L’entrée en application de la nouvelle loi de finances 2014 laisse apparaître son lot de changements, détaillés et expliqués par la Chambre des notaires de l’Ain, l’ordre des avocats de l’Ain et l’ordre des experts-comptables Rhône-Alpes, lors de deux récentes conférences départementales (lire page 4).

Les ménages sont particulièrement exposés cette année. Et si certaines mesures leur semblent favorables – telles qu’une décote d’impôt supplémentaire pour les contribuables les plus modestes, ou un abattement exceptionnel sur les plus-values immobilières pour les autres – l’essentiel des modifications vont malheureusement dans le sens d’une hausse des taxations. Ainsi après deux années qui ont largement contribué à accentuer l’appauvrissement des Français, la hausse des prélèvements fiscaux reste encore évaluée à 3 milliards d’euros pour 2014. On est loin de la pause fiscale, promise un temps par notre Président, et remplacée depuis par le « ras-le-bol fiscal ».Cette interprétation médiatique de la formule « trop d’impôt tue l’impôt » pourrait également se traduire, en langage familier, par « on en a marre d’être pris pour des vaches à lait pendant que d’autres continuent à s’engraisser sans effort».

A propos d’effort justement, parlons maintenant de celui demandé aux entreprises. La loi de Finances 2014 leur est certes relativement favorable, notamment grâce à la mise en place du CICE. Et la récente prise de conscience de François Hollande de l’importance des entreprises dans le processus de croissance semble nous promettre quelques réductions de charges supplémentaires. Mais il est impensable de demander en contrepartie, aux TPE et PME qui font la richesse de notre pays, de contribuer à la création de 2 millions d’emplois supplémentaires.

Comme l’écrivait récemment une entrepreneuse de Savoie sur un réseau social : « une baisse de charges de quelques pourcents nous permettra avant tout de regagner un peu de compétitivité afin de consolider les emplois existants.[…] Bien sûr que nous avons besoin de baisser le coût du travail en France. […] Mais nous avons aussi besoin d’oxygène, besoin de délier les liens qui nous empêchent de progresser et d’être agile ».

Le gouvernement ne peut pas nous demander de dépenser 100 euros quand il nous en prête 10.