L’Office national des forêts a mis en service une nouvelle plateforme de stockage de bois à Grand-Aigueblanche pour faciliter l’approvisionnement de la filière y compris en hiver.

« Les scieurs locaux sont confrontés à des approvisionnements irréguliers : ils doivent faire face à de gros pics en septembre, mais ne reçoivent plus rien en janvier quand il y a de la neige, explique Arnaud Duperrier, responsable de l’unité d’Albertville de l’Office national des forêts. La nouvelle plateforme de stockage de la forêt domaniale RTM de Morel, à Grand-Aigueblanche, permettra de lisser ces approvisionnements même en hiver. »
Un investissement de 29 300 euros réalisé par l’Etat qui a également obtenu un financement européen à hauteur de 8 790 euros. Si les deux scieurs de la région (à Rognaix et à Faverges) profiteront de l’équipement, les communes propriétaires forestières du secteur (compris entre Moûtiers et Albertville) en seront les premières bénéficiaires. « Elle ne servira qu’au stockage des grumes issus des forêts communales, c’est un service que l’ONF leur rend », précise-t-il. D’une capacité de 4 000 m3 (pour 3 160 m2 de surface comprenant la place de stockage et les bandes de roulement), elle permettra d’accueillir les camions grumiers via une piste forestière requalifiée à cet effet. « On y stockera en majorité du bois d’œuvre qui pourra être livré toute l’année, mais aussi du bois énergie dans un but de rationalisation, détaille le technicien forestier. On y rassemblera en effet tous les lots pour pouvoir faire venir ensuite un broyeur. » La zone, très boisée, « produit » actuellement entre 7 000 et 10 000 mètres cubes par an.

La plateforme comprend une zone de stockage d’une capacité d’environ 4 000 m3 et des bandes de roulement pour faciliter la venue de camions-grumiers. Crédit photo : Arnaud Duperrier-ONF


C’est la seule plateforme de ce genre en Savoie. D’autres existent déjà, mais ont soit des vocations différentes, soit sont propriétés de communes ou de communautés de communes. Celle de Sainte-Hélène-sur-Isère sert par exemple au stockage du bois énergie pour les chaufferies collectives d’Ugine et d’Albertville.
Pour l’ONF, il s’agit aussi de participer à la lutte contre le réchauffement climatique. « L’une des contributions à cet enjeu sociétal est la hausse du stockage carbone par l’écosystème forestier qui permet d’extraire le CO2 de l’atmosphère terrestre et de le stocker dans le bois, matériau bio-sourcé. »

Initié fin 2018, le projet est devenu réalité début juin et sera inauguré le 10 juillet. Crédit photo : Arnaud Duperrier-ONF