Deux ans après son lancement, le projet de l’association d’insertion Tremplin a permis l’émergence de nombreuses solutions.
Lancé voici deux ans, Textile 360 part d’un constat : sur 268 000 tonnes de textiles collectés en France, 78 % vont à l’export, 9 % servent de combustible solide de récupération (CSR), 8 % sont recyclés et 5 % revendus dans le pays. Tremplin, association d’insertion dont le pôle textile représente 116 salariés, a donc eu l’idée de développer des débouchés locaux.
« Parti de zéro en 2022, nous avions pour objectif de recycler 50 % de notre collecte (1 100 tonnes, NDLR) en 2024 », observe Virginie Belle, cheffe de projet Textile 360, à l’heure de dresser le bilan de l’opération, lors d’une soirée à Bourg-en-Bresse, le 14 novembre. « Nous sommes un peu en dessous, mais un partenariat avec le spécialiste de la collecte et du traitement des déchets Quinson-Fonlupt nous a permis de trouver des débouchés en CSR à hauteur de 10 % du gisement. Pour 2025, nous visons les 60 % de recyclage, de sorte que si nous restons autour de 10 % de CSR, nous aurons réduit à 10 % la part des textiles exportés. »
Parmi les boucles de recyclage créées, Covetech 01, entreprise d’insertion du bâtiment créée par Tremplin, est agréée pour la pose de l’isolant Cotonwool développé par Buitex (groupe Semin depuis 2023) à partir de vieux jeans, dont le cabinet d’architecte Jacques Gerbe et Associés (JGA) est un prescripteur actif. The 8 Impact, implantée à Saint-Rémy depuis un an, transforme les caoutchoucs des chaussures en pistes cyclables.
Les sociétés Ain Fibres, DMD, Balas Textile, Muovi et Semin sont en passe de proposer une polaire 100 % en polyesters textiles recyclés. Recycl’Elit travaille à régénérer, à partir de cette même matière, une résine vierge. Et Post Industrial Craft (PIC) les utilise en impression 3D pour concevoir des lampes et du mobilier, notamment urbain. De plus, ses équipes de R & D planchent sur les polycotons pour leur trouver des débouchés.
« Nous avons fait le pari de prendre l’industrie à contrepied, de partir de la matière pour imaginer le produit, plutôt que l’inverse », explique l’un de ses dirigeants, Cédric Nieutin. Quant à la société Maximum, elle a conçu un matériau composite « assez bon marché », Tissium, qui peut être travaillé comme du bois, en ameublement et en aménagement. Il associe 70 % de déchets textiles et 30 % de déchets de peintures poudres comme liant.
Pour Emmanuelle Ledoux, directrice de l’Institut national de l’économie circulaire (Inec), « l’intérêt de Textile 360 et des projets associés, c’est de se pencher sur des matériaux dont personne ne veut. Car en matière textile, l’innovation s’est beaucoup limitée à ce qui ne posait pas de problème : les gisements de valeur, notamment à travers les plateformes de vente en ligne d’articles de seconde main ». Mais si les preuves de concept sont faites, il reste à passer à la phase industrielle.
Un partenariat avec Grand Bourg
Grand Bourg Agglomération et Tremplin étaient déjà liées, autour de Textile 360, par une charte d’engagement. « Mais face à l’avancement et à la réussite du projet, il fallait revoir notre partenariat », a justifié Jean-François Grenier, président de Tremplin, le 14 novembre, au moment de signer une nouvelle convention. Et le président de la communauté d’agglomération, Jean-François Debat, d’expliquer : « Il s’agit de voir comment nous pouvons faciliter le projet et lui donner de la visibilité, pour qu’il puisse faire école. »

Sébastien Jacquart








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