Cherchez la femme. C’est souvent comme ça, même (et peut-être surtout) dans le microcosme politique. Tout récemment, vous pouviez consacrer une partie de votre soirée à regarder, sur France 2, un film qui aurait pu s’intituler « grandeur et décadence de DSK ». En clair, c’était vie et mœurs de Dominique Strauss-Kahn, où comment le poulain de la gauche avait su s’entourer des bonnes personnes – toujours des femmes – pour progresser… jusqu’à la chute, causée, également, par une femme. On peut d’ailleurs et en aparté – allez, nous sommes entre nous ! – douter de la pertinence d’un tel docu-fiction quelques semaines seulement avant la primaire de la gauche. Une primaire express, deux fois moins de bureaux de votes ouverts qu’à droite… Mais une similitude : la présence d’une et une seule représentante du beau sexe à chaque fois : Sylvia Pinel contre Nathalie Kosciusko-Morizet.

Et en marge de cette primaire de la gauche, un autre prétendant à la présidentielle commence à exhiber sa vie privée, adoubé par son épouse : Emmanuel Macron. Le rôle de Brigitte Macron-Trogneux aux côtés de son conjoint n’est pas fondamentalement clair, mais les projecteurs sont régulièrement braqués sur elle, tant elle semble prendre un certain plaisir à dévoiler des pans de leur vie privée. Un exercice obligé de la vie publique ?

Il existe pourtant bien un homme sur Terre qui souhaiterait peut-être se faire un peu oublier de la gent féminine, le très critiqué et sulfureux nouveau président des États-Unis, Donald Trump. Car après s’être attiré les foudres de nombreuses femmes eu égard à ses discours plutôt borderline, c’est maintenant au tour de l’actrice américaine Meryl Streep de s’en prendre à lui. Elle a profité de son discours au Golden Globes du 8 janvier, pour fustiger son nouveau président. Lequel, en réponse, l’a copieusement insulté sur Twitter, avec un sens de la répartie oscillant entre « déplorable » et « désolant ». Tout en profitant de l’occasion pour étriller, au passage, les médias. Mais là encore, rien de surprenant dans la façon de faire.

Vous allez vous interroger : ce n’est pas la journée de la femme. Pas dans les habitudes de la maison, non plus, de verser dans de l’analyse presque people. Pourquoi donc une telle prise de position ? Parce qu’en ce début de seconde semaine du premier mois de l’année – il faut replacer les choses dans leur contexte ! – nous venons d’avoir connaissance d’un rapport étonnamment détaillé sur la progression des droits des femmes sous le quinquennat de François Hollande. Et, oh surprise (pardonnez mon ironie), qu’apprend-on ? Que d’énormes progrès restent à accomplir en la matière. Que les femmes restent – ou acceptent ? – de se cantonner à des seconds rôles. À Jouer dans l’ombre. À être globalement rémunérées 20% de moins. Parité, égalité professionnelle, représentation des femmes dans les conseils d’administration ou même, dans la sphère politique, comptent pour autant de chantiers qu’il reste à investir. Pourquoi attendre davantage pour agir ? À l’aube d’une année qui à n’en pas douter cristallisera de nombreux débats politiques, année d’élection s’il en est, cette thématique devrait naturellement trouver toute sa place. Espérant que les vœux pieux soient oubliés au profit de l’efficacité… Même s’il est toujours permis d’en douter. On le sait : l’attitude la plus sage serait de suivre l’adage de Miguel de Cervantès : « Il faut donner du temps au temps ». Mais point trop n’en faut !