Salon leader en Europe, Sport Achat hiver a réuni les 520 plus grands acteurs du marché des sports d’hiver, du 27 au 29 janvier, à Alpexpo Grenoble.
Depuis sa création en 2003, le salon Sport Achat confirme son leadership et fait figure de grand rendez-vous européen dédié à l’industrie des sports d’hiver.
Adapter l’outil de travail
Pour cette édition 2025, organisée volontairement après le Ski Force Pro à Val Thorens, les professionnels du secteur ont pu découvrir les dernières innovations et tendances des 260 exposants, représentant au total plus de 520 marques, sur une surface de 20 000 m2. « Un salon plus grand que celui de l’an dernier, privilégiant une meilleure exploitation des espaces avec plus de zones de respiration », explique Mathieu Kurtz, directeur général de l’agence Sportair & Like That en charge de l’organisation, dont la volonté affichée est d’adapter cet outil de travail aux marques et aux détaillants.
Étaient donc présentes la quasi-totalité des marques de ski et de matériel, mais aussi de vêtements et d’accessoires (casques, gants, bonnets, lunettes…). On retrouvait donc Salomon, Rossignol, Dynastar, Zag, Lacroix, Scott Sports, TSL Outdoor, Millet Mountain Group, mais aussi Odlo, Arva-Nic Impex, Sidas, Julbo, Diezz, Vola…
« C’est l’opportunité, pour les détaillants, dont une soixantaine en provenance d’Europe (Suisse, Italie, Espagne, Benelux), de rencontrer leurs fournisseurs et de passer commande », pointe l’organisateur, qui se félicite de retrouver les niveaux de vfréquentation d’avant covid.
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Comme l’an dernier, l’agence Mission était installée au milieu du salon pour proposer différentes possibilités d’agencement aux propriétaires de magasins.
En parallèle, et pendant ces trois jours, une dizaine de conférences portant sur l’innovation, l’intelligence artificielle au service des détaillants, le « merchandising intelligent » et les tendances de consommation de demain… ont permis aux acteurs de la filière d’échanger et de préparer la saison à venir.
Focus marques :
Vola en a sous la semelle

Fabricant de fart depuis quatre générations, Vola en fabrique 80 tonnes par an sur son site de Passy (74). Des farts sous forme solide, liquide et en spray, qu’elle vend principalement aux centrales (Decathlon, Skiset, Sport 2000…), aux magasins de sport et aux professionnels (écoles de ski, clubs…). Son produit phare : le fart universel, « parce qu’il couvre une grande plage de températures », explique Marine Ferreira (photo), codirigeante de l’entreprise familiale avec son frère Jean-François. Ils ont ouvert deux filiales, en Suisse et en Espagne, en plus des 33 distributeurs avec qui ils travaillent dans le monde.
Parmi les dix gammes de fart proposées, figure l’E-Wax, le premier fart biosourcé sur le marché, développé il y a dix ans. Depuis, l’entreprise a élargi ses gammes avec la MX‑E, sans fluor et composée à 51 % de matières biosourcées.
Au-delà, Vola propose des sous-vêtements techniques à son nom (la fabrication est sous-traitée à des marques spécialistes), ainsi que des équipements de sécurité types casques et masques. S’y ajoutent des logiciels de chronométrage pour le ski, l’équitation et l’automobile. Forte de 45 salariés, l’entreprise affiche un chiffre d’affaires consolidé de 8 M€ (40 % réalisés à l’export). Les ventes de fart et d’accessoires en représentent la moitié.
Diezz Sport recycle les casques

Si la marque de Saint-Jorioz s’est fait connaître avec son casque de ski à visière, elle s’est, depuis, spécialisée dans les équipements de protection individuelle. Rachetée voilà quatre ans par Sandra Arbet (photo), Diezz Sport enregistre de belles performances, avec un chiffre d’affaires de 3 M€ (contre 1,3 M€ en 2021), avec 10 salariés, et un prévisionnel de 5 M€ à trois ans. « Nous sommes bien référencés en France, où nous sommes distribués dans 750 magasins de sport et Clubs Med en montagne », explique la PDG, qui veut progresser en Europe (10 % du CA).
Ses casques premium (technologie brevetée MDS), en partie en carbone, sont fabriqués à 100 % en France (25 000 pièces par an). Diezz s’est aussi diversifiée en sortant trois modèles pour le vélo. Globalement, les casques représentent 60 % de ses ventes.Le reste se répartit entre les masques, les gants et les protections corporelles.
Très axée “responsabilité sociétale”, l’entreprise vient de lancer un programme de recyclage des casques de ski usagés. « Nous allons les collecter et les trier afin qu’ils soient revalorisés chez Excoffier Recyclage. Les billes d’ABS seront réutilisées pour aller encore plus loin dans la construction des casques », se félicite Sandra Arbet. En contrepartie, elle offre une réduction de 20 % pour l’achat d’un casque Diezz neuf.
MeroMero, des sacs écolos

