Avoir un regard prospectif tout en restant pragmatique : c’est l’un des défis de la CCI de l’Ain pour accompagner au mieux ses ressortissants.
Il faudrait bien plus qu’une page web pour résumer l’assemblée générale de la chambre de commerce et d’industrie de l’Ain, le 25 septembre dernier à Alimentec, tant les témoignages et les problématiques développées furent denses.
Ce rendez-vous annuel, assorti de deux tables rondes et enrichi de témoignages d’experts, était une occasion précieuse de s’interroger sur une thématique d’actualité s’il est : l’industrie du futur. Oui, mais « Les pieds sur terre ».
« Cela ne veut pas dire que nous sommes timorés face à ce futur, mais que nous restons résolument pragmatiques, a commenté Patrice Fontenat, président de la CCI de l’Ain. En effet, les chefs d’entreprise de l’Ain osent… et ça marche.
Aujourd’hui, l’intégration du numérique dans les produits et process trace une nouvelle matrice de la stratégie industrielle, transformant le rapport de l’Homme au digital. Les évolutions sont rapides et les champs d’application diversifiés. L’industrie du futur est un concept qui ne laisse pas indifférent. Il s’inscrit dans un contexte où l’attitude de remise en cause que doit adopter le dirigeant est incessante, accélérée et parfois source d’épuisement. Opportunément, cette intégration dessine une nouvelle identité de l’industrie en lui offrant la possibilité de valoriser son image auprès des jeunes. Alors, dans le premier département industriel de France, notre CCI ne pouvait que s’emparer du sujet ! »
Au cœur des technologies
Et l’établissement consulaire s’est brillamment acquitté de cette tâche. En témoignent les échanges, nourris d’expériences variées, qui ont fusé lors des tables rondes. La première, intitulée « technologies et savoirs », a fait la part belle aux objets connectés, à la fabrication additive, à la réalité virtuelle ou augmentée, à la cobotique… Sans oublier d’analyser l’efficacité énergétique, où comment optimiser toujours davantage les consommations d’énergies au sein des entreprises.
La seconde table ronde, « l’Homme au cœur », s’est attachée à explorer comment le facteur humain pourrait se retrouver et agir au sein de cette industrie du futur. Adaptation des équipes, formation et évolution des métiers ont compté parmi les thématiques abordées, tout comme la façon de retrouver et de donner du sens, de l’engagement et du plaisir au travail.
La narratrice que je suis ne vous résumera pas ces échanges, au risque de paraître superficielle, ne pouvant qu’effleurer les thématiques abordées. Cela n’aurait pas rendu justice à la profondeur des sujets détaillés par les intervenants. Un témoignage en particulier sera souligné, celui de Dominique Jousseau, vice-président de la CCI et animateur du groupe de travail industrie du futur. « L’industrie du futur touche tous les secteurs, même si nombre d’entre nous pensent qu’ils ne sont pas concernés, parce que leurs produits sont dits “traditionnels“ ou parce que l’atelier, le bureau, ne ressemble pas à un film de science-fiction. Le président m’a proposé ce pilotage alors que j’étais peut-être l’un des plus dubitatifs par rapport à toute cette communication autour de l’industrie du futur. Je me suis alors rendu compte que dans mon quotidien, avec mes entreprises, j’avais déjà, les deux pieds dans l’industrie du futur… et que les champs du possible qui s’ouvrent à moi sont gigantesques. »
Pas de la science-fiction
Et Philippe Guérand, président de la CCI Auvergne Rhône-Alpes, d’ajouter : « Notre pays peut et doit miser sur l’industrie pour le développement de son économie, malgré une certaine régression de ce modèle, que nous avons pu connaître. Auvergne Rhône-Alpes est la première région en matière industrielle, et l’Ain est le premier département industriel du pays. Miser sur l’industrie, c’est miser sur sa transformation. Nous devons nous préparer à ce saut dans l’inconnu, à cette opportunité. Tout a commencé, le monde ne nous attendra pas. »

Pas moins de 250 personnes ont participé à l’AG de la CCI.
Chiffres
Chaque année, la CCI de l’Ain gère 40 000 contacts, réalise 16 600 formalités pour faciliter la vie des entreprises, forme 1 250 étudiants dans des établissements qu’elle gère ou co-gère, effectue 2 500 rendez-vous en entreprises et accueille plus de 4 000 participants aux quelque 200 conférences, colloques ou ateliers qu’elle organise.
Stratégie
Sur les 130 entreprises de l’Ain à avoir participé à l’enquête de la CCI pour son livre blanc (lire en page 7), 74% estiment que l’industrie du futur est « stratégiquement importante » pour le maintien ou le développement de leur activité.
Formation
Avec la révolution technologique liée au développement du numérique, les professionnels de la filière plasturgie, au carrefour de technologies innovantes comme l’impression 3D, la plastronique, les composites intelligents ou les objets connectés, doivent se former à de nouvelles méthodes de travail. C’est dans ce cadre que le lycée Arbez Carme ouvre une formation maintenance de l’entreprise 4.0. Dispositif visant l’insertion professionnelle après un Bac pro, cette nouvelle formation répond aux besoins récurrents exprimés par les industriels et les différents acteurs professionnels du bassin oyonnaxien (Allizé Plasturgie, Centre Technique Industriel de la Plasturgie et des Composites, Plastipolis…).
Aussi, avec le développement du numérique, le technicien de maintenance intervient sur des problématiques mécaniques, hydrauliques, pneumatiques mais aussi désormais dans les domaines de la robotique et des réseaux.
Par Myriam Denis
Les entreprises de l’Ain prêtent à se lancer
Les avis de 130 entreprises de l’Ain ont été compilés dans un livre blanc.
Comment l’Ain conjugue l’industrie du futur au présent ? C’est la question à laquelle ont répondu près de 130 entreprises du département. La définition de ce concept, les axes de développement et les modifications organisationnelles de l’entreprise ont été répertoriées dans un livre blanc présenté à l’occasion de l’assemblée générale de la CCI. L’industrie du futur est un vaste sujet qui impacte tous les secteurs même si nombre de chefs d’entreprise ne s’estiment pas toujours concernés. Mais qu’est ce que l’industrie du futur ? Objets connectés, fabrication additive, réalité augmentée, réalité virtuelle, cobotique, efficacité énergétique, des termes courants mais pour autant peu familiers du dirigeant dans son quotidien. Pour lui, l’enjeu est de pouvoir mesurer les atouts et l’apport réel de ces outils dans son entreprise. Une manière pour le chef d’entreprise d’analyser les conséquences avec une audacieuse prudence. Car si le risque est de se tromper de priorité et de partir dans une mauvaise direction, l’erreur est aussi de ne pas oser se lancer. Le livre blanc révèle que 68% des entreprises interrogées ont une définition partielle des concepts technologiques de l’industrie du futur. Aujourd’hui, l’intégration du numérique modifie le rapport de l’homme au digital puisque les évolutions sont rapides et les champs d’application nombreux. Finalement, au-delà des multi-compétences à intégrer dans les équipes, l’avenir des entreprises dépend aussi de leur capacité à intégrer les forces vives des collaborateurs. Selon les résultats du livre blanc, 85% des entreprises avec des stratégies d’adaptation à l’industrie du futur positionnent l’humain au centre de leur mutation. Pour accompagner la transition, la CCI Ain envisage des mesures spécifiques : atelier industrie du futur à la carte sur les différents territoires de l’Ain, diagnostic stratégique sur le plan technologique, soutien aux regroupements d’entreprises du numérique de l’Ain ou encore visites de sites industriels.
Par Sarah N’tsia








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