Les catastrophes naturelles coûtent cher à la Savoie

par | 9 Avr 2026

Les fonds exceptionnels débloqués pour l’entretien des routes de la Savoie atteignent des sommetsces dernières années, passant de 5,5M€ en 2016  à 35 M€ en 2023-2024. Intempéries, crues, éboulements, infiltrations, gel et brusques redoux mettent à mal les infrastructures…

Pour le département de la Savoie, les conséquences économiques imputables aux phénomènes météorologiques extrêmes se font particulièrement ressentir depuis trois ans… Le service infrastructures est confronté à une accélération de la dégradation des chaussées et une altération des ouvrages. La facture explose, atteignant un pic en 2024.

35 M€ pour la seule année 2024

«  L’impact financier a été conséquent, explique Olivier Thévenet, vice-président du conseil départemental de la Savoie en charge des infrastructures, avec près de 35 M€ dépensés pour faire face à des événements climatiques imprévus, impliquant une mobilisation exceptionnelle des agents et de nos partenaires  ».

Parmi les événements les plus récents, l’éboulement de la falaise de La Praz et plusieurs crues provoquées par des épisodes pluvieux intenses. «  Le fonds “risques naturels et avalancheux” et le fonds d’intervention d’urgence ont été mobilisés à hauteur de 26,90 M€ en 2024 (12 M€ en 2023 et en 2025) alors qu’en 2016, l’enveloppe s’élevait à 5,5 M€  », retrace Olivier Thévenet.

Quant au budget global «  routes  » voté au BP 2026, il se monte à 72 M€ dont 16 M€ de fonctionnement. Le montant des investissements est estimé à 56 M€. Les grands postes concernent les ouvrages d’art pour 10 M€ ; 10,5 M€ de fonds «  risques naturels  » et interventions d’urgence ; 15 M€ pour la chaussée et 5,5 M€ pour le matériel.

Sur le long terme, le financement des impondérables climatiques reste une énigme pour l’exécutif départemental : «  En 2022, les droits de mutation à titre onéreux (1) (DMTO) avaient été avantageux pour le Département : nous avions pu constituer une réserve de 60 M€, détaille Olivier Thévenet, cela nous permet une reprise sur provision de 15 M€ par an jusqu’en 2028. La question se pose de savoir ce qu’il en sera après cette date…  ».

En attendant, l’heure est à l’anticipation et à la prévention. Désormais, des dispositifs de drainage et d’assainissement ou encore la stabilisation des accotements et des falaises sont privilégiés, bien que coûteux. De même, le génie végétal s’impose comme une science efficace pour le maintien et la stabilité des talus.

Un outil d’aide à la décision

Le Département prend ainsi le parti de dépenser plus pour pérenniser ses routes, comme l’explique le vice-président : «  L’eau est notre principale ennemie, nous devons éviter qu’elle ne stagne sous le tapis d’enrobé : le procédé d’assainissement est onéreux mais nous espérons en récolter les fruits dans la durée  ».

En parallèle, de nouveaux modes constructifs font leur apparition. Une attention particulière est apportée aux ponts, malmenés par des crues soudaines qui fragilisent les structures. «  Le pont de Bramant, par exemple, a été construit sans piles dans la rivière : il est beaucoup plus massif, ce qui engendre des coûts supplémentaires, mais cet ouvrage devrait être plus résistant  ».

Enfin, pour élaborer les meilleurs scénarios en cas de catastrophe naturelle, le conseil départemental de la Savoie, réunit en session plénière ce jeudi 2 avril, a validé la mise en place d’une nouvelle gouvernance. «  Il s’agit d’un outil d’aide à la décision, fondé sur une analyse multicritère qualitative, explique Olivier Thévenet : il permettra d’étudier toutes les options envisageables selon la nature de l’infrastructure endommagée et aussi, de délivrer un message clair et motivé aux citoyens et aux élus concernés  ».

«  L’impact financier a été conséquent, explique Olivier Thévenet, vice-président du conseil départemental de la Savoie en charge des infrastructures, avec près de 35 M€ dépensés pour faire face à des événements climatiques imprévus, impliquant une mobilisation exceptionnelle des agents et de nos partenaires  ».

(1) Taxe perçue par les Départements, l’État et les communes sur les transactions immobilières. Le taux appliqué par le conseil départemental de la Savoie s’élève à 5 %.Cette taxe est incluse dans les frais de notaires au moment de l’achat d’un bien.


Leïla Oufkir
Photo à la une : Département de la Savoie.

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