L’école de management et l’Éco de l’Ain ont organisé un dîner-débat pour « Faire du handicap, une force pour l’entreprise ».
L’EMLyon Business School et l’Éco de l’Ain organisaient une rencontre, jeudi 12 mars à Oyonnax, autour de la thématique suivante : « Faire du handicap une force pour votre entreprise ». Pour cette première, une soixantaine de personnes, anciens de l’école et représentants de l’écosystème politique et économique de l’Ain, étaient réunies dans les allées du magasin Décathlon, partenaire de l’événement, pour un dîner-débat autour de huit tables de huit personnes. Au cours du repas, des témoins passaient d’un groupe à l’autre pour parler de leurs savoir-faire, détailler leurs compétences ou raconter leur histoire, autour du thème du jour.
Services
« L’une de nos missions est de faire en sorte que les personnes handicapées sortent des schémas dans lesquels on les a enfermés, en leur disant qu’elles ne peuvent pas faire ceci ou cela, a ainsi expliqué Paul Perez, président des Dahus d’Arbent, club local de rugby-fauteuil. Nous faisons du sport partagé : handicapés et valides jouent ensemble, ce qui permet de changer le regard, d’établir une relation plus simple, plus directe. » Olivia Berthod, directrice de Cap Emploi, a présenté ce service public de l’emploi dédié aux personnes handicapées qui requièrent un accompagnement renforcé, « souvent des personnes en reconversion après un licenciement pour inaptitude ».
Quant à Gilles Barbier, il dirige Handicap.fr, un média sur le handicap qui mène chaque année, des actions en direction de l’emploi en milieu ordinaire, par l’organisation d’événements de sourcing digitaux : Hello Handicap. « Les entreprises postent leurs offres et les entretiens se font par messagerie instantanée (chat) ou par téléphone. Ainsi, on ne parle pas du handicap, qui devient invisible, mais de compétences. On résout les problématiques de mobilité. Et l’on permet aux entreprises de répondre à leurs obligations d’embauche de travailleurs handicapés. Nous en organisons trois par an, deux pour les grands comptes, un pour les PME, décrit-il. Nous avons beaucoup de candidats de bac+2 à bac+5. » Et celui-ci de rappeler que 80 % des handicaps apparaissent après l’âge de 16 ans. « Beaucoup de travailleurs en établissement adapté sont d’ailleurs dans une deuxième partie de carrière, après une invalidité », relève Marion Baud, chargée de mission régionale de l’Unea, Union nationale des entreprises adaptées. Ces dernières emploient 80 % de personnes handicapées et connaissent, depuis une dizaine d’années, des développements dans tous les secteurs d’activité. Leurs effectifs s’élèvent à 3 000 personnes en Auvergne-Rhône-Alpes, pour 115 entreprises dont neuf dans l’Ain. Celles-ci interviennent en entretien des espaces verts, nettoyage des locaux, restauration, ou encore en conditionnement, montage et assemblage.
Intégration et maintien
Quand survient un handicap en cours de carrière, le Crédit Agricole Centre-Est n’est pas pris au dépourvu. « Nous accompagnons nos collaborateurs dans la reconnaissance de leur qualité de travailleur handicapé. Notre objectif est de les maintenir dans l’emploi dans les meilleures conditions, d’éviter autant que possible l’inaptitude », souligne Cécile Fayard, référente handicap et emploi de la banque qui se charge également du recrutement de travailleurs handicapés et de la sensibilisation des managers. Chez EY (Ernst & Young) aussi, on dispose d’une mission handicap, depuis une quinzaine d’années. Ainsi, le site lyonnais de l’entreprise se prépare à accueillir une travailleuse handicapée, dans les prochains jours. Elle travaillera en binôme, 4/5e du temps, en support administratif, recevra un supplément de formation et ne se verra confier que des tâches sans échéance. « L’essentiel des handicaps sont invisibles, constate Sabrina Benyahia, responsable marketing et communication de l’entreprise. Il existe de nombreuses idées reçues contre lesquelles il faut lutter. » Et c’était bien l’objet de cette soirée.
Groupe de discussion
Pour prolonger les discussions qui ont animé la soirée, un groupe Linkedin a été créé par l’EMLyon Junior Conseil, la junior entreprise de l’EM. Celui-ci restera en place deux mois, à l’adresse suivante : linkedin.com/groups/13593211.
L’EMLyon, un réseau à différentes facettes
Tout est fait pour maintenir le contact et apporter des services aux diplômés de l’école.

