes de travail chargés de faire des propositions sur différents sujets comme les relations maîtrise d’ouvrage/maîtrise d’oeuvre, l’éthique, la garantie des ambitions environnementales des opérations d’aménagement. La démarche rappelle, à certains égards, celle du « Manifeste pour une frugalité heureuse et créative dans l’architecture et l’aménagement des territoires urbains et ruraux » signé en janvier 2018 par Dominique Gauzin- Müller (architecte-chercheure), Alain Bornarel (ingénieur) et Philippe Madec (architecte-urbaniste).
En octobre 2023 à Chambéry, les journées nationales de la frugalité rassemblaient près de 500 professionnels de la construction et citoyens pour des ateliers, forums, échanges, visites de sites inspirants. La philosophie du mouvement qui se décline par régions et par départements ?
Ménager le territoire dans toutes ses composantes plutôt que l’aménager. L’audience remportée par les différentes initiatives portées par les acteurs de la construction pour faire changer les pratiques montre que la dynamique est bel et bien engagée.
Sophie Boutrelle
Photo à la une : des blocs de béton de chanvre. Crédit : Florence Santrot. https://www.wedemain.fr/societe-economie/chanvre-bois-paille-quand-les-materiaux-biosources-construisent-lavenir/
Cet édito est issu de notre magazine Panorama économique du BTP 2025, disponible au format liseuse en ligne ou au format papier










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