En cette veille de changement d’année, il est encore temps d’un dernier coup d’oeil dans le rétroviseur afin d’imprimer dans nos souvenirs les événements les plus marquants et, si possible, tirer de ces derniers les conclusions qui s’imposent.

Et comment parler de cette année sans évoquer les tragiques attentats qui endeuillèrent le pays à une double reprise ? Les tueries de Charlie Hebdo et de l’Hyper Casher nous faisaient entrer dès le 7 janvier dans une année de sang, confirmée par le massacre du Bataclan le 13 novembre dernier. Partout les mêmes paroles ont résonné : désormais la France est en guerre. Au sens propre puisqu’il convient d’organiser notre défense face à des organisations terroristes lourdement armées et déterminées à frapper aveuglément, et au sens figuré pour combattre la bêtise, la médiocrité et l’obscurantisme. Ce sont, évidemment, ces actes de barbarie qui plus que tout autre chose, auront profondément marqué cette année 2015.

Ces événements ne pouvaient donc avoir qu’une forte répercussion sur le plan politique, conduisant notamment la France à adopter l’Etat d’urgence, procédure inédite depuis 1961. Les élections départementales et régionales ont également donné l’occasion au peuple de manifester ses doutes et ses angoisses, son refus de l’islamisation et sa peur de l’étranger. Dans les urnes, ce besoin de sécurité s’est manifesté par un soutien massif aux propositions du Front national, qui n’a cependant pas permis au parti de Marine Le Pen d’emporter la présidence du moindre territoire. Si les Français manifestent de plus en plus clairement leur opposition à la politique en place, ils ne sont pas encore prêts à aller au bout de leur démarche en offrant la gouvernance à un parti extrémiste. Mais à quand l’inéluctable ? L’Ain participe amplement à ce mouvement puisque notre département a offert le meilleur score au Front national de toute la région AURA, lors du premier tour des élections régionales, avant de finalement rentrer dans le rang lors du second tour…

Ce contexte actuel, fait de flou politique, de transfert de compétences territoriales, de peur de l’avenir et de pessimisme des ménages, vient s’ajouter aux difficultés liées à la crise conjoncturelle et pèse sur la volonté des entreprises à relancer l’économie et l’emploi. Malgré une conjonction d’éléments positifs (faiblesse des taux d’intérêt, parité euro-dollars, baisse durable du prix du pétrole), le taux de croissance du pays reste ainsi limité à 1% sur l’année, le nombre d’emploi continue de chuter et certains secteurs semblent durement touchés : BTP, services marchands, automobile…

Heureusement, les bonnes nouvelles existent aussi. L’Ain regorge de pépites industrielles, à l‘image des six entreprises que nous avons sélectionnés dans ce numéro pour leur capacité à innover, à se projeter dans l’avenir et à se développer. Les nouvelles technologies nous tendent les bras en nous offrant des possibilités de nous réinventer et de capter de nouveaux marchés. Notre conseil départemental affirme son soutien au monde économique et met en oeuvre de nouveaux outils à l’attention des chefs d’entreprise. La fibre optique continue de se déployer plus rapidement chez nous que sur d’autres territoires…

Il existe encore quelques raisons de se réjouir. A nous de bien les exploiter.