Sandrine Caillat, animatrice du réseau EMLyon Business School Forever
À l’origine de cette rencontre du 12 avril, on trouve le réseau de l’EMLyon Business School. « Créée en 1874, notre école compte plus de 29 000 diplômés dans plus de 118 pays, dont bon nombre dans le sillon alpin. L’idée de cette soirée à thème était de trouver un cadre disruptif pour échanger et de provoquer la rencontre entre ces anciens élèves et l’écosystème économique et politique local, décrit Sandrine Caillat, responsable de l’animation du réseau. Notre école est en pleine transformation. Face à une concurrence étrangère exacerbée et au e-learning, il nous faut moderniser nos méthodes. Pour donner aux jeunes, l’envie de nous rejoindre, nos campus intègrent aujourd’hui les derniers outils digitaux, de nouveaux espaces collaboratifs et des makers labs où l’on peut se former à créer des objets. Nous offrons à nos élèves, la possibilité de se confronter à un environnement multiculturel à travers des séjours de six mois sur des campus à l’étranger. Nous en avons en effet ouvert, ces deux dernières années, à Paris, Shanghai et Casablanca. Et nous en créons un, prochainement, en Inde. Nous voulons favoriser l’agilité, la créativité et le fait d’oser, pour former les créateurs des emplois de demain. » Et le réseau est évidemment un argument supplémentaire.

Christian Cochet, responsable du pôle reprise-transmission du réseau EMLyon Forever
EMLyon Forever, c’est par exemple un pôle reprise-transmission d’entreprise. « Essentiellement tournés vers la reprise, nous accompagnons les projets de nos diplômés, mais aussi des ingénieurs issus d’autres écoles, précise son responsable, Christian Cochet. Nous conseillons des gens qui sont à mi-parcours. Certains sont en poste, d’autres chez Pôle Emploi, ou encore viennent de céder leur entreprise et se trouvent entre deux projets. Nos sessions se déroulent de septembre à juin, en une quarantaine de matinées où interviennent une vingtaine de dirigeants, tous experts dans leur domaine, en création-transmission d’entreprise. Chaque rencontre prévoit une thématique, un intervenant, puis des témoignages. Nous générons ainsi 10 à 15 Kbis par an pour 80 à 120 emplois créés ou maintenus. »
500 000
En France, on compte 500 000 chômeurs handicapés.
80 %
80 % des handicaps apparaissent après l’âge de 16 ans.
80 % des handicaps sont invisibles.
23 %
Le travail est à l’origine de 23 % des handicaps, par les accidents ou maladies professionnelles.
Dans la peau d’un travailleur handicapé
« Le handicap vous donne des forces que les valides n’ont pas, affirme Carine, victime d’un grave accident de la route, il y a 20 ans. J’ai connu depuis de nombreuses opérations et trois licenciements pour inaptitude. À chaque fois, il faut repartir sur un nouveau projet. » Bénévole de l’Avema, Aide aux victimes et médiations de l’Ain, elle fait de la prévention auprès de différents publics, notamment, dans le cadre d’une convention avec le tribunal, auprès des auteurs d’infractions routières, lors de journées de sensibilisation en alternative à la sanction.
Les juniors dans le grand bain

Ewann Billant, vice-président d’EMLyon Junior Conseil.
EMLyon Junior Conseil est une junior entreprise menée par une vingtaine d’étudiants en master. « Nous accompagnons des petites entreprises comme de grands groupes en leur délivrant des prestations de conseil. Nos domaines de compétences sont l’entrepreneuriat, le marketing, la communication et la finance. Nous réalisons par exemple des études de marché ou des bilans d’image, pour des structures désireuses de se lancer sur un nouveau marché ou sur un nouveau produit, décrit son vice-président, Ewenn Billant. Nous employons les étudiants de l’école sur ces missions, en essayant de trouver les plus pertinents pour chaque projet. Cela nous confère une double casquette. D’un côté, nous accompagnons les entreprises, de l’autre les étudiants, en leur permettant de compléter leur formation par une expérience en entreprise. »
Par Sébastien Jacquart












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