L’assemblée générale de la Fédération nationale des agents immobilier Savoie Mont-Blanc (FNAIM) a été l’occasion de faire un point sur le marché.
On est loin, très loin, d’une catastrophe. Mais le marché de l’immobilier des départements de l’Ain, de Savoie et de Haute-Savoie révèle quelques nouvelles tendances induites, entre autres, par la conjoncture. La plus notoire d’entre elles étant une « légère amorce de la baisse des prix depuis trois mois », selon le président de la FNAIM Savoie Mont-Blanc, Sébastien Cartier. « On n’est plus en hausse, ce qui n’a jamais été vu depuis plus de cinq ans. » Une légère baisse ou une stabilité sont constatées depuis trois mois : -1,7 % dans l’Ain, -1% en Savoie et -0,3% en Haute-Savoie.
Ce n’est certes pas un écroulement, d’autant que sur un an, ces mêmes prix sont en hausse, respectivement de 1,9%, 3,7% et 4%. Quid, alors, de 2024 ? « Je ne vois pas un effondrement des prix, commente le président, car la demande est toujours forte. »
Impactés par l’inflation et par la hausse des taux d’intérêt, nombre de candidats à l’accession à la propriété ne peuvent plus accomplir leur rêve. « C’est surtout vrai pour les primo-accédants et les jeunes ménages que nous avons perdus, constate Sébastien Cartier. De plus en plus d’acheteurs ont la capacité de payer comptant. »

En volume, le marché est en baisse sur les douze derniers mois glissants : -11,6 % dans l’Ain (9 922 ventes), -7,1% en Savoie (10 141 ventes) et -8% en Haute-Savoie (16 957 ventes). Soit un total de 37 020 logements vendus entre juillet 2022 et juin 2023, contre 39 929 l’année précédente. Des données qui pourraient laisser penser que le secteur va mal, mais que Sébastien Cartier remet d’emblée dans leur contexte : « C’est certes beaucoup moins que 2022 et 2021, mais ça demeure plus que toutes les autres années comprises entre 2014 et 2019. » Le marché résiste donc plutôt bien quand la France affiche -13,6%.
Pour autant, des clignotants d’alerte persistent, notamment en ce qui concerne le marché du neuf. Les volumes de vente sont en net repli, atteignant – 30 à -40 % selon les secteurs. En cause, le dispositif Pinel qui touche à sa fin et la cherté des prix.

« Il y a également eu moins de permis de construire délivrés durant les deux dernières années, et donc moins de programmes à commercialiser. » Un assèchement qui inquiète la chambre : « C’est une bombe à retardement, indique Sébastien Cartier. Aujourd’hui, les gens rencontrent déjà des difficultés pour accéder au logement dans tous les bassins d’activité dynamiques. Cela ne va pas s’améliorer avec les besoins importants en main-d’œuvre de la Suisse dans les prochaines années. »

Et la location dans tout ça ? Comme on pouvait s’y attendre, elle est directement impactée par les constats précédents. Les biens manquent et les taux de vacance locative sont faibles : 4% dans l’Ain, 2,3% en Savoie, 1,9% en Haute-Savoie. « A Annecy, c’est la guerre pour se loger », résume-t-il avec des loyers en hausse de 5,3 % sur un an…
Dans ce contexte tendu, le marché de la montagne offre une bouffée d’air frais aux agents immobiliers. Car ce secteur, qualifié de très résilient, atteint des prix au mètre carré qui donnent le vertige : 14 468 euros à Val d’Isère (111 ventes en un an), 11 996 euros à Courchevel (138 ventes), 10 632 euros à Méribel (156 ventes) … pour ne citer que les trois premiers de la liste.
Si une certaine clientèle continue d’investir à la montagne, elle se tourne désormais un peu plus vers des stations moins chères, mais disposant de grands domaines skiables, comme Avoriaz (8 529 euros le mètre carré, 158 ventes en un an), Les Arcs (4 949 euros le mètre carré, 215 ventes) ou La Plagne (4 390 euros le mètre carré, 494 ventes).








Une remarque : pourquoi nos politiques ont-ils autorisé les Suisses, qui ont un revenu 3 fois supérieur à la France, à acheter en France et en Haute- Savoie notamment ? C’est un des facteurs de la hausse des prix à Annecy, ce qui interdit à nos jeunes d’acheter un bien. Les Frontaliers aussi font monter les prix en achetant de nombreuses maisons et beaux appartements à Annecy: le confinement a démontré le nombre impressionnant de véhicules immatriculés à Genève, stationnés à Annecy.