Le Festival et le Marché international du film d’animation (Mifa) d’Annecy ont franchi cette année le cap des 19 000 accrédités, issus de près de 120 pays (118 très précisément, stable par rapport à 2025). Une preuve supplémentaire de l’engouement mondial que suscite ce double événement, à la fois artistique et économique, qui génère d’importantes retombés directes et indirectes pour le territoire.
En complément de l’article paru dans ECO Savoie Mont Blanc daté du 26 juin 2026, retrouvez ci-dessous la vision du Mifa (et plus largement du double événement Festival/Marché) de trois exposants, interrogés au fil de notre pérégrination sur le grand marché du film, mercredi 24 juin.
« Être ici nous permet d’accroitre le nombre de coproductions »
Mise à l’honneur pour son talent et sa richesse artistique lors de l’édition 2024, l’animation portugaise n’est pas pour autant extrêmement développée du point de vue économique.
Présente avec un stand sur le Mifa depuis trois ans, l’association de tutelle de la filière, “Portuguese animation”, évoque 25 studios et 500 emplois environs. « Mais la filière est en plein essor, notamment grâce aux formations qui se développent », souligne Letícia Mello, productrice et porte-parole du jour sur le stand commun.
« Annecy est un rendez-vous important pour nous, c’est l’occasion de développer des contacts et d’accroitre le nombre de coproductions pour nos studios. C’est un très grand événement, international qui nous permet aussi de mieux faire connaître nos projets »

Creative Europe Media : un lieu de rencontre et de découverte
Même son de cloche sur le stand de Creative Europe Media, financé par la commission européenne. L’espace de 120 m² est dédié aux professionnels indépendants et petites structures de l’UE… et hors de l’UE aussi, pour certaines.
Le programme “Creative Media” est en effet accessible à des pays de l’Europe géographique mais non membre de l’UE : candidats à l’adhésion (comme l’Ukraine, l’Albanie, la Moldavie, la Géorgie et plusieurs pays de l’ex-Yougoslavie), membres de l’Espace économique européen (Norvège, Islande, Lichtenstein) et même des « pays voisins » comme l’Arménie ou la Tunisie.
Cette année, l’UE a retenu 91 candidatures, dont une bonne moitié de “nouveaux” qui n’ont jamais assisté au Festival/Mifa auparavant. Forcément, les 20 tables disponibles sont prises d’assaut, il faut réserver ses créneaux à l’avance et – comme dans le reste du Mifa, d’ailleurs – le Français n’est pas le plus parlée lors des rencontres et d’une table à l’autre les langues varient, nouvelle preuve du caractère vraiment très international du rendez-vous.

« Il faut être lucide : on ne va pas pouvoir remettre le génie IA dans la lampe : il est sorti et il va falloir faire avec. »
Jean-Raymond Lemieux, Toon Boom
Et l’IA, dans tout ça ?
L’intelligence artificielle n’est pas une découverte 2026 pour le monde de l’animation pas plus que pour les autres secteurs. Mais (c’est au moins un ressenti personnel) l’IA semble cette année une composante clairement prise en compte, à tous les niveaux.
Et c’est Jean-Raymond Lemieux, de Toon Boom, société québécoise de logiciels dédiés aux professionnels de l’animation [voire aussi son interview dans l’article paru dans ECO Savoie Mont Blanc daté du 26 juin 2026, versions papier et liseuse en ligne], qui résume le mieux la manière dont les professionnel observent les récentes avancées technologiques.
« Nous [Toon Boom] avons toujours été en première ligne pour aider les artistes. Des évolutions technologiques, il y en a depuis toujours alors bien sûr l’IA est une “bête” un peu différente et qui génère des inquiétudes. Mais il faut être lucide : on ne va pas pouvoir remettre le génie dans la lampe : il est sorti et il va falloir faire avec. »
Comment alors trouver la bonne position ? « Notre position c’est de dire que les créatifs doivent garder la main : nos logiciels permettent d’automatiser certaines tâches répétitives et à faible valeur ajoutée mais l’utilisateur peut toujours définir le niveau d’aide qu’il souhaite, y compris zéro. »
Pouvoir prendre les bons côtés de l’IA mais sans y être contraints : une situation idéale qui pourrait ne rester qu’un voeux pieux, sacrifié sur l’autel des intérêts divergents entre salariés et producteurs, créateurs et financeurs. Dans cette entre-deux, Toon Boom met aussi en avant son éthique : « Nos clients restent propriétaires à 100% de leurs données et nos IA ne sont pas entraînées sur ces données clients », conclut le responsable produit.

Des retombées importantes pour Annecy
Un rendez-vous international de cette ampleur a forcément des retombées importantes pour la ville et plus largement le bassin annécien: plusieurs de nos interlocuteurs nous ont indiqué loger entre Talloires et Sévrier, sur les bords du lac, le meublé (type Airbnb) faisant largement concurrences aux hébergements classiques type hôtels ou gites.
La dernière étude d’impact diligentée par Citia, l’établissement public qui organise l’événement (et gère la nouvelle Cité international de l’animation), sur la base de l’édition 2025, mentionnait 24,5 M€ de retombées directes et même 32,6 M€ d’impact économique global, en incluant les impacts secondaires pour la méthodologie de calcul des retombées, qui n’est pas propre au Festival/Mifa, se référer à la page 7 des résultats complets).
Sans parler des plus de 2 300 retombées médias (équivalent à 27,9 M€ en “équivalent d’achat d’espaces publicitaires”) en presse écrite, audiovisuel ou en “pur web” issues du travail des 400 journalistes accrédités dont une moitié de non-Français. Ni des retombées no-mesurables : notoriété et séjours secondaires de festivaliers qui prolongent leur séjour avant ou après l’événement ou reviennent à une autre période, conquis par la beauté des lieux, magnifiée lors des deux dernières édition par un soleil radieux.








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