Avec le biathlon, Annecy / Le Grand-Bornand atteint sa cible

Avec le biathlon, Annecy / Le Grand-Bornand atteint sa cible

La station des Aravis va de nouveau accueillir la coupe du monde de biathlon, du 16 au 22 décembre. Pour cela, elle n’a pas hésité à casser sa tirelire : 2,9 millions d’euros de budget. Mais les retombées, directes et indirectes, sont en rapport.


Plus de 55 000 spectateurs payants sont attendus lors des 4 jours de courses (sprint, poursuite et mass-start, hommes et femmes), prévu du 19 au 22 décembre 2019 au Grand-Bornand. Et si pour l’instant la neige n’est pas encore tombée en masse, avec le froid les enneigeurs ont pu commencer à tourner. Et 30 000 mètres cubes de neige ont été mis de côté, sous un mètre d’épaisseur de sciure, en fin d’hiver dernier, pour être ressortis si besoin.

André Perrillat-Amédé, maire de la commune et Isabelle Pochat-Cottiloux, directrice de l’Office du tourisme se disent donc « confiants » pour le maintien de l’épreuve, sachant que l’inspection de validation de l’IBU (organisme qui gère les épreuves internationales de biathlon) aura lieu le jeudi 12 décembre.


Une longue histoire

Une annulation de dernière minute (comme ce fut le cas en 2011) viendrait ruiner des mois d’effort pour la station des Aravis mais ne mettrait pas pour autant fin à la longue histoire d’amour du Grand-Bornand avec le biathlon.

« Nous avons organisé notre premier championnat de France dans les années 1980. Dans les années 1990, c’est ici que Raphaël Poirée (NDLR : l’une des icônes françaises de la discipline) a remporté son premier titre majeur (champion d’Europe) chez les seniors. Et en 2013 puis 2017 les coupes du monde que nous avons accueillies ont été des succès », rappelle André Perrillat. Cela a évidemment joué aux yeux de la FIS au moment de l’attribution de trois nouvelles éditions : 2019, 2020 et 2021.

Photo : M.A.Verpaelst_Le-Grand-Bornand


Un stade amélioré

Pour cette trilogie – qui ne demande qu’à être prolongée dans le temps – la station des Aravis continue d’investir sur son stade, construit en 2010. Après les 4,5 M€ HT d’investissement initial, 2,5 M€ (hors acquisitions foncières) sont à nouveau engagés sur les trois ans. Ils ont servi à l’améliorer les éclairages et à des petits travaux d’équipement (2019) mais vont surtout financer, l’an prochain, de nouveaux des circuits de circulation piétons (dont un tunnel de liaison), des modifications de parcours ou encore le rapprochement de l’aire de stockage de la neige de réserve.

Mais bien sûr le concept caractéristique du site haut-savoyard est maintenu : un stade unique pour les différentes courses, à proximité immédiate du centre-bourg et avec 80% des installations démontables. « C’est le seul stade de biathlon en France doté de la licence A (habilitation à recevoir les coupes du monde) de l’IBU », ne manque pas de rappeler l’édile au passage.


2,9 millions d’euros de budget sur 7 jours

Au-delà de ces investissements structurels, l’événement représente un budget d’organisation de 2,9 M€ sur 7 jours (16-22 décembre), dont 4 jours de course (à partir du 19 décembre). Il est piloté par une association loi 1901 spécialement dédiée, le Comité d’organisation biathlon Annecy – Le Grand-Bornand, composé de représentant des deux communes et de la fédération française de ski (FFS), présidé par André Perrillat et dirigé par Yannick Aujouannet.

D’où proviennent les fonds ? Plus de 55 000 entrées payantes sont attendues cette année (30 000 en 2013, 53 000 en 2017). Grâce à une capacité des tribunes portée de 3 000 à 4 000 personnes et à une capacité maximale / jour (tribunes + bord de piste) de 19 000 personnes, la billetterie devrait rapporter près d’1 M€. « Un modèle économique rare pour une coupe du monde de ski », fait remarquer Isabelle Pochat.

Les droits de retransmission télé, issus de l’IBU via la FFS, pèsent dans les 450 000 euros. Les collectivités apportent plus d’un demi million d’euros : 160 000 pour le Département de Haute-Savoie, autant pour la Région Auvergne-Rhône-Alpes, 100 000 pour chacune des deux communes organisatrices (car oui, il s’agit bien d’un projet commun Annecy – Le Grand-Bornand), 20 000 pour la communauté de communes de la vallée de Thônes. La buvette, la vente de produits dérivés, le réceptif VIP et les partenariats apportent le reste.


