Le choix pour Fort l’Écluse d’un ascenseur en gabions

par | 1 juin 2022

L’aménagement retenu pour l’accès au site des personnes à mobilité réduite peut paraître osé. Il s’intègre finalement parfaitement dans le patrimoine et le paysage.

Si Fort l’Écluse a été retenu comme cadre des dernières Ainterpros du bâtiment durable, jeudi 12 mai, sur le réemploi des matériaux (lire Eco de l’Ain du 19 mai), c’est parce que l’habillage de l’ascenseur destiné à l’accès au site des personnes à mobilité réduite a été réalisé en gabions entièrement garnis des pierres prélevées sur place. Mais en l’espèce, il s’agit moins de répondre à des enjeux environnementaux d’économies de matériaux qu’à des enjeux paysagers et patrimoniaux.

« Il y a sept ou huit ans, un rapport nous annonçait que les murs de soutènement allaient partir dans le Rhône, entraînant avec eux une partie du fort », retrace Nicolas Renard, directeur du pôle culturel et touristique de Pays de Gex Agglomération, pour le contexte. « Les premiers travaux conduits ici, à hauteur de 10 M€, avaient d’abord une visée de sauvegarde. Ensuite seulement, parce que Fort l’Écluse constitue la porte du Pays de Gex, il s’est agi d’en faire un lieu de culture et de loisirs. Celui-ci s’est d’ailleurs imposé au fil des ans comme le quatrième site touristique du département. Le nombre de visiteurs a été multiplié par trois en une décennie, pour atteindre les 30 000 par an. Et pour accompagner cette évolution de la fréquentation, 5 M€ d’euros de travaux supplémentaires ont été programmés, d’abord pour revoir tout le dispositif d’accueil, la buvette, la billetterie et le système d’entrée, puis pour créer un espace muséographique, seule salle véritablement sèche du site où nous pouvons présenter des collections permanentes. Et comme l’objectif était d’accueillir le plus grand nombre, nous avons intégré un ascenseur pour l’accès des personnes à mobilité réduite. Alors que nous aurions très bien pu demander une dérogation aux règles d’accessibilité. » Hier, pour visiter le fort de fond en comble, il fallait grimper quelque 1500 marches d’escalier. Aujourd’hui, il est accessible à 90 %.

Coller à l’histoire

Le site n’est pas protégé au titre du patrimoine, mais de l’environnement. Aussi, la Dréal a été sollicitée en amont du projet, laquelle a préféré s’en remettre à l’avis de l’architecte des bâtiments de France. « Les uns et les autres ont été de très bon conseil, poursuit Nicolas Renard. L’idée s’est imposée qu’un fort militaire avait une vie longue, que ce type de bâtiment était au fil des siècles, détruit, reconstruit, agrandi, avec des méthodes modernes et des matériaux le plus souvent récupérés sur place. D’où le choix pour cet ascenseur, d’une structure légère, en gabions, remplis avec les matériaux des déconstructions nécessaires à la création dudit ascenseur, de la salle musée et de divers accès. »

« Lorsque l’on intervient sur du patrimoine, tout l’enjeu est de trouver le moyen de servir l’usage sans défigurer l’existant », ont retracé Grichka Martinetti et Antoine Petit, les architectes du projet (Atelier PNG). « Nous savions que l’intervention serait lourde. Aussi, nous avons élaboré plusieurs scénarios d’implantation pour déterminer la meilleure. Nous nous sommes par ailleurs beaucoup interrogés sur le choix des matériaux, nous demandant s’il fallait travailler en contraste, en transparence… Les militaires construisaient de manière efficace, avec peu d’ornements. Ils réservaient la pierre aux bâtiments nobles, la brique aux bâtiments utilitaires. Mais retenir cette dernière option pour l’ascenseur aurait créé un contraste trop fort. Quant au verre, en pleine lumière, il crée des reflets. Or, le site est très visible depuis les environs. »

Si les carriers des alentours avaient été consultés, la réutilisation des pierres extraites sur place est finalement apparue comme une évidence. En réduisant la taille des gabions, qui ne sont pas porteurs, leur nombre s’est, de surcroit, révélé tout à fait suffisant.


Sébastien Jacquart

0 commentaires

Soumettre un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bourse : tout voir >

PUBLIEZ VOTRE ANNONCE LÉGALE EN LIGNE

Devis immédiat 24h/24
Attestation parution par mail
Paiement CB sécurisé

LE CHIFFRE DE LA SEMAINE

Les subventions représentent 16,7 % du chiffre d’affaires agricole de la Savoie et 13,6 % de celui de la Haute-Savoie, contre 8,9 % en France métropolitaine.

ABONNEZ-VOUS

10.90€ / mois
Paiement CB sécurisé
Déblocage immédiat
Tous les contenus premium
Résiliable à tout moment

À lire également :

Arnaud Millet, dirigeant du Caoutchouc Bressan, entouré de ses équipes.

Ain : Au Caoutchouc Bressan fête ses 60 ans

Véritable institution burgienne, le commerce spécialisé en vêtements professionnels et EPI a organisé une grande exposition avec ses partenaires, pour célébrer son anniversaire. « En 1966, à sa création, Au Caoutchouc Bressan était simplement un magasin de vêtements...

Tourisme : deux jours dans l’Avant-Pays savoyard

L’Avant-Pays savoyard pourrait être considéré comme l’antichambre des Alpes. Erreur d'appréciation : le statut de « pays avant  » implique de faire preuve d'une grande humilité tout en cultivant une identité forte. Ce terroir d'entre-deux...

Annecy : un nouveau siège pour NTN Europe

Après deux ans de travaux et 40 millions d’euros d'investissement, le groupe industriel NTN Europe s’installe dans des locaux pensés pour accélérer ses développements. À l’entrée d’Annecy, face à la rocade, l’immense bâtiment de bois ne passe pas inaperçu. Les...

Newsletter

Abonnez-vous à notre newsletter hebdomadaire (chaque lundi à 7H00)

Linkedin

Suivez-nous sur nos pages Linkedin dédiées à l'économie de vos territoires

Abonnement

Restez informé.e en vous abonnant à nos publications économiques

Annonce légale

Devis instantané, publication et attestation sans délai, paiement CB sécurisé