Organisée le 9 juin à Annecy, par In Extenso Tourisme, Culture et Hôtellerie, la conférence sur l’hôtellerie de montagne a permis aux professionnels présents d’échanger sur l’hiver écoulé et sur les perspectives du secteur à l’approche des JO d’hiver 2030.
Alors que le parc hôtelier est resté relativement stable dans les Alpes du Nord ces dix dernières années, toutefois marqué par une montée en gamme et une demande toujours croissante, il devrait considérablement se développer d’ici 2030. La raison à cela ? l’organisation des jeux olympiques d’hiver. À cet horizon, In Extenso Tourisme Culture et Hôtellerie (TCH, 40 collaborateurs en France), leader dans le conseil, identifie pas moins de 67 projets actifs dans les stations alpines, dont 36 projets hôteliers et 31 para-hôteliers. Soit la création de 4 900 chambres et appartements, parmi lesquels 2 800 en hôtellerie, répartis à parts égales sur le segment haut de gamme/luxe et le moyen de gamme.
« Ne sont pris en compte que les permis de construire déposés », tient à souligner Olivier Petit, directeur général d’In Extenso TCH.

Sans surprise, figurent en tête les grandes stations savoyardes, à l’instar de Courchevel et Les Belleville, suivies de Val d’Isère, Tignes, La Plagne… ou encore Praz-sur-Arly, « avec des polarités dans les grandes vallées comme en Tarentaise et en Maurienne, où de nouvelles enseignes devraient faire leur apparition », ajoute-t-il.

Quant aux programmes para-hôteliers, le scénario se répète. En effet, 70 % des résidences à venir (notamment à Tignes et Courchevel) sont positionnées milieu de gamme et 26 % haut de gamme.
« Cette dynamique confirme l’attractivité de la montagne, dans un contexte où les jeux olympiques 2030 vont renforcer la visibilité de ces destinations », commente le directeur, qui voit là une opportunité pour le secteur de se réinventer et de construire un nouveau modèle plus vertueux.
Premiumisation « oblige » – et c’est une tendance de fond depuis dix ans -, les hôtels haut de gamme et luxe représentent aujourd’hui 27 % de l’offre, contre 19 % en 2015, quand les résidences haut de gamme pèsent quasiment trois fois plus pour atteindre 15 %.
Des défis à relever
En termes de fréquentation, l’hiver 2026 s’inscrit dans la continuité de 2025, affichant de belles performances dans l’hôtellerie de montagne. Cette dernière décennie, les taux de remplissage ont progressé de 5,5 points et les volumes de nuitées de près de 20 % dans les Alpes du Nord, selon In Extenso TCH, qui s’appuie sur les statistiques de G2A. Le segment 4 étoiles se distingue avec des niveaux élevés, tandis que l’entrée de gamme et le très haut de gamme sont stables.
Néanmoins, les acteurs sur ce marché devront faire face à de nombreux défis, à commencer par l’enneigement incertain lié au changement climatique. À cela s’ajoutent la raréfaction du foncier, l’accueil des saisonniers, la hausse des coûts de développement et d’exploitation et la transition vers des modèles plus durables.


Patricia Rey
Photo Une : Un hôtel de luxe avec résidences privées, signé One&Only, ouvrira sur le site de l’ancien hôtel Courcheneige à Courchevel 1850, en 2030 – crédit One&Only








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