Confronté à un recul de 30% des volumes livrés au 2e trimestre 2017, les producteurs de bois énergie dénoncent une baisse du nombre de projets.

Un prix des énergies fossiles faible et un soutien financier insuffisant des pouvoirs publics… Pour l’Union de la coopération forestière française (UCFF) qui regroupe 120 000 producteurs forestiers, la conjonction de ces deux facteurs conduit à une perte de revenus directe pour les producteurs de bois énergie et un déficit de l’exploitation forestière. Dans un communiqué demandant une augmentation rapide des projets de chaufferies bois, la structure rappelle qu’elle a toujours su mobiliser la ressource pour satisfaire un marché nouveau et en pleine expansion. « Le nombre de projets est historiquement bas. Il ne correspond pas aux objectifs fixés par les pouvoirs publics pour atteindre les pourcentages de consommation d’énergies renouvelables en 2030 », poursuit-elle en annonçant une baisse de 30% des volumes livrés au 2ème trimestre 2017, au niveau national.

Restaurer la compétitivité

Les coopératives forestières estiment que la restauration de la compétitivité du bois énergie, à long terme, passe par un doublement du fonds chaleur,  destiné à soutenir la réalisation de projets participant au développement des énergies renouvelables.  « Il  est indispensable d’investir de manière réfléchie et équilibrée entre l’amont (mobilisation de la ressource) et l’aval (construction de chaufferies), en encourageant le regroupement des propriétaires forestiers », poursuivent-elles.

1300 chaufferies bois dans la région

A fin 2015, on recensait  dans la région, 1300 chaufferies bois et 116 structures produisant 630 000 de bois déchiqueté. La Savoie qui a lancé, il y a 20 ans, un plan bois énergie et développement local, compte 134 chaufferies communales auxquelles s’ajoutent 247 chaufferies collectives privées. Selon le scénario négawatt qui modélise jusqu’en 2050 l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité, le bois énergie devrait couvrir environ 30% des besoins de chaleur de la Savoie en 2050 avec un objectif déjà atteint à 50%. Cette moyenne départementale recouvre des situations contrastées selon les secteurs : le taux d’équipements qu’il faudrait installer pour atteindre les objectifs de 2050 se monte à 58% en Maurienne et sur Grand Lac alors qu’il n’est que de 24% sur Arlysère.

Les projets en gestation

S’ils mettent de plus en plus de temps à sortir, des projets de nouvelles chaufferies sont tout de même en gestation sur Albertville, Cognin, Les Arcs, Barby, La Motte-Servolex, Lucinges où la société savoyarde Forestener qui propose des systèmes bois énergie clé en main s’apprête à réaliser le premier réseau de chaleur bois construit avec des financements citoyens. « Le bois énergie présente l’avantage d’une grande stabilité des prix principalement liés à des paramètres locaux alors que les énergies fossiles dépendent de marchés mondiaux, plaide l’Association savoyarde pour le développement des énergies renouvelables. Par ailleurs, il contribue directement aux circuits économiques locaux

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@Asder