Le préfet de l’Ain, Arnaud Cochet, semble confiant quant à l’application des différents dispositifs visant à contrer la propagation du virus dans le département de l’Ain.
Il n’est toujours pas prévu d’équiper les forces de l’ordre en masques, ceux-ci devant être confiés prioritairement au personnel soignant… Le préfet de l’Ain, Arnaud Cochet, aux côtés de l’Agence régionale de santé, de la directrice académique des services de l’éducation nationale de l’Ain et de la directrice de la Direccte départementale, a détaillé, lors d’une conférence de presse les dispositifs dédiés à la gestion de cette crise sanitaire inédite.
Arnaud Cochet a ainsi rappelé que l’hôpital de Fleyriat, sur Bourg, est désormais rejoint par la clinique Convert. Les établissements d’Oyonnax, de Belley et l’hôpital privé d’Ambérieu sont également mobilisés. Il a également souligné que la distribution des masques s’opère « de façon très augmentée » à destination des groupes hospitaliers et des pharmacies. Voilà qui devrait rassurer les professionnels de santé qui ne trouvent pas, à l’heure actuelle, d’équipement de protection. « En liaison avec le Conseil départemental de l’Ain, nous veillons à ce que cette distribution puisse également se faire dans les EPHAD du département et autres établissements d’accueil des personnes handicapées. » En outre, pour faciliter le travail des soignants, douze collèges sont mobilisés pour accueillir leurs enfants. « Le personnel de l’Education nationale se mobilise, ainsi que des bénévoles qui apportent leur concours pour la garde des mercredis, samedis et dimanches, avec une capacité de 700 places disponibles, dont elles ne sont pas toutes, pour l’heure, occupées. »
Le préfet a également indiqué que des appels à bénévolat sont lancés, notamment pour permettre le maintien à domicile des personnes âgées, via du portage de repas, l’aide, les soins, le ménage.
Et les entreprises ?
Au 1er avril, selon les chiffres de la Direccte de l’Ain, 3 403 entreprises auraient formalisé une demande de chômage partiel, ce qui représente quelque 33 000 salariés. Au début de la crise, la démarche concernait surtout les restaurateurs, et commerces de détail. Mais le phénomène s’ouvre désormais plus largement à tous secteurs d’activité, notamment les entreprises qui subissent des ruptures d’approvisionnement ou des ruptures d’approvisionnement ou des carnets de commandes qui baissent. Quid du BTP ? « Les entreprises du BTP sont effectivement invitées à poursuivre leur activité, annonce la directrice de la Direccte de l’Ain. Elles sont impactées par les ruptures d’approvisionnement, par les maîtres d’ouvrages qui ont fermé les chantiers… Un guide est élaboré, pour permettre aux entreprises de réaliser leur propre processus d’évaluation des risques professionnels pour les aider à mettre en place tous les dispositifs nécessaires à la préservation de leurs salariés en cohérence avec les gestes barrière. »
Du côté de l’Urssaf, 33 % des entreprises ont profité de la possibilité d’un report de trois mois des charges sociales, sans pénalités de retard, offerte dès l’échéance du 16 mars. Elles sont 29% à avoir honoré leur déclaration sans verser de paiement et 4 % à ne faire qu’un paiement partiel. Quelque 27 millions d’euros de trésorerie sont ainsi resté dans leurs caisses. Par ailleurs, 4 076 indépendants ont bénéficié d’un report des prélèvements sociaux, pour 5 millions d’euros.
« En matière de continuité économique, le préfet de Région, le président du Conseil régional et les chambres consulaires s’organisent pour mettre en oeuvre les dispositifs gouvernementaux. Ils sont localement pilotés par la Direccte et plusieurs actions ont d’ores et déjà été mises en oeuvre, notamment la mise en relation entre Pôle emploi, les personnes prêtent à offrir leurs compétences et les entreprises connaissant des besoins accrus d’activités », a annoncé Arnaud Cochet. Et de rappeler que si de nombreuses entreprises se trouvent être en activité partielle, voire, ont fermé leurs portes pendant cette période, d’autres, au contraire, sont actuellement en recherche active de personnel.
« Des dispositions ont également été prises dans les marchés publics, pour aménager ponctuellement le droit du travail pour faire face à cette période », a rappelé le préfet. Les services financiers de la direction départementale des finances publiques, sont également mobilisés « avec bienveillance ».
Le fonds de solidarité dédié aux PME, professions libérales et autoentrepreneurs doit également se mettre en place. « Toutes les petites entreprises qui subissent une fermeture administrative ou qui auront connu une perte de chiffre d’affaires de plus de 70% au mois de mars 2020 par rapport au mois de mars 2019 bénéficieront d’une aide rapide et automatique, sur simple déclaration, jusqu’à 1 500 euros », précise la Direccte. Au 1er avril, 204 000 entreprises en France avaient demandé à bénéficier de ce fonds de solidarité. « Le montant perçu dépendra de la baisse réelle de chiffre d’affaires des entreprises concernées », ajoute William Freville, directeur départemental des finances publiques.
Toujours concernant le volet économique, le sujet des marchés alimentaires ouverts sur l’extérieur a été abordé : la règle précise que ceux-ci sont interdits, mais que certains peuvent être autorisés sur dérogation.
Par Myriam Denis












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