Spécialisée dans les sacs et accessoires pour petits et grands baroudeurs, MeroMero continue de se développer. Créée en 2016 à Annecy, la marque fabrique uniquement ses articles (sacs à dos, besaces, bananes, porte-bébés et sacs de voyage) en nylon 100 % recyclé chez son partenaire historique au Vietnam. Pour autant, conception, design et développement sont réalisés en interne dans ses nouveaux bureaux situés aux Papeteries de Cran. Sa créatrice et fondatrice, Hélène Allera-Marie (photo) (unique salariée) a fait le choix de travailler avec des indépendants (sept au total), de sorte à couvrir tous ses besoins.
MeroMero, qui génère 800 000 euros de revenus (60 % en B2B et 40 % sur son site marchand), est présente dans environ 80 magasins typés nature, art de vivre et vélo, tels les Galeries Lafayette et Au Vieux Campeur, en France, en Suisse, en Allemagne et au Benelux. Dorénavant, l’entrepreneuse veut se concentrer sur l’international : accélérer au Benelux et en Allemagne et développer la Grande-Bretagne, des marchés à fort potentiel.
Dernière nouveauté : ses produits sont désormais garantis dix ans. L’entreprise propose aussi la réparation, qu’elle finance à 50 % et sous-traite à l’atelier Goodloop à Lyon.
Les ponchos fun d’After Essentials

Des ponchos de plage, de pluie et d’intérieur (pour “cocooning”) au look tendance, tel est le credo d’After Essentials, marque créée par Guillaume Marage (photo), également à la tête de la société de distribution Sample N’Co (15 marques, dont Black Crows, Dakine, F-One, Catch Surf…), à Annecy-le-Vieux.
Il conçoit ses ponchos avec la collaboration de stylistes extérieurs et les fait fabriquer (en polyester recyclé et coton) en Turquie, en Chine et au Vietnam. « Environ 70 % de la gamme sont reconduits d’une année sur l’autre, pour éviter la surproduction », explique le dirigeant. Pour l’heure, la marque propose six modèles (150 références), qu’elle distribue dans près de 500 magasins de sport spécialisés, de surf et de cycle, en France et en Europe (15 pays). En 2024, After Essentials a vendu 35 000 ponchos, dont 85 % de plage.
Avec le lancement, il y a deux ans, des ponchos de pluie et d’intérieur, Guillaume Marage espère équilibrer davantage ses ventes. Bien décidé à accélérer, notamment à l’export, il prévoit de lever 1 M€ fin 2025. Son chiffre d’affaires de 750 000 € (4 M€ pour Sample N’Co) devrait atteindre 6 M€ d’ici 2028. « Cela passera aussi par la création d‘une identité de marque, pour gagner en notoriété. »
Pantoufles et moufles à fleur de peau

C’est en 2013 que Maël Zaffran (photo), professeur de musique, décide de se reconvertir dans la fabrication de chaussons, semelles et moufles en peau de mouton exclusivement. Autodidacte, il se forme au patronage et crée Peaux et pantoufles (Zaf), à Notre-Dame-de-Bellecombe, en Savoie, où il a son atelier (en Normandie aussi) et une boutique attenante.
Le jeune artisan confectionne aussi des modèles sur mesure, à partir de peaux qu’il sélectionne dans une tannerie près de Toulouse. Une production 100 % locale qu’il entend valoriser (il a d’ailleurs participé au salon du Made in France).
En 2024, la TPE (1,5 salarié) a généré 130 000 € HT de revenus, dont 30 % de négoce (peaux de vache et de mouton, tapis et charentaises) pour compléter son offre. Les semelles représentent le gros des ventes (3 000 pièces par an), suivies des chaussons (environ 2 000) et des moufles.
Maël Zaffran, qui a également une boutique à Megève, envisage de recruter prochainement pour produire davantage et doubler son réseau à 50 distributeurs (boutiques et magasins de sport), d’ici fin 2025. « Je vise, dans un premier temps, les stations dans les Alpes », ambitionne le créateur.
Reportage et photos : Patricia Rey








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