En demandant officiellement l’arrêt des chantiers pendant le confinement, la Capeb et la FFB ont soulevé une vive réaction de Muriel Pénicaud, la ministre du Travail, qui en a appelé à « la responsabilité civique des entreprises« .

Jacques Chanut, le président de la FFB, a illico presto répondu à la ministre.  Dans une longue lettre, il précise « qu’aucune entreprise du BTP, qu’aucun artisan ne s’est mis dans une position de tire-au-flanc face à la situation actuelle ». Il rappelle que, dès le début de la crise sanitaire, la profession a multiplié les contacts avec le ministère de l’Economie et ses partenaires, en particulier les négociants, pour tenter de maintenir les circuits de production.

Mais il estime qu’il est impossible d’assurer un fonctionnement normal des entreprises : « la fourniture de matériaux s’interrompt dans de nombreux endroits, les forces de l’ordre enjoignent à nos salariés de quitter les lieux, les clients refusent l’accès aux chantiers et, c’est le plus important au final, nos salariés sont légitimement inquiets pour leur santé. »

Une réunion d’urgence

Dans son courrier, Jacques Chanut évoque « un chantage inqualifiable » exercé depuis quelques jours par les directions régionales des entreprises, de la concurrence, de la consommation, du travail et de l’emploi auprès des fédérations locales du BTP. Et réitère la demande d’une réunion d’urgence avec le ministère du Travail, la médecine du travail et les syndicats pour définir ensemble les procédures de protection sanitaire des compagnons.  « Plutôt que de jeter l’opprobre sur tout un secteur, en l’accusant dans les médias de désertion, efforçons-nous de trouver ensemble une ligne claire et cohérente. Et vite », conclut-il.

photo d’archive.