Lucas Crochon fait partie, avec 14 autres agriculteurs de France, des finalistes du concours Graines d’agriculteurs. Visite de son exploitation à Gruffy.
C’est la pleine saison des framboises et des mûres. Dans les longues rangées d’arbustes de l’exploitation bio de Lucas Crochon à Gruffy, Gru’Fruits, les branches ploient sous les poids des baies. Le jeune homme de 28 ans arpente fièrement son verger d’un hectare qu’il a lui-même conçu et planté et qui lui vaut d’avoir été sélectionné en tant que finaliste du concours national Graines d’agriculteurs (lire l’encadré).
« J’ai toujours voulu faire un métier agricole, être en lien avec la nature », explique-t-il. Après un CAP, un bac pro et un BTS production horticole, il se perfectionne pendant un an en licence, et travaille trois ans en tant que salarié, le temps de peaufiner, jusque dans les moindres détails, son projet d’installation.
En 2023, il crée l’entreprise individuelle qui porte son nom après avoir réalisé, l’automne précédent, ses premières plantations à Gruffy sur un terrain familial de 1 000 m2. Au même moment, il rachète l’exploitation Douceurs des Bauges, située à Bellecombe-en-Bauges. Celle-ci existe depuis 2017 et produit déjà, sur 1 000 m2 également, toutes sortes de petits fruits : mûres, framboises, cassis, groseilles, casseilles, bleuets, rhubarbe… « J’ai pu l’acquérir grâce à la dotation jeunes agriculteurs et à un prêt à taux zéro accordé par France initiative », précise-t-il. L’intérêt est aussi de pouvoir disposer du laboratoire de transformation en place où il n’a que du matériel à racheter. Au total, 50 000 euros environ sont injectés dans l’entreprise sur ses deux sites.
A Gruffy, tout est à faire. Lucas Crochon s’inspire de l’agroforesterie pour concevoir son verger où le paillage, l’alternance de plantes hautes et basses, l’orientation des rangées, la présence d’arbres fruitiers (figuiers, pêchers, abricotier, cognassiers, pruniers…) et d’herbe contribuent à lutter contre la sécheresse. « En trois ans, je n’ai jamais irrigué », se félicite-t-il. La création d’une mare au fond de terrain (avec le soutien financier de Grand Annecy) favorise le développement d’auxiliaires de culture.
Des ruches participent quant à elles à une parfaite pollinisation. Le résultat est là, avec des rendements croissants d’année en année et un chiffre d’affaires suivant la même courbe : 22 800 euros en 2024, plus de 30 000 euros en 2026. « Je vends ma production en direct sur les marchés de Gruffy et de Viuz-la-Chiesaz ainsi que dans différents magasins. »
Et lorsqu’il n’est pas sur une de ses parcelles à ramasser ses fruits rouges, Lucas Crochon est au laboratoire où il les transforme en confitures allégées, compotes, coulis et sirops. Dès l’année prochaine, il espère pouvoir proposer, en plus, des boissons alcoolisées type crème de cassis et d’ici deux ans, des sorbets faits maison également.

Concours Graines d’agriculteurs
Organisé au niveau national par Terres innovantes – le fonds de dotation de jeunes agriculteurs -, Graines d’agriculteurs vise à encourager le sens de l’entrepreneuriat agricole, la vision à long terme, la démarche durable, l’inventivité et l’innovation.
La seizième édition compte cinq catégories : agriculture durable, biodiversité, diversification, installation et territoires. Lucas Crochon concourt dans la catégorie biodiversité et saura, fin septembre, s’il est l’un des cinq gagnants. Ceux-ci sont déterminés par un vote du grand public (jusqu’au 7 septembre) sur le site graines-agriculteurs.fr. « Si je remporte ces 3 000 euros, je m’achèterai une brouette motorisée qui me sera très utile », confie-t-il.








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