La direction de Somfy, leader mondial de la domotique basé à Cluses, fait savoir, ce lundi, qu’un accord a été signé avec les syndicats pour accompagner les salariés dans le cadre du plan de sauvegarde de l’emploi annoncé fin janvier.
« Après quatre mois d‘âpres négociations, la direction et notre intersyndicale CFE-CGC, CFDT et CFTC sommes parvenues, le 17 juin, à la signature d’un accord sur les mesures d’accompagnement du plan de sauvegarde de l’emploi (PSE). Comme dans toute tractation, chacune des parties a dû faire des concessions », indique, satisfait, Mickaël Bigey, représentant CFDT et membre du CSE de Somfy.
Cet accord unanime, jugé significatif et positif, intervient après l’annonce officielle par Somfy d’un projet de restructuration, le 27 janvier dernier. Reste à la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS) à le valider. Selon les derniers chiffres avancés par Somfy, 330 emplois nets seront supprimés principalement sur le site de Cluses et dans les secteurs de la R&D, du marketing et de la qualité… au lieu des 350 évoqués au départ en France, la direction ayant renoncé à la suppression d’une vingtaine de postes.
Privilégier les reclassements et les départs volontaires
« Nous avons réussi à converger et à aboutir à un accord équilibré – ce qui est important pour nous -, amenant plus de sérénité pour mettre en œuvre ce plan », se félicite, de son côté, Sébastien Picot, directeur général de Somfy, dans une interview accordée à Eco.

Les quatre objectifs fixés, de part et d’autre, ont été atteints. À commencer par l’accompagnement des salariés volontaires et contraints en favorisant les reclassements internes « avec 210 postes ouverts (un chiffre amené à évoluer), dont 100 en création et 110 vacants », tient à souligner la direction. Ainsi, 144 collaborateurs se verront proposer une modification de leur contrat de travail.
Pour les autres reclassés en externe, le groupe activera plusieurs dispositifs visant à allonger la durée du congé d’accompagnement jusqu’à 24 mois pour les projets de formation longue ou de reconversion. « Ceux qui retrouveront un emploi durable dans les huit premiers mois percevront 60 % du restant du congé de reclassement sous forme de complément d’indemnité supralégale », fait valoir Sébastien Picot. Un volet capital sur lequel les partenaires sociaux, qui réclamaient un renforcement des mesures proposées, n’ont pas voulu transiger.
Par ailleurs, et pour encourager les départs volontaires, le volontariat de substitution est mis en place, permettant ainsi à des salariés non concernés de remplacer des collègues désignés, dès lors qu’ils répondent à un certain nombre de critères.
Parmi les autres axes de discussion majeurs, figure également la protection des publics plus exposés, en fin de carrière ou « fragilisés » (parent isolé, travailleurs présentant un handicap…), qui bénéficieront de mécanismes spécifiques comme le congé de reclassement allongé, les aides à la formation revalorisées… À titre d’exemple, une personne fragilisée ou ayant plus de 50 ans aura droit à un congé de reclassement de 14 mois.
Enfin, dernière mesure, la revalorisation significative de l’indemnité supralégale (non plafonnée) avec un forfait attribué selon l’âge et un coefficient d’ancienneté exprimé en mois de salaire. Sous la pression des syndicats, son montant a quasi triplé (x 2,7) au regard de la proposition faite par la direction.
Quatre vagues de licenciements
L’accord, s’il marque la fin des négociations, ne constitue qu’une étape. Après validation par la DDETS, s’ensuivra une information individuelle aux salariés concernés. La période de volontariat, elle, durera jusqu’au 2 octobre. Quant aux licenciements, ils s’étaleront sur un peu plus d’un an en quatre vagues, à compter de novembre 2026 (50 % de l’effectif, selon l’intersyndicale) jusqu’à fin 2027.
Pour Sébastien Picot, « l’entreprise a mis les moyens sur la table (le chiffrage non communiqué dépendra des modalités, NDLR) pour couvrir toutes les situations le plus humainement possible et dans l’intérêt des salariés et du groupe ».
Alors que sa compétitivité s’est dégradée, Somfy doit se projeter dans une trajectoire de croissance. Une réalité que ne contestent pas les syndicats, qui auraient préféré « que d’autres leviers soient actionnés dans un premier temps plutôt que de supprimer des postes à grande échelle », pointe le représentant de la CFDT.
« Notre volonté est d’investir dans un plan stratégique sur le long terme, sans avoir à revenir sur un autre PSE (le premier engagé par le groupe dans toute son histoire) en nous déployant à l’international (aux États-Unis et en Inde) et sur de nouveaux marchés à fort potentiel comme les bâtiments collectifs (écoles, hôpitaux, bureaux…) », conclut le directeur général de Somfy.
Fin avril, le groupe avait fait état d’un chiffre d’affaires 2025 de 1,54 milliard d’euros et d’une marge brute (Ebitda) en baisse de 2,6 %, sans communiquer son résultat net. Il anticipe une évolution contenue en 2026.
Patricia Rey
(mise à jour le 24 juin)








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