Mountain Change Makers, média digital lancé il y a un an par Montagne TV, se positionne aussi comme un « laboratoire d’actions » qui « fédère à ce jour plus de 60 grands acteurs des territoires de montagne »*. A ce titre, il signe une tribune sur les JO 2030, publiée par Les Echos le 17 février.
Le président du comité d’organisation des jeux olympiques (Cojo) des JO 2030 dans les Alpes françaises à peine nommé – en l’occurrence Edgard Grospiron, consultant et champion olympique de ski de bosses en 1992 -, le média numérique Mountain Change Makers, qui se présente aussi comme un « laboratoire d’actions », dégaine avec la publication d’une tribune et l’annonce d’un Livre Blanc pour cet automne.
« À cinq ans des JO, il est urgent de mener une réflexion collective afin de préparer des jeux ambitieux », alerte Laurent Surbeck, cofondateur de Mountain Change Makers et président de Montagne TV.

Dans sa tribune, Mountain Change Makers « demande à la classe politique de tirer parti de l’événement pour penser l’économie et la cohésion sociale alpine de demain. » Avec la volonté affichée de «mettre en place une organisation qui tienne compte des enjeux du réchauffement climatique et laisse un héritage durable pour les territoires de montagne», poursuit son cofondateur.
« Nous appelons à la mobilisation de tous : collectivités territoriales, élus, associations, entreprises et citoyens afin de saisir cette opportunité unique de transformer les Alpes françaises en un modèle robuste et innovant », engage Laurent Surbeck, au nom de Mountain Change Makers, qu’il a cocréé avec Benoît Fritsch (directeur général de Montagne TV et spécialiste du marketing sportif) et Bruno Cercley (ex-dirigeant de Rossignol). L’idée est aussi « de renforcer le lien vital entre les habitants et leur territoire, afin de répondre aux défis majeurs de la transition en montagne ».
Répondre aux défis de la transition
« Si le plan Neige des années 1960 a permis de développer et de pérenniser (du moins, pendant quelques décennies) la vie dans les territoires, aujourd’hui le modèle doit évoluer en trouvant l’équilibre nécessaire entre les différentes activités touristiques, sportives, éducatives, culturelles, industrielles et agricoles », commente Laurent Surbeck.
Pour MCM et son porte-parole, « l’impact ne se limite pas aux sports d’hiver et au tourisme, même si le ski continuera, dans les années à venir, de jouer un rôle important dans les stations de haute altitude« . Mountain Change Makers se mobilise alors pour jeter les bases « d’un nouveau pacte territorial des montagnes, via un espace de dialogue et de co-construction avec les parties prenantes pour transformer le territoire et maintenir son attractivité ».
« Ces JO offrent l’opportunité de mener des politiques publiques et ambitieuses pour renforcer la cohésion sociale, notamment entre les habitants et les visiteurs », assure Laurent Surbeck.
Avec cette tribune et surtout son prochain Livre Blanc, Mountain Change Makers entend mettre en avant cinq priorités :
- « redéfinir un modèle économique pérenne pour continuer à vivre bien en montagne dans un écosystème diversifié et respectueux de l’environnement »
- « développer une mobilité écoresponsable en investissant dans des solutions innovantes et adaptées » (sachant que le transport représente 57 % des émissions de CO2 des stations)
- « favoriser l’inclusion et l’accessibilité pour rendre la montagne accessible à tous en repensant l’offre immobilière et en encourageant les pratiques sportives et culturelles »
- « protéger et préserver la biodiversité en intégrant systématiquement la nature et le vivant«
- « garantir un héritage tangible pour repenser la montagne comme une destination touristique majeure et un territoire à vivre à l’année«

Définir des groupes de travail
Dans cette quête, Mountain Change Makers, accompagné par le cabinet de conseil en lobbying APC (Affaires Publiques Consultants), constituera, fin février, plusieurs groupes de travail pour trouver d’ici la fin de l’été « les meilleures recommandations pour l’avenir ». Ce livre Blanc devrait paraître à l’automne 2025.
*Le site de la structure propose essentiellement du contenu vidéo. La page www.mountainchangemakers.com/page/membres-fondateurs liste près d’une cinquantaine de « membres fondateurs et engagés », sans donner de précision sur le niveau et le type d’engagement, ni le mode de fonctionnement de ce « laboratoire d’actions ».
Patricia Rey
Photo Une : station de Val d’Isère – crédit Val d’Isère Tourisme
Une tribune qui en rappelle une autre
L’initiative de Mountain Change Makers a suscité des discussions sur les réseaux sociaux. Parallèlement, d’anciens athlètes s’expriment, eux aussi, dans les médias, sur les JO et le réchauffement climatique.
En outre, le jour ou Les Echos publiaient la tribune de MCM, la ministre des Sports Marie Barsacq annonçait de son côté, à nos confrères de La Provence, que pour « respecter le principe de sobriété et le principe de respect de l’environnement » la carte des sites d’organisation des épreuves des JOP 2030 allait devoir être « remise à plat ». Ce qui devrait être une des première tâches à laquelle le nouveau Cojo, présidé par le Haut-savoyard Edgard Grospiron, devrait s’atteler.
Enfin, la publication de cette tribune intervient quasiment un an jour pour jour (c’était le 12 février) après le recadrage d’Outdoor Sports Valley par la Région (lire Eco du 16 février 2024). Le cluster, qui rassemble les équipementiers de la personne pour les sports de nature, avait été l’un des éphémères co-signataires d’une autre tribune, plus exigeante, en faveur de JO « compatibles avec le respect des limites planétaires et bénéfiques aux territoires et à leurs populations ».
Furieuse, la Région avait menacé de lui couper ses subventions (0,6 M€ sur 1,7 M€ de budget total pour le cluster). OSV avait alors illico rétropédalé, plaidant « une maladresse ». Et avait apporté son « soutien plein et entier » à la candidature française pour les JO 2030 portée par les Régions Aura et Paca. Un épisode qu’auront certainement en tête les rédacteurs du Livre Blanc de Mountain Change Makers, sachant que des adhérents d’OSV figurent parmi les membres fondateurs de MCM.
par Eric Renevier









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