Festival albertvillois du film documentaire et du livre, le Grand Bivouac fête cette année ses 25 ans. L’édition 2026 devrait être suivie par une évolution de son format. Les explications de son fondateur et président Guy Chaumereuil.
Quel regard portez-vous sur les 25 années écoulées ?
C’est une forme de miracle. À 500 entrées, j’aurais tout arrêté après la première édition, à 3 000 entrées, j’aurais bondi de joie. Contre toute attente, on en a fait 8 000 et on a continué de progresser jusqu’à 30 000 entrées, selon les années. On parle d’entrées c’est-à-dire de gens qui paient comme au cinéma. Cette rigueur, cette véracité des chiffres que j’ai souhaité avoir, dès le départ, est importante à mes yeux et nous permet de mesurer les retombées du Grand Bivouac.

Quelles sont-elles ?
En 25 ans, nous avons enregistré au total 500 000 entrées, reçu 2 000 invités et proposé 2 500 rendez-vous. Le public provient de 52 départements et à 80 % de toute la partie Est de la France mais l’axe alpin nord est vraiment notre cœur de cible. En 25 ans, j’estime que nous avons injecté 12 millions d’euros en hébergement, restauration et prestataires sur le territoire albertvillois.
Quel est votre budget ?
En 2026, il s’élève à 525 000 euros provenant à 39 % de la billetterie et des adhésions, 33 % de subvention des collectivités et de l’État, 11 % de partenariats, 10 % d’organisme comme le Comité national du livre, la Scam… et 7 % de divers (location de salles à d’autres associations par exemple).
Du côté des dépenses, nous consacrons 35 % aux ressources humaines (nous avons 7 équivalents temps plein), 22 % à la programmation, 18 % au fonctionnement, 14 % de charges logistiques, 11 % de communication.
À titre de comparaison, notre grand frère de Saint-Malo, le festival Étonnants voyageurs, qui enregistre 50 000 entrées, dispose d’un budget trois fois plus important et d’une aide de 600 000 euros de la commune de Saint-Malo. Albertville qui a toujours soutenu le Grand Bivouac, quelle que soit l’étiquette politique de son premier magistrat, intervient à hauteur de 90 000 euros, ce qui est un effort conséquent à son échelle. Ce comparatif n’est ni une critique ni une revendication mais permet de replacer les choses.
Quelles sont les perspectives ?
Le Grand Bivouac a beaucoup grandi depuis sa création mais ne tend pas la sébile chaque année. Au risque de paraître très libéral, ce que je ne suis pas, je considère que la culture mérite d’être aidée mais qu’elle doit aussi se comporter comme une entreprise. C’est pourquoi je proposerai, après cette édition 2026 et avant de quitter la présidence, un autre Grand Bivouac.
Cette évolution a-t-elle un lien avec le récent départ de votre délégué général ?
Le problème n’est pas de changer seulement une personne mais de faire évoluer la structure pour se préparer à d’autres enjeux, d’autres décennies. Ce projet qui sera soumis à l’approbation de l’association vise à aller vers davantage d’exigence de qualité encore, sans pousser toujours plus loin le bouchon des financements et des ressources humaines.
À quoi pensez-vous ?
Je suis propriétaire de la marque que je mets gracieusement à disposition de l’association. Mon ambition n’est pas d’atteindre des reccords de fréquentations mais de préserver l’esprit humaniste du festival. Je pense simplement qu’il nous faut envisager un format peut-être plus coopératif et plus gérable dans l’environnement financier que nous connaissons.
Propos recueillis par Sophie Boutrelle
Photos du haut : Christophe Delapierre
Bio Express
1950. Naissance
1971. École supérieure de journalisme de Lille
1983-1989. Journaliste reporter détaché en Savoie (Radio France)
1994-2003. Directeur de France Bleu Pays de Savoie
Depuis 2002. Président et fondateur du Grand Bivouac
2003. Direction de la Fédération française des clubs alpins et de montagne
2007-2012. Directeur de la Grande Traversée des Alpes
2014. Élu personnalité de l’année par l’Association des journalistes de tourisme.
2014-2015. Président du parc national de la Vanoise dont il reste, depuis, administrateur.
• La 25e édition, qui se déroulera du 12 au 18 octobre à Albertville, sera axée sur le goût du futur. Vendredi 16 au Dôme, une soirée au format inédit rassemblera une trentaine d’invités parmi lesquels la violoncelliste Noémi Boutin, l’Ensemble vocal Cantabile Albertville et sa cheffe de chœur Blanche Latour. Le programme en détail sur grandbivouac.com







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