Les deux CitésLab de Savoie ont présenté le bilan des actions qu’ils ont menées dans le cadre du programme national « Entrepreneuriat quartiers 2030 ». Quatre créateurs ont témoigné.
« Je pense que je n’aurais pas continué mon activité de coach sportif sans l’accompagnement de CitésLab. Je croyais que monter son entreprise était facile… » Dine Mchinda s’est accroché à son rêve de gosse et, grâce à son talent et au soutien de CitésLab Grand Lac, le voilà gérant de sa propre salle de sport à Aix-les-Bains, Dine Fit. Après des années à faire le ménage chez les autres, il l’a aussi fait dans sa tête pour, à 23 ans seulement, créer son entreprise individuelle fin 2021.
« C’est un collègue qui m’a ouvert les yeux, raconte-t-il, en me disant que le but était d’être heureux et qu’à mon âge, je n’allais pas faire du ménage toute ma vie. Or moi, la seule chose qui m’anime, c’est le sport… » Restait à faire le grand saut. L’ancien professionnel de boxe anglaise s’est lancé dans l’aventure entrepreneuriale comme dans un marathon. Après 4 ans d’accompagnement par CitésLab, le passage de deux brevets d’Etat et autres diplômes d’enseignement du sport, il s’apprête à changer de statut juridique pour passer en société.
Une transformation qui ne s’est pas réalisée sans sueur. De quelques heures de coaching individuel en extérieur à ses débuts, il passe progressivement à la location de salles pour exercer son activité. Lorsqu’il atteint plus de trente heures de location par semaine, une évidence se dessine : il lui faut son propre local. Dine Fit a ouvert ses portes en début d’année et accueille de plus en plus de personnes, séduites par le charisme et le professionnalisme du jeune homme. « J’aime trop l’humain ! » souffle-t-il, épanoui comme jamais.
Son témoignage, ainsi que celui de trois autres créatrices, a illustré le bilan des deux CitésLab (*) de Savoie : celui de Grand Chambéry et de Grand Lac. Deux organismes qui proposent des accompagnements individualisés pour la création d’entreprise et des actions de sensibilisation à l’entrepreneuriat, dont le programme « Entrepreneuriat quartiers 2030 » visant à réduire les inégalités au niveau national, notamment dans les quartiers prioritaires de la ville (QPV), les quartiers de veille active (QVA ou poches de pauvreté) et les quartiers en contrat de cohésion sociale. Tous étant fortement touchés par le chômage (taux de 20 % en moyenne).

Dans l’agglomération de Grand Chambéry, deux QPV (Biollay/Bellevue et les hauts de Chambéry) et neuf QVA (représentant 10 330 habitants de l’agglomération) ont, en 2024, été concernés par des actions de détection, d’information et d’orientation, d’accompagnement et de financement et de consolidation. 124 personnes ont été sensibilisées et 62 réellement accompagnées, dont 52 % étaient issues des quartiers prioritaires de la ville. Parmi elles, 71 % étaient des femmes. Au 31 mai 2025, 79 hommes et femmes (sur 150 visés d’ici la fin de l’année) ont déjà participé à des animations.
CitésLab Grand lac est intervenu au sein de quatre quartiers en contrat de cohésion sociale (Sierroz-Franklin Roosevelt, Liberté, Les Hauts de Marlioz et le Bourget Sud) regroupant 7 185 habitants. 602 personnes (53 % de femmes) ont été accueillies et 296 accompagnées. Au 31 mai 2025, 484 (sur les 500 espérées sur un an) hommes et femmes ont déjà participé à des actions de CitésLab et 121 projets sont réellement accompagnés.
(*) CitésLab est un dispositif national public. Il vise à faciliter l’identification des talents dans les quartiers prioritaires de la politique de la Ville afin de les assister dans la préparation et la sécurisation de leur projet entrepreneurial. Il est subventionné par l’État, Bpifrance et les agglomérations. Le budget pluriannuel 2025-2027 s’élève à 60 612€ au global pour le CitésLab de Chambéry et à 92 800€ pour celui de Grand Lac.
Témoignages
Marion Lacour (La Ravoire), a été accompagnée dans son envie de devenir consultante en qualité, sécurité, environnement après avoir exercé cette fonction pendant cinq ans en tant que salariée. Elle a concrétisé son projet en janvier dernier.
Manon Levaux (Chambéry) a quitté le marketing pour devenir pâtissière et s’apprête à acheter un local pour y ouvrir son atelier en fin d’année. Son credo ? L’antigaspi et le local.
Audrey Ronc (Aix-les-Bains), maman solo de trois enfants, a connu le programme via une assistante sociale. Elle a monté son activité de création et de vente de bijoux en résine époxy (Aixpoxy fantaisie).










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