La restructuration du groupe Maike Automotive se poursuit. Si le volet concernant les entités de Haute-Savoie est maintenant réglé, le sort de Peugeot Japy, filiale basée dans le Doubs, doit être scellé le 15 mars. Avec là aussi des risques de licenciements. Les acteurs locaux se mobilisent.
Si les conséquences de la restructuration du groupe Maike en Pays de Savoie ont largement été développées sur ce site et dans les colonnes d’Eco et son dorénavant connues, le sort de la filiale Peugeot-Japy, basée dans le Doubs, reste encore incertain.
Rachetée par Maike en 2011, cette entreprise historique est nichée à Valentigney (11 000 habitants) depuis plus d’un siècle. Valentigney, c’est le berceau de la famille Peugeot, qui est d’ailleurs cofondatrice de la société, en alliance avec les Japy, autre famille locale d’industriels (davantage connue pour ses activités dans le textile). La société compte près de 500 salariés, dont 312 CDI et dans les 190 intérimaires.
Décision le 15 mars
« Et elle est rentable !« , assure le cabinet du maire de Valentigney, Philippe Gautier (LR). L’élu peut comprendre qu’une partie des bénéfices générés par l’usine doubiste ait servi à palier aux difficultés du groupe. Mais il refuse que Peugeot-Japy fasse les frais socialement de la déconfiture de Maike.
L’entreprise n’a pas été incluse dans la procédure qui a scellé le sort de la holding et de ses filiales haut-savoyardes : placée en redressement judiciaire le 8 février seulement, elle fait l’objet d’un dossier spécifique qui sera examiné jeudi 15 mars par le tribunal de commerce de Grenoble.
Nombreux licenciements redoutés
Deux repreneurs sont sur les rangs : 4A Industrie, qui associe le patron du groupe Fonderie du Poitou et l’ancien dirigeant de Peugeot-Japy et actionnaire de Maike, Patrick Mermillod (après avoir redressé l’entreprise dans les années 2000, c’est lui qui l’avait vendu à Maike en 2011; et Farinia, groupe de fonderie qui est l’un des fournisseurs de Peugeot-Japy.
L’offre du premier est tenue secrète. Celle du second pourrait comporter jusqu’à 58 licenciements (un chiffre qui aurait finalement été ramené à 28). Mais les deux entités sont encore susceptible d’ajuster leur proposition jusqu’à ce mardi 13 mars.
Pour signifier leur attachement à l’entreprise et surtout leur « refus de la casse sociale » le maire de Valentigney et l’intersyndicale de Peugeot-Japy (CFDT, FO CFE-CGC) ont organisé une journée ville-morte, samedi 10 mars. L’événement, qui s’est traduit par la fermeture de nombreux commerces, a rassemblée plusieurs centaines personnes pour une manifestation où ce sont côtoyés salariés, habitants de la ville, commerçants et élus de différents bords politiques.
Allocution de l’hôtel de Ville pic.twitter.com/8hYwp9qOT2
— Ville de Valentigney (@ValentigneyFr) 10 mars 2018
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