Lionel Brunet, directeur de la Banque de France en Haute-Savoie, a fait la semaine dernière un état des lieux de la conjoncture en Auvergne Rhône-Alpes.
« Le point bas est observé maintenant. Nous vivons un moment critique durant lequel il peut y avoir des doutes sur la trajectoire, mais nous avons bon espoir que derrière, l’activité économique reprenne son cours normalement. » En d’autres termes, serrez les dents et faites face, l’orage devrait passer. Sauf que, poursuivait Lionel Brunet, directeur départemental de la Banque de France en Haute-Savoie jeudi dernier devant une assemblée de chefs d’entreprises, « l’an dernier on s’est trompé ». « Si de nouveaux éléments imprévisibles arrivent, prévenait-il, ce sera plus compliqué. »
Jusque-là, pour autant, les entreprises de la région Auvergne Rhône Alpes ont plutôt bien résisté aux différentes vagues qui les ont impactées, la crise sanitaire et les conséquences de la guerre russo-ukrainienne notamment. Une étude réalisée en janvier 2023 par la Banque de France auprès de 4 300 entreprises montre une belle résilience : des chiffres d’affaires en hausse dans les services marchands (+21 %), dans l’industrie (+12%) et dans la construction (+8%). En parallèle, l’étude relève que quasiment toutes les sociétés ont relevé leurs prix depuis janvier 2022, « à des niveaux inédits depuis les années 1990 ».
« L’an dernier on s’est trompé ». « Si de nouveaux éléments imprévisibles arrivent, prévenait-il, ce sera plus compliqué. »
Lionel Brunet, directeur départemental de la Banque de France en Haute-Savoie
L’inflation et la hausse des coûts de production et de l’énergie n’y sont pas étrangères, même si Lionel Brunet démontrait que le taux d’inflation de la France, à 6,7% en décembre, est l’un des meilleurs de la zone euro. L’Allemagne atteint 9,6%, l’Italie 12,3% ou les Pays-Bas 11 %. Seule l’Espagne fait mieux à 5,5%. « En France, le mix énergétique et le bouclier énergétique ont permis de limiter l’inflation, expliquait-il. Les cinq relèvements des taux directeurs mis en place depuis juillet par l’Eurosystème permettent aussi de lutter contre l’inflation. »

« En Haute-Savoie, c’est pire encore, observait-il, car la Suisse est un voisin un peu gourmand en main-d’œuvre et parce qu’il est difficile de s’installer dans le département. » Les effectifs ont crû de 2,7 % dans l’industrie, de 5,5 % dans les services marchands et de 2,4 % dans la construction. « En Haute-Savoie, ce dernier secteur a très peu recruté, ce qui est atypique », notait-il.
2022 a également vu le début de la hausse du coût de l’énergie. 23 % des entreprises tous secteurs confondus déclarent que ces hausse de prix ne leur ont pas permis de produire ce qu’elles avaient anticipé de produire. 70 % des sociétés de l’industrie pensent que la situation énergétique pèsera sur leurs marges à trois mois (32 % tous secteurs confondus). Malgré cela, les défaillances sont restées inférieures à la moyenne des 15 dernières années en 2022 et « les remboursements de prêts garantis par l’Etat se passent bien ».
Quid de 2023 ? La rentabilité des trois secteurs principaux devrait être « stable », avec, cependant, moins d’investissements, 2022 ayant enregistré une hausse de 30 % de ces derniers pour l’industrie (dont 3,3 milliards d’euros pour la seule Haute-Savoie). Les chiffres d’affaires devraient continuer de progresser dans l’industrie (+5%), les services marchands (+6%) et la construction (+2%).
+50%, c’est le taux de croissance observé en 2022 dans l’hébergement-restauration.









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