Co-organisatrice de la coupe du monde, Annecy mise sur le biathlon l’été aussi, avec Martin Fourcade (cliquez pour lire la vidéo)


800 bénévoles

Pour satisfaire les athlètes et les public pendant cette semaine, le comité d’organisation peut compter sur le soutien des équipes de la mairie et de l’office du tourisme mais il s’appuie surtout sur près de 800 bénévoles. « Certains sont là seulement pendant les quatre jours de compétition. Mais beaucoup restent bien plus longtemps et participent à la préparation puis au démontage », souligne le maire, reconnaissant.

L’accueil et l’orientation du public est l’une des principales missions. Et ce, dès les rues de Thônes, à partir d’où sont organisées des navettes, histoire de limiter l’engorgement de la vallée. « Je remercie la commune de Thônes et la société Fournier-Mobalpa, qui mettent un millier de places de stationnement à disposition », relève l’élu.

Les tribunes du stade, en cours de montage.
Photo : Yannick Aujouannet Le Grand-Bornand Tourisme


Un public de plus en plus large venu de toute l’Europe

Accueillir des flots d’athlètes (250, issus de 35 nations) et d’encadrants (près de 350 ; coachs, préparateurs techniques…) mais surtout des raz-de-marée de spectateurs (le cap des 60 000 pourrait être atteint si la météo est favorable) alors que la saison touristique n’a pas vraiment commencé est une aubaine pour la station. « C’est l’équivalent d’une troisième semaine de vacances scolaires, résume Isabelle Pochat. Un peu au-dessus de celle de Noël, un peu en dessous de celle du Nouvel an qui est l’une des mieux remplie de l’année. »

Avantage supplémentaire, le biathlon étant très historiquement très populaire dans des zones comme la Scandinavie, l’Allemagne, la Russie, l’Europe centrale, le “Grand-Bo” se fait ainsi connaître dans des pays « où nous n’avons pas l’habitude d’aller draguer », sourit la directrice de l’OT, rappelant que la station est traditionnellement plus tournée vers les marchés anglais, belge et néerlandais.

« La part des étrangers parmi les spectateurs lors des coupes du monde que l’on va accueillir va sans doute augmenter au fur et à mesure, veut croire le maire, qui se projette déjà dans le temps. Plus nous serons connu sur le circuit, plus nous serons attractifs. » Et de rappeler que des stations comme Ruhpolding (Allemagne), Nove Mesto (République Tchèque) ou Antholz-Anterselva (Italie), “piliers” de la coupe du monde, attirent des foules impressionnantes de toute l’Europe.


Ruhpolding, en Bavière, la « Ville biathlon », comme l’a écrit Le Monde. Les tribunes faisant face au pas de tir peuvent contenir jusqu’à 13 000 places, soit 3 fois plus qu’au Grand-Bornand.



La médiatisation de la coupe du monde, avec 125 millions de téléspectateurs en cumulé dans 45 pays diffusant l’événement et la présence de 120 journalistes de multiples nation favorisera bien sûr la notoriété du village des Aravis (2 200 âmes à l’année) à travers les frontières.

Mais évidemment les Français et les Suisses voisins ne sont pas boudés, d’autant qu’ici aussi le biathlon est devenu un sport populaire : lors du dernier passage de la coupe du monde au Grand-Bornand, il a même permis à la chaîne l’Equipe TV d’atteindre son record historique d’audience (1,35 millions pour la victoire de Martin Fourcade en Sprint), tous sports confondus. Etre situé à moins d’une heure de route des centres urbains d’Annecy et de Genève est évidemment un atout précieux pour le Grand-Bornand.

Pour bichonner tous ces spectateurs, le Grand-Bornand sait qu’il doit faire plus que proposer des places. « Au sein du Comité d’organisation nous avons une commission dédiée à “l’expérience spectateur”, souligne Isabelle Pochat. Nous travaillons l’accueil mais aussi les animations en parallèle des courses, l’ambiance globale. Nous savons que nous pouvons encore faire mieux dans ce domaine. » Village des partenaires, ambiance musicale, décor des commerces, cérémonies… l’exemple des autres stations du circuit est scrutée de près.

Photo : C.-Pallot- Agence ZOOM


Des retombées économiques importantes

« Difficile de dire précisément ce que rapporte l’organisation d’un tel événement pour la station au global, reconnaît Isabelle Pochat-Cotilloux. Mais au-delà des retombées indirectes liées à la médiatisation et à la notoriété que nous apporte l’événement, les retombées directes sont très importantes pour l’hébergement et les commerces. Les études s’accordent à dire que pour un événement sportif de ce type, la dépense moyenne journalière hors hébergement est de 45 euros par personne. Pour nous, cela veut dire autour de 2,3 M€. »

Et la directrice de l’OT de préciser que contrairement aux événements de moindre importance, les très grands rendez-vous type étape du Tour de France, festival Au bonheur des mômes ou coupe du monde de biathlon « irriguent tout le territoire. » Saint-Jean-de-Sixt, le village voisin, mais aussi La Clusaz à quelques kilomètres, Thônes et même Annecy, qui est coorganisatrice de la coupe du monde en profitent.

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