Dans son analyse annuelle du marché, la Fnaim Savoie Mont-Blanc Ain évoque une forte demande et une raréfaction de l’offre, qui font pression sur les prix.
Avec une vraie appétence pour la pierre et des taux d’intérêt extrêmement bas, le marché de l’immobilier poursuit son envolée sur nos territoires. Le volume des transactions dans l’ancien a ainsi augmenté de 23 % à 39 147 logements sur un an, d’après la Fnaim Savoie Mont-Blanc et Ain. Sans grande surprise, la Haute-Savoie, très convoitée, arrive en tête avec 17 921 logements, la Savoie et l’Ain étant à quasi-égalité avec respectivement 10 308 et 10 918 biens échangés en 2021.

L’envie de plus d’espace et d’une meilleure qualité de vie devenant plus prégnante, nos départements séduisent un nombre croissant de Lyonnais, de Suisses, mais aussi – plus nouveau – de Parisiens en quête d’appartements ou de maisons avec un accès extérieur.
Effet ciseaux
Que ce soit à Annecy, Aix-les-Bains, Chambéry ou Bourg-en-Bresse, les produits partent comme des petits pains, à peine mis sur le marché. À tel point que, dans certaines zones, la pénurie d’offre s’accentue. À Annecy, le marché reste particulièrement tendu « avec un effet ciseaux, dû à l’absence de biens à la vente comme à la location et l’envolée des prix », corrobore Jean-Christian Bozon, référent Fnaim à Annecy et dans l’Albanais, qui note un afflux d’investisseurs français fortunés prêts à acheter tout type de biens cash.
« Beaucoup de promoteurs sortent de la ville pour construire, la mairie d’Annecy ayant bloqué un certain nombre de permis », ajoute Jean-Chsitian.
Ce report profite aux communes périphériques, comme Rumilly – où les prix des loyers sont ceux d’Annecy il y a trois à quatre ans en arrière –, mais aussi Chambéry et Aix-les-Bains. « Cette dernière attire aussi les frontaliers au pouvoir d’achat élevé, grâce à son accès direct à Genève par l’autoroute », témoigne Bérengère Servat, référente sur les bassins aixois et chambérien.

Les prix flambent
Mécaniquement, les prix montent en flèche. Dans le Grand Annecy, où ils s’inscrivent déjà dans une fourchette haute, ils augmentent encore de 2,2 %. Le prix moyen au mètre carré (m²) d’un appartement s’établit dorénavant à 4 600 euros, mais jusqu’à 5 000 euros et plus dans le centre-ville. Et le ticket d’entrée est encore plus élevé dans le neuf.
Ailleurs, le constat est le même : compter 3 743 € le mètre carré (+6 %) dans le Léman, 3 517 euros à Aix-les-Bains (+14,6 %) ; 2 952 euros à Chambéry (+9,3 %) et 1 667 euros à Bourg-en-Bresse (+12,3 %).

Et que dire des maisons, encore plus rares et très recherchées, dont les valeurs atteignent des sommets ? Acquérir une villa d’environ 120 m² coûte au bas mot 600 000 euros à Annecy. Au bord du lac, les prix flambent de +20 %. Dans le Genevois, surtout le Pays de Gex et le Léman, un bien similaire se négocie 540 000 à 580 000 euros, ce qui reste cher, « mais encore très attractif pour les Suisses, qui se replient chez nous, ne pouvant plus acheter à Genève », souligne Ado Mako, référent Fnaim sur ce secteur. Toutefois, Chambéry, Bourg-en-Bresse et les Dombes restent plus accessibles avec des prix moyens respectifs de 335 000, 240 000 et 265 000 euros.
Patricia Rey
Crédit adobe stock – Nico El Nino









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