À l’occasion de la convention internationale des produits biologiques, Bio’n Days, une étude fait le point sur les attentes des consommateurs en la matière.
Quels sont les labels qui influencent le consommateur ? Une étude réalisée par Opinion Way en a dévoilé les contours, lors d’une édition 2021 100 % digitale de Bio’n Days, convention internationale des produits biologiques organisée par le cluster Bio Auvergne Rhône-Alpes, du 9 au 11 juin. « Les consommateurs recherchent des produits qui correspondent à certaines préoccupations en termes de qualité (bons pour la santé ou, en tout cas pas nocifs, et le goût), mais aussi d’environnement. Économies de matières premières, réduction des émissions de gaz à effet de serre sont de plus en plus importantes, aujourd’hui, même si elles ne sont pas décisives », remarquent Delphine Michaut, directrice conseil marketing grande consommation, et Marie Chedeville, chargée d’études qualitatives pour Opinion Way. « Autre préoccupation, la solidarité a connu une vive accélération en 2020 avec la pandémie et le soutien aux producteurs locaux. »
Combo gagnant
Pour répondre à ces préoccupations, les acheteurs de bio chosissent également à 90 % des produits made in France, à 71 % des produits garantis sans ingrédients controversés, dans les mêmes proportions des produits issus de l’agriculture locale, à 61 % des emballages écologiques, à 57 % des produits du commerce équitable, à 52 % des produits en vrac. Le bio est plutôt bien ancré dans les habitudes, en tout cas, pour la partie alimentaire où les intentions d’achat sont stables pour le frais comme pour l’épicerie, tandis qu’elles s’inscrivent à la hausse pour les cosmétiques et la boisson. Les consommateurs de bio sont prêts à 75 % à racheter des produits alimentaires bio standards et 65 % des boissons. Mais, c’est le grand enseignement de cette étude, s’ils sont en plus issus d’une production locale, les statistiques gagnent 7 à 8 points supplémentaires, 10 même pour la boisson, tirée par le vin. L’effet est identique pour la mention “fabriqué en France”. Une production identifiée comme issue d’une entreprise familiale ou d’une petite entreprise enregistre une progression du même ordre, 6 à 7 points (8 pour la boisson). L’emballage écologique n’apporte rien de plus, en revanche. « Pour le consommateur de bio, c’est un attendu, un prérequis », analysent les représentantes d’Opinion Way. Le vrac n’a pas non plus la cote (-4 points, voire, -16 pour la boisson).
Reste à savoir ce que l’on entend par local. Pour les participants de l’étude, cela s’inscrit au maximum dans un rayon de 50 à 100 km. Autre enseignement, si on les oblige à choisir, les consommateurs privilégieront la proximité à 67 %, le bio à 33 %.
Le bio face aux autres mentions
Selon l’enquête conduite par Opinion Way, le bio est la mention la plus connue et l’une de celle qui donne le plus confiance au consommateur. Suivent Made in France et Ecocert. Moins connus, Zéro résidu de pesticide ou Demeter jouissent également d’un fort capital confiance. Connus mais avec un niveau de confiance bas, on trouve Produits de l’année, le Nutriscore ou encore la mention Vegan. Enfin, la HVE (Haute valeur environnementale), peu connue et sans grand capital confiance, apparaît comme une valeur montante. Combiner différents labels peut non seulement se révéler particulièrement incitatif, mais joue aussi dans l’acceptabilité des prix. Pour un produit frais à 2 euros, les acheteurs seraient prêts à payer 2,34 euros l’équivalent en bio, 2,47 euros en bio et local, ou bio et fabriqué par une entreprise familiale, 2,41 euros en bio équitable et 2,40 en bio origine France.
Sébastien Jacquart









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