La condamnation d’enseignes de bricolage pour ouverture dominicale ou celle de magasins généraux pour être restés accessibles à leurs clients après 20 heures ont remis sur le devant de l’actualité la question de l’adaptation des commerces aux attentes de la clientèle et à l’évolution de la société.

Ainsi, plusieurs idées fortes vont dans le sens d’une loi de libéralisation du commerce, autorisant notamment des horaires et jours de travail élargis. Des études affirment par exemple que l’ouverture du dimanche représenterait 20 à 30% de chiffre d’affaires supplémentaires et autoriserait, par la même occasion, la création de nombreux emplois. Et la concurrence internationale semble un autre argument lorsque l’on sait que de plus en plus de touristes commencent à privilégier Londres (ou New-York ou Moscou…) au détriment de Paris pour la disponibilité de ses commerces. Enfin, la facilité d’accès au e-commerce, à toute heure et tous les jours, plaide également pour une adaptation des commerces traditionnels à ces nouvelles règles du jeu.

Mais, malgré la pertinence de tous ces arguments, quelques difficultés m’empêchent encore de rejoindre les rangs des convaincus. Dont la principale : comment se plaindre de la désertification commerciale des centres-villes tout en favorisant dans le même temps, une mesure qui profitera principalement aux grandes surfaces de périphérie ?

L’ouverture dominicale me semble donc devoir s’agrémenter de certains garde-fous. D’une part, maintenir l’obligation d’un jour de fermeture hebdomadaire afin de conserver une certaine égalité entre tous les commerces. D’autre part, garantir le respect du volontariat des salariés afin de lutter contre l’éclatement de la cellule familiale.

Bien sûr, le consommateur doit également prendre ses responsabilités. C’est à lui de continuer à pousser les portes des boutiques de centre-ville s’il ne veut pas les voir disparaître, tout comme il doit accepter que consommer local est la seule solution pour développer l’économie de son territoire et contribuer à la préservation des emplois de proximité.