La mi-mai arrive. Ouf ! Les 1er et 8 mai et leurs ponts respectifs, pour des semaines de travail largement amputées, sont maintenant derrière nous. Il ne reste plus qu’à franchir le jeudi de l’ascension pour pouvoir retrouver un rythme normal.

Au final, en profitant de tous les ponts, certaines personnes n’auront travaillé que 16 jours ce mois-ci, quand d’autres auront préféré opter pour l’aqueduc, s’offrant ainsi une semaine de repos à moindre frais. Ainsi, les mois de mai finissent par présenter la même dynamique économique qu’un mois d’août : interlocuteurs absents, équipes réduites, baisse des encaissements et absence de décisions…

D’après les calculs de certains économistes, chacune de ces journées non productives coûterait entre 2 et 8 milliards d’euros à l’économie française. Un chiffre qui a de quoi faire réfléchir à la fois le gouvernement, toujours à la recherche de quelques milliards supplémentaires pour équilibrer son budget, et bien sûr les entreprises françaises, soucieuses de retrouver une légitimité sur le terrain de la compétitivité internationale.

Alors, faut-il réduire le nombre de jours fériés, dont la plupart sont liés à des fêtes religieuses dans un pays prétendument laïque ? L’essai de suppression du lundi de Pentecôte s’était soldé par un fiasco et nous rappelle combien il est difficile de toucher à cet avantage social que constituent les jours de repos. D’autant plus que, contrairement à une idée largement répandue, la France n’est pas le plus fatigué des pays européens. En cumulant congés et jours fériés, notre pays ne se classe qu’à la 5e position avec 36 jours de repos, derrière les Autrichiens, les Maltais, les Grecs et les Polonais.

Mais alors, pourquoi ne pas transformer certains jours fériés en jours de congés supplémentaires ? Cet artifice permettrait de limiter les périodes d’immobilité économique de tout un pays, grâce à une meilleure répartition des personnes à l’arrêt. Les salariés conserveraient ainsi leurs avantages tandis que les chefs d’entreprises gagneraient un peu de latitude dans la gestion des absences. Un moindre mal ?