La nouvelle présidente de la délégation de l’Ain des Femmes chefs d’entreprise s’est fixé pour objectif de maintenir une dynamique collaborative au sein du réseau. C’est pour elle, une vraie philosophie. Interview.
Cécile Ollivier, vous venez de prendre la présidence de la délégation de l’Ain des Femmes chefs d’entreprise (FCE). Qu’est-ce qui vous a motivée ?
Les statuts du réseau n’autorisent pas plus de deux mandats et notre délégation n’avait personne pour succéder à Claire Dumay (à gauche sur la photo, NDLR). J’ai fini par accepter, mais à la condition de mettre en place des commissions et des binômes sur chaque fonction au sein du bureau. Nous avons donc une vice-présidente, Julie Tournayre, une vice-secrétaire, Édith Bougenault, en appui de la secrétaire Laurence Potelle, une vice-trésorière, Valérie Poisat, en appui de la trésorière Nathalie Guigue Picquier, ainsi que Ghislaine Cornu à la communication.
Quelles sont vos ambitions pour les FCE de l’Ain ?
J’espère être à la hauteur de ma prédécesseuse et être aussi investie qu’elle. Pour établir le programme de ce mandat, je me suis appuyée sur les valeurs et les objectifs du réseau. J’ai défini quatre axes dont le premier vise à maintenir une dynamique collaborative. J’imagine des commissions thématiques pour que chacune (les FCE de l’Ain comptent une trentaine de membres, NDLR) puisse participer. Je pense que nous avons toutes des compétences. C’est l’occasion de les mettre en valeur. Le deuxième axe entend accompagner le développement de nos adhérentes. Pour cela, je me suis demandé ce qui pousse à rejoindre un réseau. Souvent, il s’agit de se nourrir des expériences des unes et des autres. Les rendez-vous avec des interventions d’experts se poursuivront donc comme en 2024. J’envisage aussi des groupes de travail. De plus, les FCE se sont fixé à l’échelon national, un objectif fort de prises de mandat. Le réseau adhère au Medef et s’implique dans les Chambres de commerce. Le troisième consiste à promouvoir des valeurs de solidarité et de partage. Je voudrais mettre en place un mentorat pour les nouvelles adhérentes et les créatrices d’entreprise. Je tiens beaucoup à ce programme car il est important de ne pas se sentir seule. Le dernier, enfin, vise à renforcer le réseau, accroître le nombre d’adhérentes, notamment à travers un événement annuel phare. Mais, tout ceci n’est qu’un cap. Il reste à discuter avec nos membres. L’objectif est simplement qu’elles ne regrettent pas leur adhésion. Nous avons eu une première réunion, le 3 février, justement pour définir notre calendrier et aborder ces axes et le contenu des commissions. Je souhaite relancer les sondages sur les thématiques à retenir, pour connaître les envies de chacune.
Quel aura été votre parcours jusqu’à cette présidence ?
J’ai un parcours atypique car je présente plusieurs troubles dys. Cela m’a conduit à entrer très vite dans le monde du travail, où j’ai gravi les échelons. En 2013, j’intègre Pi Install (entreprise de conception et construction de salles propres à Montrevel-en-Bresse, NDLR), dont je suis aujourd’hui responsable des ressources humaines et membre du comité de direction. En 2018, nous avons monté une école de formation, Efficlasse, dont je suis la présidente. Celle-ci emploie six personnes pour un chiffre d’affaires de 500 000 euros. Elle a formé plus de 600 stagiaires, ce qui représente plus de 9 000 heures de formation. En 2021, a été créé le réseau Ain Team RH, que je préside également et qui compte, lui aussi, une trentaine de membres. C’est un univers assez transverse et je vais pouvoir valoriser cette expérience au sien des FCE. C’est d’ailleurs invitée par une membre d’Ain Team RH que j’ai intégré les Femmes chefs d’entreprise, il y a trois ans. Cela coïncidait avec le développement du centre de formation. Et cela m’intéressait d’avoir un partage d’expérience avec d’autres dirigeantes. Le réseau Ain Team RH est enrichissant sur la partie ressources humaines, mais il lui manque le volet gestion. Les deux sont très complémentaires.
On vous sent très attachée à une dynamique collaborative ?
Je pense qu’il faut calquer le fonctionnement des associations sur celui des entreprises, raison pour laquelle j’ai voulu sécuriser les fonctions au sein des FCE à travers des binômes et mettre en place des commissions. Elles constituent un moyen de fédérer les adhérentes et de faire participer tout le monde. Proposer, faire participer, c’est aussi la philosophie de Pi Install. L’idée maîtresse suggère qu’en conciliant projet d’entreprise et projet personnel, on limite grandement les turn-overs. La genèse de l’école de formation se trouve dans cette approche également. Nous étions en manque de compétences, d’où l’idée de faire grandir les gens. Il est important de laisser chacun respirer, s’exprimer. À plus forte raison dans une association où personne n’est là par contrainte.
Bio express
- Naissance : À Dijon, en 1980
- 2013 : Entrée tôt dans le monde de l’entreprise à cause de troubles dys, Cécile Ollivier intègre Pi Install, entreprise dont elle deviendra DRH et membre du Codir.
- 2018 : Création de l’école de formation Efficlasse, dont elle est présidente.
- 2021 : Lancement du réseau Ain Team RH, qu’elle préside également.
- 2025 : Présidente des FCE de l’Ain.
Sébastien Jacquart








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