De plus en plus de bâtiments adoptent le QR Code Sécurité

par | 18 Mai 2022

L’innovation lancée par le Sdis et la CCI de l’Ain fait son bonhomme de chemin. En deux ans, 50 sites ont été répertoriés.

Apposer un QR Code en façade d’un bâtiment pour permettre aux pompiers d’accéder à toutes les informations utiles à leur intervention, en cas de sinistre, l’idée était née entre le Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) et la CCI de l’Ain, en 2018, à l’occasion de la tenue du congrès national des sapeurs-pompiers à Bourg-en-Bresse. Elle s’était concrétisée en janvier 2020, lors d’un exercice incendie, dans les locaux burgiens de la CCI Formation. Ce qui n’était alors qu’un prototype a fait son bonhomme de chemin, depuis. Et une cinquantaine de sites sont aujourd’hui équipés, dans le département. Des bâtiments aussi divers que l’établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de Villereversure, la cathédrale de Belley, le collège Lucie Aubrac de Valserhône, différents immeubles de Bourg Habitat ou les ateliers de Brevet Carrosserie à Viriat, spécialiste de la transformation et de la conception de cabines de poids lourds (Groupe Toutenkamion).

Ce QR Code n’est que la partie émergée de l’iceberg. Le nerf de la guerre, c’est l’application Batifire, développée par la start-up savoyarde Batisafe Digital (à Méry) et installée sur les quelque 200 tablettes numériques dont s’est doté le Sdis de l’Ain pour un montant de 350 000 euros. Un prix qui comprend leur achat, leur sécurisation (une tablette volée est, par exemple, automatiquement désactivée), leur mise à jour, etc. Elles ne servent d’ailleurs pas qu’à accéder au “QR Code Sécurité Bâtiment”, mais permettent aussi de remplir et de transmettre au Samu, le bilan numérique d’une intervention, ou d’accéder aux fiches des véhicules sur un accident, pour en connaître les risques particuliers ou savoir où découper, en cas de désincarcération.

Le développement de Batifire n’a cependant été pris en charge ni par le Sdis, qui en bénéficie gratuitement, ni par la CCI. Son financement repose sur les usagers qui payent un abonnement à partir de 20 euros par mois et par bâtiment, tarif dégressif en fonction du nombre de sites couverts. « Mais, c’est un argument à présenter aux assurances », observe-t-on du côté de Bourg Habitat.

Gagner de précieuses minutes

Ce mode de financement apparaît d’autant plus pertinent que c’est aux gestionnaires des bâtiments de tenir à jour, avec l’appui de la start-up, les informations utiles aux pompiers. « Le QR Code ne se limite pas à la lecture de plans, il référence les voies et les codes d’accès, permet de détecter les meilleurs passages pour l’intervention, contient les coordonnées des responsables de site, signale les trappes de désenfumage, etc. Autant d’éléments grâce auxquels on peut gagner de précieuses minutes, même quand le bâtiment est aux normes et que la sécurité incendie a été bien pensée », souligne Florence Pradel, directrice générale des services de la CCI. Et son président, Patrice Fontenat, d’imaginer le futur : « L’étape d’après, ce sont des casques en réalité augmentée qui permettront aux pompiers de se guider dans les fumées. »


70 %

Une entreprise victime d’un sinistre majeur disparaît dans les mois qui suivent, dans 70 % des cas. Or, dans l’Ain, chaque semaine en moyenne, deux sinistres sont déclarés en entreprise.

Oscar

Le Sdis, la CCI de l’Ain et Batifire ont été récompensés en décembre dernier, aux Oscars de la Fédération française des métiers de l’incendie.


Sébastien Jacquart

1 Commentaire

  1. Lesur

    Bonjour,

    Article intéressant cependant pour information nous avons une solution similaire développée il y a un peu plus de 5 ans, via notre plateforme Holytag. Dans notre cas nous associons également des enregistrement vocaux pour completer le disposotif.
    Bien à vous

    Réponse

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