Florent Chambaz : « Le Centre hospitalier Métropole Savoie est un bel outil de travail »

Florent Chambaz : « Le Centre hospitalier Métropole Savoie est un bel outil de travail »

Florent Chambaz a pris, début mai, la direction du Centre Hospitalier Métropole Savoie. L’établissement, dont l’activité se développe, porte des projets d’investissements importants. Rencontre.

Vous assumez depuis quelques semaines la direction du centre hospitalier métropole Savoie (CHMS). Quelles sont vos premières impressions ?

Très bonnes. C’est un bel établissement, un outil de travail remarquable à tous les niveaux. Fort d’une vraie compétence médicale et paramédicale, il développe des activités de référence tout en répondant aux besoins de proximité de la population. Ses projets d’investissement en immobilier, équipements, formation sont également très intéressants.

Quels sont vos objectifs ?

Il a fallu beaucoup de travail pour hisser le CHMS à ce niveau d’excellence. Il en faut tout autant pour maintenir cette qualité et continuer à jouer pleinement notre rôle territorial. Au-delà des établissements sous direction commune, le CHMS joue un rôle pivot dans le groupement hospitalier de territoire (GHT) qui recouvre tous les sites de Savoie et Belley, y compris le centre hospitalier spécialisé de Bassens, les hôpitaux de Saint-Jeande- Maurienne, Modane et Bourg- Saint-Maurice qui ne sont pas en direction commune.

Quels sont les principaux investissements en cours ou à venir ?

Nous allons recevoir un nouveau pet scan* et un 4e accélérateur de particules** qui permettront d’accélérer et améliorer la prise en charge des patients. Au niveau immobilier, nous travaillons avec l’agence régionale de santé (ARS) et le conseil départemental de Savoie sur la réorganisation des sites d’Aix-les-Bains.

De quoi s’agit-il ?

Dans un premier temps, nous souhaitons construire un établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) de 280 lits sur un site que nous avons identifié à Grésy-sur-Aix et qui présente les caractéristiques requises en termes d’accessibilité et de proximité. Ce bâtiment rassemblerait les capacités aujourd’hui réparties sur différents sites : l’hôpital de Grand Port, La Reine Hortense en centre-ville et Félix Pignal à Brison- Saint-Innocent. L’objectif est de trouver l’équilibre permettant une prise en charge à taille humaine, mais aussi une mutualisation des plateaux techniques afin d’éviter l’éparpillement de moyens.

Quel est le calendrier prévu ?

Il nous faut au préalable obtenir l’accord de l’ARS et du Conseil départemental. Pour cette première phase, nous espérons disposer, fin 2019, d’un dimensionnement de l’opération pour lancer les études et les concours en 2020. L’objectif serait une construction en 2023-2024 pour un montant de l’ordre de 25 à 26 millions d’euros. Dans un second temps, toutes les autres activités aixoises, c’est-à-dire la chirurgie ambulatoire, la médecine, la gynécologie, seraient transférées à Grésy dans un autre bâtiment, à construire.

Pourquoi ne pas avoir envisagé une rénovation sur site ?

Cette hypothèse a été abandonnée pour des raisons financières et techniques. La reconfiguration des sites aurait été plus couteuse et très compliquée compte tenu du manque d’espace. Installer une base travaux sur un site où la place fait déjà défaut n’était pas envisageable. Que deviendront les sites aixois ? Cela fait partie des discussions conduites avec la Ville. Notre objectif est de valoriser au mieux ce foncier dont la vente participera au financement des nouveaux programmes.

À Chambéry, où en êtes-vous de la restructuration des quatre niveaux (deux étages et les galeries du sous-sol) du bâtiment Jacques Dorster qui ont été conservés ?

Nous affinons les besoins et avons engagé un travail de programmation afin d’arrêter le phasage et le calendrier de l’opération. Cette réhabilitation- restructuration va nous donner des mètres carrés supplémentaires qui pourront accueillir diverses activités : administration, consultation, IRM et scanner pour les consultants externes, la stérilisation… Le déménagement de cette dernière libèrera de l’espace au sous-sol de la maternité, ce qui permettra d’agrandir le bloc opératoire central. La phase d’études devrait se prolonger jusqu’à l’automne 2020 pour un démarrage des travaux en fin d’année 2020. Le programme dont le coût est estimé à 20 millions d’euros devrait être mis en service début 2023.

