Passée de l’urgence sanitaire à l’urgence économique, la Fédération du bâtiment et des travaux publics de l’Ain veut retrouver de l’activité pour ses adhérents.

Pas de conférence avec l’économiste Nicolas Bouzou, comme prévu initialement, pas de table ronde avec les élus… L’assemblée générale de la Fédération du bâtiment et des travaux publics de l’Ain (BTP Ain), mercredi 10 juin, se sera contentée, crise sanitaire oblige, de régler en visioconférence, les questions statutaires. Ce rendez-vous rapide aura tout de même été l’occasion d’évoquer l’actualité de la fédération au cours des derniers mois et des dernières semaines, et plus encore, la préoccupation majeure des entreprises du secteur aujourd’hui : la relance.

« Les chantiers qui ont repris dernièrement, avec des mesures sanitaires parfois compliquées à mettre en œuvre, correspondent au carnet de commandes acquis fin 2019 et début 2020. Nos entreprises sont donc confrontées à deux enjeux : trouver de nouveaux chantiers et discuter avec les clients et maîtres d’ouvrage, sur les travaux en cours, du partage des surcoûts liés aux mesures barrières. Ces surcoûts, nous les estimons à 10 %. Nous ne pouvons plus mettre autant de monde autour d’un même poste de travail, ni avoir autant de passagers dans les véhicules. Et nous sommes contraints de créer des roulements, pour l’accès aux bases de vie des chantiers. Or, peu de clients ont accepté de les prendre, pour partie, en charge. Dans le meilleur des cas, nous avons obtenu 1,5 %. Cela pose de vrais problèmes de rendement et de rentabilité », souligne le président, Pierre Convert, qui craint un effet ciseaux entre baisse des carnets de commandes et hausse des coûts.

Effet ciseaux

Pendant deux mois et demi, peu d’appels d’offres ont été publiés. Les procédures administratives (permis de construire et autres) ont été ralenties ou bloquées. Dans le privé, nombre de clients ont repoussé leurs projets. Enfin, comble de malheur, 2020 est une année d’élections. Les marchés publics tardent à sortir. « Aussi, nous demandons aux services de l’État, une accélération des procédures et un vrai plan de relance, poursuit Pierre Convert. C’est, par exemple, le bon moment pour lancer un grand plan de rénovation énergétique des bâtiments. Il nous faut de l’activité. »

Plan de relance

À l’échelon national, les fédérations du bâtiment et des travaux publics (FFB et FNTP) ont écrit une lettre ouverte au président de la République. Rappelant que le secteur emploie quelque deux millions de personnes en France (14 000 dans l’Ain pour un chiffre d’affaires de 2 milliards d’euros, 1,5 pour le bâtiment, 0,5 pour les TP), elles demandent la prise en charge des surcoûts liés à la pandémie, l’annulation des charges fiscales et sociales, la mise en place d’un mécanisme d’incitation à l’investissement local, un plan massif de rénovation énergétique, le relèvement des budgets nationaux dédiés aux infrastructures et à la gestion de l’eau, ainsi qu’un retour de la TVA à 5,5 % pour l’ensemble des travaux.

Ce message a été partiellement entendu, puisque les entreprises de moins de 50 salariés pourront demander à l’Urssaf, d’annuler jusqu’à 50 % de leurs charges sociales sur les mois de mars, avril et mai. De plus, l’État augmente de 0,6 à 1,6 milliard l’enveloppe dédiée à l’investissement local. Quant au plan de relance, il doit être présenté en septembre. Une échéance tardive pour Pierre Convert qui relève : « De nombreuses enveloppes budgétaires sont annoncées en ce moment pour l’aéronautique, pour l’automobile, etc. Il en faut une pour le BTP. Notre pays en a sans doute les moyens. »


Un conseil d’administration figé

Eu égard à la situation sanitaire exceptionnelle et à l’absence d’AG digne de ce nom, BTP Ain a décidé de reporter le renouvellement de son conseil d’administration, d’un an au maximum. En temps normal, ses membres sont élus pour trois ans et le nombre de mandats est plafonné. Le renouvellement aurait dû être important, cette année.


Par Sébastien Jacquart

Une Eco de l'AinCet article est paru dans le magazine ECO de l’Ain du 18 juin 2020. Pour retrouver l’intégralité des articles de notre hebdomadaire, mais aussi nos suppléments et hors-séries, c’est ICI et ICI.