Pendant un mois, cinq entreprises artisanales de l’agglomération aixoise ont expérimenté gratuitement le vélo-cargo électrique. Une alternative saluée par les participants qui restent toutefois dubitatifs face au prix d’achat.
Pendant un mois, cinq artisans aux activités très différentes ont testé gratuitement le vélo-cargo électrique dans leur quotidien professionnel. L’objectif consistait à évaluer les atouts et les limites de cette solution de mobilité. Née à Grenoble il y a près de cinq ans au sein de la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) Isère, cette initiative a essaimé en pays de Savoie l’année dernière, sur les territoires de la Vallée de l’Arve et de Grand Lac.
Dans l’agglomération aixoise, la deuxième édition vient de s’achever. Cinq artisans volontaires ont ainsi bénéficié, pendant un mois, d’un vélo-cargo électrique adapté à leur activité, tant en matière d’autonomie de la batterie que de capacité de chargement.
« Nous bénéficions d’un financement de l’Ademe dont une partie est consacrée à l’opération vélos-cargos soit environ 800 € par artisan volontaire », explique Nicolas Chaton. Le chargé de mission environnement à la CMA 73 trouve un intérêt structurel à cette opération qui dépasse le simple prêt de matériel : « La CMA s’inspire des retours d’expérience pour enrichir sa capacité à conseiller d’autres artisans sur des problématiques de mobilité », affirme-t-il.
Les vélos mis à disposition ont été fournis par deux entreprises lyonnaises spécialisées. « Nous avons choisi des prestataires lyonnais, Jhog et ADDbike, pour leur savoir-faire sur le vélo-cargo professionnel ; ces derniers sont différents de ceux conçus pour promener les enfants le week-end », précise Nicolas Chaton.
Les limites du vélo-cargo
L’essai a été concluant pour Juliette Martin, cogérante de la Distillerie Aprilis au Bourget-du-Lac, qui transportait ses boissons : « Tous les clients que j’ai livrés étaient enthousiastes : ce mode de transport bénéficie d’un énorme capital sympathie ; le fait d’effectuer des livraisons plus écologiques est toujours très bien perçu. » Même satisfaction du côté d’Alexandra Barret, 41 ans, qui exerce ses activités de brocante et de tufting (réalisation de tapis) à La Manufacture du réemploi, à Chambéry. « Au quotidien, ce vélo était super pour tous mes trajets entre mon domicile et l’atelier mais aussi pour mes achats dans l’agglomération. »
L’expérience a toutefois mis en évidence certaines limites. Alexandra Barret émet quelques réserves quant aux capacités de chargement : « Sur mes deux activités, brocante et tufting, le volume de charge était insuffisant donc j’ai souvent dû prendre la voiture. » Même constat pour Juliette Martin concernant ses nouveaux fûts de cocktails à la pression. Avec un poids de 25 kg, ces contenants restent difficiles à livrer à vélo-cargo.
Si les deux entrepreneuses saluent le précieux gain de temps dû à l’évitement des embouteillages ainsi que la facilité de stationnement, elles ne passeront pas commande. « Le point bloquant, c’est l’aspect financier, le prix est encore trop important… il faut être sûr de pouvoir l’amortir », regrettent-elles.
Un marché encore confidentiel
Partenaire de l’opération, Julien Curtet, responsable commercial chez Jhog Lyon, en convient : « Selon le modèle, les accessoires mais aussi la puissance du moteur électrique, le budget peut varier entre 5 000 et 10 000 € », déplore-t-il. À Grenoble et à Lyon, les collectivités accordent jusqu’à 3 000 € d’aides à l’achat, complétées par 2 000 € de la CMA. Une situation qui contraste avec celle de Grand Lac « où le taux de conversion reste très faible », reconnaît Julien Curtet.
En France, seulement 3 000 vélos-cargos professionnels sont vendus chaque année, contre 100 000 en Allemagne. « C’est famélique ! », s’exclame le spécialiste.








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