Le premier à avoir tiré fut Bernard Tapis qui, en décembre 2012, reprochait déjà à Arnaud Montebourg d’être intervenu pour tenter de l’empêcher de racheter la Provence, le célèbre quotidien Marseillais.
On se souvient ensuite de la sortie de notre vaillant ministre du redressement productif à propos de la tentative de prise de contrôle de la société américaine Yahoo sur le français Dailymotion. Se refusant à voir partir à l’étranger un savoir-faire national, notre grand défenseur du « fabriqué en France » avait alors divisé la classe politique par son ingérence dans le dossier. Certains, dans l’opposition comme dans la majorité, lui reprochant d’empêcher l’entreprise de se développer selon ses choix, d’autres soutenant sa volonté de protection de capitaux et d’innovations hexagonaux. Finalement, l’affaire avortera bien, mais la question restera ouverte : l’Etat a t-il le droit de peser sur la décision d’une entreprise de céder tout ou partie de son capital ?
Une récidive a récemment remis la problématique à l’ordre du jour. La mise en vente du réseau de téléphonie mobile SFR a de nouveau fait sortir le ministre du bois, pour chercher à privilégier l’offre de Bouygues sur celle de Numéricable (détenue par la société hollandaise Altice). Pourtant cette dernière semblait alors offrir des garanties de financement, mais aussi de maintien des emplois, au moins égales à celles de son concurrent. On peut donc légitimement s’interroger sur la véritable motivation de M. Montebourg qui, dans les faits, se retranche sur la domiciliation luxembourgeoise de la holding de Numéricable.
Mais plus près de chez nous, le voici qui se félicite maintenant de la reprise de Monette, ex-Lejaby de Bourg-en-Bresse, par la société 7 Fashion, présidée par Adrian Diaconu, un autre luxembourgeois ! Il va même jusqu’à révéler publiquement son nom, contre la volonté expresse de ce dernier, risquant alors de provoquer la colère de ce sauveteur providentiel.
Peut-on imaginer que M Montebourg, et tant d’autres avec lui, puissent jouer avec notre économie au seul bénéfice de leur notoriété ?








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