Florent Chambaz, 43 ans, a commencé sa carrière aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg. Avant d’arriver en Savoie, il dirigeait depuis 2015 les hôpitaux de Vienne, Beaurepaire et Condrieu.

Le nouvel hôpital est-il déjà trop petit ?

Non. Nous avons une croissance d’activité atypique et forte, mais l’opération de réhabilitation du bâtiment Jacques Dorster répondra aux besoins. Mais c’est vrai que le nouvel hôpital a été pensé il y a dix ans et qu’il faut réfléchir à l’utilisation de l’espace car la vie hospitalière évolue en permanence.

Où en est le partenariat noué avec la Clinique Herbert ?

Le groupement de coopération sanitaire que nous avons créé en 2017 avec l’association de médecins libéraux exerçant à la clinique a permis de renforcer l’activité et de générer des économies. Nous avons des projets d’investissement pour améliorer le confort offert aux patients, et de recrutement de nouveaux praticiens.

Quelles sont les perspectives pour les autres établissements qui sont en direction commune avec le CHMS ?

La direction commune avec le Centre hospitalier Albertville-Moûtiers (Cham) est en place depuis 2018, avec un directeur délégué sur le site albertvillois, Pierre Idée. Un travail important a été fait pour rationaliser les dépenses, relancer l’activité et répondre aux besoins du territoire par le recrutement de médecins. Cette direction commune ne peut qu’être vertueuse et conforter les deux établissements autour d’un projet médical partagé. En février 2019, l’ARS a confirmé une aide de 15 millions d’euros sur cinq ans pour soutenir l’investissement prévu dans ce cadre. Sont notamment prévus un Ehpad à Albertville et une reconfiguration du site de Moûtiers où un nouvel Ehpad sera aussi construit.

La direction commune englobe l’hôpital Michel Dubettier à Saint-Pierre-d’Albigny…

Cet établissement de proximité dédié à la dépendance et aux soins devrait aussi être reconfiguré. De l’ordre de 4 millions d’euros, les travaux viseront à réhabiliter le service de soins de suite et réadaptation.

Le CHMS pilote le groupement hospitalier de territoire (GHT) Savoie-Belley. Quel est son rôle ?

Répondre aux besoins de la population à travers des projets très concrets portant, entre autres, sur la communication, la transmission d’informations d’un site à l’autre, les téléconsultations, la prise en charge à distance des patients, ou à l’inverse le déplacement de spécialistes pour des consultations délocalisées… L’ensemble du GHT connaît une forte dynamique, à l’image de l’hôpital de Belley qui intègrera un nouveau bâtiment au 2e trimestre 2020. Initié il y a une dizaine d’années, sur un terrain plat et beaucoup plus accessible que l’actuel, ce programme se compose de deux édifices – un Ehpad et un bâtiment sanitaire – reliés l’un à l’autre et ouverts sur des espaces de vie.

Quel est le climat social au sein du CHMS ?

Nous connaissons quelques situations de tension au sein de certains services comme les urgences. Entre 2014 et 2018, l’activité des urgences a augmenté de 28 %. Dans le même temps, les effectifs ont progressé de 30 %. J’ai rencontré les grévistes des urgences dont les revendications s’inscrivent à la fois dans un mouvement national et local autour de problématiques touchant, entre autres, aux plannings et à l’articulation entre les services. Nous avons convenu de mettre en place des groupes de travail chargés de réfléchir aux problématiques identifiées et de proposer des solutions. Les organisations syndicales sont responsables et portent des revendications que l’on peut, en partie, partager.

Comment voyez-vous l’avenir du CHMS ?

Chaque année, nous créons des postes (122 postes dont 15 de médecins en 2018) pour accompagner le développement de nos activités, ce qui n’est pas si fréquent dans notre secteur. L’enjeu est de poursuivre nos investissements tout en restant dans un cercle vertueux. Il est aussi de renforcer notre responsabilité territoriale en l’élargissant notamment aux acteurs libéraux (médecins, infirmiers…).

*Appareil d’imagerie permettant de créer des clichés du métabolisme et des fonctions du corps afin de diagnostiquer et suivre l’évolution d’un cancer. ** Appareil utilisé pour le traitement des cancers par radiothérapie.


Propos recueillis par Sophie Boutrelle

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