Œufs et volailles Pays de Savoie : une marque bien pondue

par | 19 Fév 2026

Le Groupement des producteurs de volailles et d’œufs des Savoie a lancé sa marque 100 % locale dans une conjoncture très favorable.

Le Groupement des producteurs de volailles et d’œufs des Savoie (GPVO) a beau être un poids plume de l’agriculture de nos départements avec ses vingt-cinq adhérents, il entend cependant solidifier son nid et défendre bec et ongles ses intérêts. D’où le lancement, fin janvier, d’une marque propre estampillée Pays de Savoie, s’appliquant tant aux œufs qu’aux volailles de chair.

« Cela faisait un an que nous travaillions sur ce sujet, explique Julie Bonfils, secrétaire du groupement. Nous avons créé cette marque pour mettre en avant nos œufs et nos volailles qui sont produits exclusivement en Savoie et en Haute-Savoie, dans des élevages indépendants où les animaux évoluent en plein air. » Une garantie d’origine locale pour le consommateur et une façon de se protéger pour les éleveurs.

Ces derniers ont en effet été confrontés, ces dernières années, à des importations d’œufs venant d’Ukraine ou d’Espagne par exemple. « A un moment donné, indique-t-elle, des poulets estampillés de la croix de Savoie se sont même retrouvés à la vente alors qu’ils ne venaient pas de chez nous ! »

La vingtaine de producteurs d’œufs et les cinq éleveurs de volailles de chair de l’association ont donc élaboré deux cahiers des charges – un pour les œufs, l’autre pour les volailles – qui encadrent désormais la marque « Œufs et volailles Pays de Savoie ».

Y sont mentionnées des règles concernant, entre autres, le mode d’élevage (excluant ceux en intégration), les limites géographiques (Savoie et Haute-Savoie uniquement), la densité des élevages (10 000 poules par exploitation maximum pour les œufs, à raison de 9 poules par m2 dans les bâtiments et d’un parcours extérieur de 4 m2 par animal), l’alimentation, etc.

Le cahier des charges comprend, entre autres, des obligations en matière de bien-être animal. Copyright : Cécile Bouchayer

De quoi mettre en valeur le travail de ces agriculteurs qui ne représentent qu’un quart du total des éleveurs de volailles et des producteurs d’œufs des deux départements. Beaucoup d’autres sont en effet affiliés à une coopérative ou à un agroindustriel à qui ils vendent leurs produits.

« A notre échelle, nous estimons couvrir 5 % seulement de la consommation d’œufs dans les deux départements », précise cette éleveuse de La Motte-Servolex.  Les élevages adhérant au GPVO, qui vont d’une centaine de poules à 6 000 environ, sont tous indépendants et réalisent eux-mêmes la commercialisation en circuits courts, dans un rayon de 80 km au maximum. « En général, nous vendons une partie en direct, à la ferme ou sur les marchés, et une autre partie aux supermarchés locaux, magasins spécialisés, bouchers, boulangers, glaciers, etc. »

Portés par une conjoncture favorable qui a mis l’œuf et la viande de poulet dans les favoris des paniers des consommateurs, les aviculteurs surfent sur la vague sans toutefois pouvoir produire plus, à cheptel équivalent, malgré les demandes répétées de leurs donneurs d’ordres. « Il y a de la place pour d’autres candidats ! » conclut-elle.

Le groupement, lieu d’échange et de soutien

Créé en 2018 et présidé par Aline Dimier, productrice de volailles de chair à La Biolle, le GPVO a pour mission d’aider les porteurs de projets et de favoriser les discussions entre adhérents. Les nouvelles installations sont en effet souvent confrontées aux craintes du voisinage en termes de nuisances olfactives et sonores.

Les adhérents échangent par ailleurs sur leurs pratiques peuvent s’entraider en cas de difficultés. La création de la marque est sa première action emblématique.

A La Motte-Servolex, Julie Bonfils arrive facilement à vendre 18 000 œufs bio par semaine avec ses 3 000 poules. Copyright : Cécile Bouchayer

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