L’industrie, la santé, le commerce et la construction concentrent l’essentiel des besoins, dans un contexte toujours sous tension.
« On s’est dit collectivement qu’on avait un sujet d’intérêt : donner à voir la situation sur les métiers en tension et les besoins de recrutement », indique Cécile Gall, directrice départementale de France Travail, en ouverture de la présentation de l’enquête annuelle Besoins en main-d’œuvre (BMO).
Réalisée chaque année, cette enquête a été adressée à 14 500 entreprises dans l’Ain. Avec 3 735 retours, soit un taux de participation de 26 %, les résultats offrent une photographie jugée fiable. « C’est un très bon niveau de réponse pour ce type d’enquête », souligne Olivier Paternoster, directeur départemental de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS).
Cet outil d’analyse précieux permet d’identifier les secteurs en tension et d’adapter les politiques d’accompagnement. Pour 2026, 13 500 projets de recrutement ont été recensés dans le département. Un volume en légère baisse par rapport aux années précédentes, mais qui reste significatif dans un territoire économiquement dynamique. « Nous ne sommes pas dans une situation spécifique à l’Ain : la tendance est également à la baisse aux niveaux régional et national », précise Cécile Gall.
Marché sous tension
Le département conserve néanmoins des indicateurs solides, avec un taux de chômage autour de 5,7 %, bien inférieur à la moyenne nationale. Cette situation révèle un paradoxe : un marché du travail actif, mais confronté à des difficultés de recrutement. « Les besoins ne s’arrêtent jamais », rappelle Olivier Paternoster.
Derrière les chiffres, se dessine une demande d’emploi marquée par des publics plus éloignés du marché du travail. Seniors, jeunes ou personnes en situation de handicap représentent une part importante des demandeurs. « Les entreprises doivent aujourd’hui réfléchir à d’autres façons de recruter et s’ouvrir à de nouveaux profils », observe Cécile Gall. L’enquête BMO permet précisément d’anticiper ces enjeux.
En identifiant les intentions d’embauche, le caractère saisonnier des activités ou les difficultés de recrutement, elle sert de base aux actions menées sur le terrain : formations, reconversions, accompagnement individualisé. Elle alimente également la réflexion sur l’attractivité des métiers, notamment dans les secteurs où les postes restent durablement vacants.
Les principaux secteurs
Parmi les principaux recrutements attendus en 2026, l’industrie manufacturière représente 16 % des intentions d’embauche dans l’Ain. Suivent la santé et l’action sociale (14 %), notamment au travers des métiers d’infirmier, sage-femme, aide-soignant, ainsi que le commerce (14 %). L’hôtellerie-restauration et la construction comptent chacune pour 9 %, tout comme l’agriculture et les industries agroalimentaires, tandis que les services aux entreprises atteignent 7 %. Des secteurs structurants, mais également confrontés à des tensions persistantes.
Au-delà de ces activités traditionnelles, les métiers émergents liés à la transition écologique et au numérique prennent une place croissante. France Travail s’est ainsi doté d’une équipe dédiée, baptisée Avenir Vert, chargée d’accompagner ces évolutions. « Nous sommes sur un territoire agile, capable de s’adapter et d’innover », souligne Cécile Gall.
Face à ces enjeux, les acteurs du réseau pour l’emploi appellent à renforcer les coopérations. « Il faut faire confiance au réseau pour l’emploi. Nous sommes capables d’apporter des solutions et d’innover », insiste Olivier Paternoster. Un message également adressé aux entreprises, invitées à se rapprocher des partenaires pour mieux qualifier leurs besoins et expérimenter de nouvelles formes de recrutement. Dans un contexte de transformation du marché du travail, l’objectif reste clair : rapprocher durablement l’offre et la demande, en tenant compte des spécificités du territoire et des évolutions des métiers.
Carole Muet








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