Biodiversité dans l’Ain : Un échange sur les intercultures polliniques

par | 13 Nov 2024

Le rucher pédagogique de Châtillon-sur-Chalaronne a réuni ses agriculteurs partenaires et des élus du Département, sur une parcelle semée de plantes à fleurs entre deux cultures de céréales.

Entre deux cultures de céréales, plutôt que de laisser leur terrain nu, les dix agriculteurs partenaires du rucher pédagogique de Châtillon-sur-Chalaronne sèment des plantes à fleurs. Ensemble, ils représentent 220 hectares (une vingtaine de parcelles) où pollen et nectar vont « favoriser une riche biodiversité, notamment des insectes auxiliaires de l’agriculture – qui vont lutter biologiquement contre les ravageurs – et des insectes pollinisateurs comme les abeilles », explique Olivier Dutang, créateur du rucher pédagogique, professeur agrégé de biologie et apiculteur.

C’est loin d’être leur seul intérêt, mais les intercultures polliniques ne sont pas non plus magiques. Raison pour laquelle les partenaires étaient réunis le 29 octobre, sur une parcelle du Gaec XL, à Fareins. C’était pour eux l’occasion d’un échange de bonnes pratiques, en présence d’élus du Département, financeur des semences polliniques depuis quatre ans.

«Semer le plus tôt possible après la moisson de céréales permet que ces intercultures fleurissent suffisamment tôt en fin d’été pour être utiles aux abeilles et préparer les ruchers à lhivernage, mais également pour avoir un développement végétatif optimal, relève Olivier Dutang. Or l’an dernier, nous avons connu des difficultés liées à la sécheresse qui a empêché les semences de lever. Cette année au contraire, les nombreuses précipitations ont favorisé la pousse de plantes indésirables. Et comme nous sommes en agriculture bio, il a fallu traiter mécaniquement les parcelles, ce qui a retardé les semis. On est en plus passé d’une période très humide à des sols très secs en surface en peu de temps.» C’est parce que le rucher produit du miel bio que ses partenaires sont certifiés AB. Mais l’interculture peut très bien se pratiquer en agriculture conventionnelle.

Un engrais naturel

«Ces plantes vont occuper le terrain et empêcher le développement de mauvaises herbes, protéger des UV et des fortes variations de température la vie microbienne bénéfique du sol, ou encore limiter le ruissellement qui, lors de fortes pluies, disperse les éléments minéraux nutritifs des parcelles et gonfle rapidement les cours deau. Elles structurent en effet le sol par leur réseau racinaire qui permettra une meilleure rétention de leau sur la durée. Enfin, elles fixent le CO2 atmosphérique pour créer de la matière organique», décrit le professeur de biologie. On évalue à 7 tonnes par hectare, la matière sèche produite par ces intercultures. Un apport d’engrais naturel intéressant pour la terre et son microbiote.

Les dégâts du frelon asiatique en direct

Créé par l’équipe municipale il y a plus de 10 ans, avec le Conseil départemental comme partenaire historique, le rucher pédagogique de Châtillon-sur-Chalaronne gère plus de 100 ruches pour enseigner chaque étape d’une récolte de miel, à chacun des 4 800 élèves qu’il reçoit chaque année et qui viennent de cinq départements. Celui-ci déplace ses ruches sur les parcelles fleuries en interculture pour favoriser une bonne préparation à l’hivernage des colonies d’abeilles.

Un rucher était d’ailleurs présent sur la parcelle visitée ce 29 octobre. Ainsi, les participants à la rencontre ont malheureusement pu observer en direct, la prédation qu’opéraient dès le matin, pourtant frais et brumeux, sur les abeilles, les frelons asiatiques. Une espèce invasive contre laquelle le Département de l’Ain finance l’achat de pièges sélectifs.


Sébastien Jacquart

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